PÉROZ Maurice, Eugène, Joseph

Par Michel Thébault

Né le 13 juin 1920 à Giromagny (Territoire-de-Belfort), fusillé le 29 juin 1943 après condamnation à mort à la citadelle de Besançon (Doubs) ; mécanicien ; résistant Libération-Sud.

Clichés communiqués par Emmanuel Péroz

Maurice Péroz était le fils de Joseph, Félix Péroz (1894 - 1976), menuisier, combattant de 1914 - 1918 et blessé à Verdun, et de Marguerite, Marcelle Pérot (1898 - 1982). Ses parents s’étaient mariés à Giromagny d’où ils étaient tous deux originaires, le 10 janvier 1920. Maurice Péroz était l’aîné de leurs six enfants, ayant trois frères et deux sœurs. Jeune sportif, gymnaste, il prit sa licence en septembre 1937 à la société de gymnastique "L’Amicale" de Giromagny, dépendant de l’USGF (Union des Sociétés de Gymnastique de France, future Fédération Française de Gymnastique). Au début des années 40, il résidait à Giromagny. Célibataire, il exerçait la profession de mécanicien.
Il s’engagea dans la Résistance, au sein du groupe « Boeglin Nord Territoire-de-Belfort » à partir d’août 1941, groupe qui se rattacha à Libération-Sud à compter de février 1942. Selon l’attestation faite par M. Boeglin à la Libération, « Il procéda avec [lui] à la récupération d’armes et au sabotage du matériel de guerre français tombé aux mains de l’ennemi ».
Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), en mars 43, il participa à l’organisation des refuges de la Planche des Belles Filles (Haute-Saône). Une opération armée menée par la Wehrmacht, avec l’appui de la SIPO-SD et de la Feldgendarmerie de Belfort, contre le maquis en formation aboutit le 16 avril 1943 à sa capture et à son arrestation, en même temps qu’à celle de sept autres jeunes réfractaires du STO réfugiés dans le massif du Ballon d’Alsace. Il fut emprisonné à la caserne Friedrich de Belfort jusqu’à la fin mai, puis fut transféré à la prison de la Butte à Besançon où il resta interné jusqu’à la fin.
Accusé de « détention d’armes et de munitions », il fut jugé à Besançon en même temps que Lucien Pichenot et son ami Attilio Dalceggio, arrêtés dans les mêmes circonstances, par le tribunal militaire allemand FK 560 le 21 juin 1943, et fut condamné à mort.
Il a été fusillé le 29 juin 1943 à 18 heures, par les autorités allemandes dans l’enceinte de la citadelle de Besançon.
Son nom figure à ce titre sur le monument commémoratif « Aux Martyrs de la Résistance » établi dans la citadelle.
Il obtint les mentions mort pour la France et interné résistant. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Giromagny. Homologué sergent à titre posthume, il reçut également à titre posthume, par décret en date du 26 juillet 1955 la Médaille de la Résistance et la Croix de guerre avec palme avec la citation suivante : « Magnifique patriote, membre de la Résistance intérieure française. Arrêté pour faits de résistance le 16 avril 1943 a été interné jusqu’au 29 juin 1943 date à laquelle il est mort glorieusement pour la France ».

Dernière lettre
Écrite sur une petite feuille de papier, fournie par les autorités allemandes, avec pointillés pour guider l’écriture sur 18 lignes et où est imprimé "Il n’est permis d’écrire que sur les lignes et en écriture lisible"

5 heures du soir Mardi 29 juin.
Bien très chers tous.
Je vous écris un mot de ma
prison je vais partir pour
un grand voyage je ne
vous verrez pas surement
de longtemts ayez du courage
pensez à mon petit Pierre
au Marcel au Gilbert a la
Denise a ma petite renee
cette pensee doit vous aidez
dans cette cruelle séparation
c’est la destinée je penserai
a vous toujours jusqu’a ce que
je revienne, je suis heureux
je vous embrasse bien tous
Maurice

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168542, notice PÉROZ Maurice, Eugène, Joseph par Michel Thébault, version mise en ligne le 17 décembre 2014, dernière modification le 29 avril 2022.

Par Michel Thébault

Clichés communiqués par Emmanuel Péroz
Carte d'identité de Maurice Péroz
Carte d’identité de Maurice Péroz
Dernière lettre de Maurice Péroz
Dernière lettre de Maurice Péroz

SOURCES : SHD GR 16 P 467876 — Dossier AVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). — Archives familiales Emmanuel Péroz (neveu de Maurice Péroz) — mémorial genweb.

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