GAUTHIER Alfred, Jean, Gabriel, Joseph

Par Dominique Tantin, Annie Pennetier

Né le 19 octobre 1904 à Levallois-Perret (Seine, Hauts-de-Seine), fusillé le 31 janvier 1941 à Champigneulles (Meurthe-et-Moselle) ; chauffeur de camion ; résistant.

Fils de Jean Gauthier et de Marie Louise Perrière, Alfred Gauthier, célibataire, travaillait comme conducteur de camions. Fin juin 1940, isolé de son unité, il fut fait prisonnier mais réussit à s’évader du camp d’Essey-lès-Nancy. Démobilisé le 5 septembre 1940, il s’installa 26 rue Gustave Simon à Nancy (Meurthe-et-Moselle) avec sa compagne Yvonne Gardien. Début octobre 1940, accompagné d’un ami, il se rendit à Dôle, lieu de passage de la ligne de démarcation, où, dans la gare un homme lui fournit une liste de noms de passeurs. Rencontre fortuite ou organisée ? Le témoin André Claudel, membre du groupe n’a pu trouver de réponse.

Alfred Gauthier organisa une filière d’évasion, son domicile servant de lieu de rencontre. L’Abwehr, informée par dénonciation, arrêta une grande partie du groupe le 18 novembre. Le lendemain Alfred Gauthier et sa compagne furent également arrêtés à leur domicile, pour "avoir favorisé le passage de la ligne de démarcation aux jeunes gens désireux de rejoindre l’armée de De Gaulle et d’ avoir recruté des candidats pour la dite armée".

Incarcérés à la prison Charles III de Nancy, ils subirent des interrogatoires brutaux mais pas de tortures. Le procès des trente-trois accusés dura trois jours, les 13,14 et 15 janvier 1941 ; douze furent acquittés, vingt condamnés à des peines de réclusion ou de prison allant de un à quatre ans, peines effectuées à la centrale de Châlons-sur-Marne. Le bilan retenu par l’accusation fut de cent prisonniers évadés et de soixante jeunes gens aidés pour se rendre en zone libre.

Alfred Gauthier fut le seul condamné à mort pour « aide à l’ennemi » le 15 janvier 1941 par le tribunal militaire de la Feldkommandantur 591 de Nancy et fusillé dans la forêt de Haye, au lieu-dit La Malpierre (fonds de Toul) le 31 janvier 1941.

C’était la première exécution en ce lieu.

Le monument des fusillés de La Malpierre érigé en 1963 rend hommage aux victimes sans citer les noms car la liste exhaustive n’était pas établie (entre soixante-quatre et soixante-huit noms selon Claude Favre).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168731, notice GAUTHIER Alfred, Jean, Gabriel, Joseph par Dominique Tantin, Annie Pennetier, version mise en ligne le 20 janvier 2015, dernière modification le 27 mai 2022.

Par Dominique Tantin, Annie Pennetier

SOURCES : DAVCC , liste S 1744/F60-1485, Caen (Notes Thomas Pouty). – Claude Favre La Malpierre. Des Héros Anonymes FNDIRP, FMD de Meurthe-et-Moselle.— Mémorial GenWeb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément