WATEL Jean, Benoît, Henri

Par Julien Lucchini, Laurent Thiery

Né le 14 avril 1912 à Dainville (Pas-de-Calais), fusillé le 1er mai 1944 au fort de Bondues (Nord) ; instituteur ; résistant, membre de l’Organisation civile et militaire (OCM).

Fils d’Alfred Watel, journalier, et d’Alexina Fatoux, ménagère, instituteur à Berles-au-Bois (Pas-de-Calais), où il demeurait, Jean Watel était marié à Stella Dewailly et père d’un enfant. Dès 1938, au plus fort des tensions qui précédèrent les accords de Munich, il avait été mobilisé en cas d’intervention en Tchécoslovaquie. Lorsqu’éclata la Seconde Guerre mondiale, il combattit en Normandie, fut fait prisonnier, mais parvint à s’évader avant de reprendre son poste d’instituteur à la rentrée 1940.

Le docteur Michel Poiteau l’avait recruté en février 1943 à l’Organisation civile et militaire (OCM), où il participa à plusieurs parachutages. Lorsque Michel Poiteau fut arrêté, Jean Watel prit sa succession à la tête du secteur et poursuivit ses activités, notamment en collectant et en entreposant des armes.

Le 6 mars 1944, il fut arrêté à Berles-au-Bois. Interné à la prison d’Arras, puis, le 6 avril 1944, à la prison de Loos-lès-Lille (Nord), le 28 mars, il fut conduit boulevard de la Liberté à Lille avec André Velut, Julien Dautremer, Marc Sarlandie ainsi qu’Alfred Delaval pour comparaître devant le tribunal spécial du 65e corps d’armée allemand, celui de « l’ange gardien des V1 ». Marc Sarlandie, appelé le premier, devait être fusillé sur-le-champ, tout comme Alfred Delaval, alors que le jugement de Velut et de Watel était reporté. Jean Watel a certainement été rejugé le 1er mai 1944 par ce même tribunal et condamné à mort pour espionnage.

Il a vraisemblablement été fusillé le jour même au fort de Bondues ; tragique dénouement qui ne fut connu qu’avec la levée des corps en septembre 1944 après la Libération.

Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur, lieutenant FFI, et décoré de la Médaille de la Résistance et de la Croix de guerre avec palme à titre posthume.

Son nom figure sur les monuments aux morts et plaques commémoratives de Bondues, Dainville (Pas-de-Calais), Berles-au-Bois et Arras.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168494, notice WATEL Jean, Benoît, Henri par Julien Lucchini, Laurent Thiery, version mise en ligne le 20 janvier 2015, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Julien Lucchini, Laurent Thiery

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Musée de la Résistance de Bondues, Ils étaient 68, 2010. – Fonds « Fernand Lhermitte » et « André Velut » (La Coupole). – Laurent Thiery, La répression allemande dans le Nord de la France (1940-1944), Lille, Presses du Septentrion, 2013, p. 239-256. – Mémorial GenWeb. – État civil.

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