BROCHOT Alfred

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 23 octobre 1904 à Villenauxe-la-Grande (Aube), fusillé par les Français (Vichy) le 13 mars 1944 au fort de la Duchère (Lyon, Rhône) après condamnation par une cour martiale ; peintre ; résistant FTPF dans la Drôme.

Alfred Brochot était orphelin. Il exerçait la profession de peintre, était marié et avait deux enfants. Il demeurait à Troyes (Aube).
Il devint résistant FTP dans la Drôme. Il semble qu’il fit également partie des Groupes francs du 5e bureau de l’Armée secrète (AS) à Lyon (Rhône).
Le 26 février 1944, les GMR du groupe Comtat d’Avignon attaquèrent le maquis FTP de Creyers (Drôme) situé au-dessus du défilé des Gâts. Ils firent prisonniers dix-huit maquisards qu’ils enfermèrent au collège de garçons de Die (Drôme). Les responsables de la Résistance de Die décidèrent d’envoyer le groupe FTPF de Paul Béranger pour libérer les maquisards. Le 27 février, à l’aube, Béranger et ses hommes partirent de Sainte-Croix (Drôme), et arrivèrent à Die où ils furent renforcés par un groupe diois. Vers 7 heures, le groupe attaqua le collège et prit l’avantage sur les GMR. Des prisonniers purent s’échapper. Mais l’arrivée inopinée d’un car de GMR, appelés la veille en renfort, renversa la situation. Les GMR firent prisonniers dix-neuf hommes, des maquisards évadés et des hommes du groupe Béranger, parmi lesquels Alfred Brochot.
Le 28 février, ils furent incarcérés à la prison de Valence (Drôme) puis transférés le 9 mars à la prison Saint-Paul (Lyon). Le 13 mars, Alfred Brochot comparut avec neuf autres résistants devant la cour martiale du secrétariat général au Maintien de l’ordre, dans la salle de l’anthropométrie de la prison Saint-Paul. Ernest Planel, l’un des accusés qui échappa à la peine de mort raconta ensuite : « le 13 mars 1944, j’ai comparu devant la cour martiale de Vichy, à Lyon. La séance s’est passée comme suit : nous étions dix accusés [...] La cour se composait de trois hommes vêtus de costume civil. Une douzaine de gardes mobiles en armes assistaient à l’audience [...]. La séance a eu lieu [...] à quinze heures, dans un bureau de la prison Saint-Paul. Pour nous rendre de notre cellule au bureau [...], nous avions dû passer entre deux haies de gardiens de la prison, qui sont restés dans le couloir. [...] La séance a duré environ quinze minutes. Un des membres de la cour a dit à l’officier commandant les gardes mobiles de faire présenter les armes. Ensuite, il nous a lu l’acte d’accusation ainsi conçu : vous êtes inculpés de meurtres, et tentatives de meurtres, [...] menées antinationales, sabotages, etc [...]. Il nous a ensuite déclaré : vu la loi de la cour martiale [...] vous êtes condamnés à mort par fusillade immédiate. Il a ordonné aux gardes d’emmener les condamnés ». Rapidement après, parmi les dix condamnés, Alfred Brochot, André Dupuis, William Gutschmidt, Vincenzo Santoro (ou Santori), Jacques Oustenko, Alexandre Flor et Guy Landowicz (un FTP-MOI de Grenoble) furent emmenés au fort de la Duchère (Lyon, IXe arr.) où des Français les fusillèrent.

Lyon, fort de la Duchère (19 février - 4 août 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168483, notice BROCHOT Alfred par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 15 décembre 2014, dernière modification le 22 février 2019.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3678W19. – CHRD, Lyon, Art. 1167 (dossier de Guy Landowicz). – Fédération des unités combattantes de la Résistance et des FFI de la Drôme, Pour l’amour de la France, Drôme-Vercors, 1940-1944, 1989. – Jean Abonnenc, Il n’est pas trop tard pour parler de Résistance, 2004. – Robert Serre, De la Drôme aux camps de la mort, les déportés politiques, résistants, otages, juifs, nés, résidant ou arrêtés dans la Drôme, 1940-1945, 2006. – Virginie Sansico, La justice du pire, les cours martiales sous Vichy, 2002. – René Chevailler, Gaëlle Marignan, Bruno Permezel, René Perrin, Les groupes francs-Libération-sud, Ve bureau de l’Armée secrète, une résistance lyonnaise en armes, 2004. – Note de Robert Serre. – Sites Musée de la Résistance et GenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément