PORGE Jean, Eugène

Par Daniel Grason, Michel Thébault

Né le 9 septembre 1912 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise, Yvelines), exécuté sommairement le 27 juin 1944 dans la forêt de Saint-Sauvant (Vienne) ; électricien ; résistant maquisard FTPF.

Jean Bicheret fils d’Angélique, Charlotte Bicheret, journalière, âgée de 20 ans et demeurant 2, rue de l’Étang à Saint-Germain en Laye, fut légitimé par le mariage de sa mère le 9 décembre 1912 avec Raoul, Pierre Porge, devenant alors Jean Porge. Il épousa le 28 janvier 1933 à la mairie de Nanterre (Seine, aujourd’hui Hauts-de-Seine) Marie-Louise Delmond, magasinière. Le couple vivait au début des années 40, au 23, boulevard Saint-Martin à Paris IIIème arr. (Seine). Tous les deux furent appréhendés le 25 janvier 1944 à Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe) pour « transport frauduleux de viande ».

La Préfecture de Police de Paris décida l’internement administratif pour une durée de trois mois de Marie-Louise Porge au camp de Poitiers et de Jean Porge à celui de Rouillé (Vienne). Quelques jours après le 6 juin 1944 et le débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie, des maquisards libérèrent quarante-six internés du camp de Rouillé dans la nuit du 10 au 11 juin 1944. Une partie des détenus libérés dont Jean Porge forma sous la direction de Marcel Papineau un maquis dont l’effectif augmenta très rapidement avec l’arrivée de nouveaux résistants. Après avoir dû quitter un premier cantonnement dans le bois des Cartes près de Rouillé, le maquis s’établit le 14 juin 1944 en forêt de Saint Sauvant, autour des fermes abandonnées de La Branlerie, qui disposaient encore de moyens aptes à permettre la vie d’un groupe de maquisards (citernes recueillant l’eau de pluie, four à pain…). Le matin du 27 juin, une colonne motorisée de plus de mille cinq cents hommes de la SS, de la Wehrmacht et de la Milice encercla la forêt. Le hameau de la Branlerie, quartier général du maquis fut incendié. Cinq maquisards étaient tués les armes à la main. En fin d’après-midi, vingt-cinq hommes frappés à coups de crosses étaient exécutés sur le bord d’une route au lieu-dit Vaugeton commune de Celle-Lévescault, et parmi-eux, Jean Porge.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur la stèle commémorative de Vaugeton. En effet, une stèle fut dressée après la guerre sur la route départementale 7, près du lieudit Vaugeton (Vienne) : « À la Mémoire des Glorieux Soldats sans Uniformes Tombés à cet Endroit le 27 Juin 1944 pour la Paix et la Liberté. Massacrés par les nazis. Ils sont Morts pour la France et la Liberté ».

Inhumé dans un premier temps dans une commune voisine du lieu du massacre, Jean Porge fut plus tard réinhumé dans la nécropole nationale de Sainte-Anne d’Auray (Morbihan).

Jean Porge a obtenu la mention « Mort pour la France » et a été homologué FFI.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168665, notice PORGE Jean, Eugène par Daniel Grason, Michel Thébault, version mise en ligne le 19 décembre 2014, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Daniel Grason, Michel Thébault

Dans la nécropole nationale</br> de Sainte-Anne-d'Auray
Dans la nécropole nationale
de Sainte-Anne-d’Auray
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : Arch. PPo., 1W 1354. — SHD, Vincennes, RG 26 P 486354. — AVCC, Caen, AC 21 P 138320 (notes Th. Pouty). — Site Internet Vienne Résistance Internement Déportation (V.R.I.D.). — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb — État civil Saint-Germain-en-Laye (AD Yvelines, en ligne). — Notes et photographies de Jean-Pierre et Jocelyne Husson.

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