BAUDRY Guy [pseudonyme Normandie]

Par Jean Quellien, Michel Thébault

Né le 23 avril 1923 à Ver-sur-Mer (Calvados), mort en action le 5 août 1944 à Lussac-les-Châteaux (Vienne) ; ajusteur-tourneur ; résistant AS de la Vienne, maquis Lagardère.

stèle de Cornouin
stèle de Cornouin

Guy Baudry était le fils d’Arthur, Léon, Célestin (né en 1891) instituteur et de Maria, Constance, Blanche Pacteau. Son père (né à La Chapelle-Thireuil, Deux-Sèvres) mobilisé en août 1914 dans l’infanterie, fut promu sous-lieutenant en juin 1915 puis lieutenant en juillet 1917. Deux fois blessé et cité, il fut décoré de la Croix de guerre et fait chevalier de la Légion d’honneur en 1921. Son père s’était marié le 15 septembre 1915 à La Réorthe (Vendée) avec Maria, Constance, Blanche Pacteau, née le 9 mars 1893 à La Réorthe. Ils eurent trois enfants Colette née en 1919 à Damblainville (Calvados), Guy et Roland nés en 1923 et 1926 à Ver-sur-Mer (Calvados) où Arthur Baudry était instituteur public. Guy Baudry fut orphelin très jeune au décès de son père le 4 mai 1932. Domicilié à Hermanville-sur-Mer (Calvados) en 1944, célibataire, Guy Baudry était ajusteur-tourneur.

Pour échapper au STO, il gagna les maquis de la Vienne. A l’été 1944 des maquis se développèrent et s’installèrent dans le secteur de Lussac-les-Châteaux. C’est le cas du groupement AS Le Chouan, comprenant principalement les maquis Masier et Lagardère installés tout autour de Lussac-les-Châteaux. Guy Baudry rejoignit à une date inconnue le maquis AS Lagardère (créé le 1er mai 1944). La présence de ces maquis constituait pour l’Etat-major allemand une menace (le passage par le seuil du Poitou étant un enjeu stratégique) sur la sécurité des voies de communication vers l’est de Poitiers en direction de Limoges mais aussi de l’Indre (Le Blanc) et du centre. De plus l’avancée des troupes anglo-américaines faisant peser des menaces sur l’axe traditionnel de la RN 10, les axes à partir de Poitiers vers l’est et le nord-est Vienne devinrent vite essentiels. Une série d’opérations de répression des maquis de l’Est de la Vienne fut donc lancée par l’Etat-Major allemand, la première le 25 juillet. Le 4 août commença une nouvelle opération de répression avec l’arrivée à Lussac-les-Châteaux de l’escadron de reconnaissance allemand 2058 suivi le lendemain par l’arrivée d’une colonne de répression (Section rapide 608, issue du bataillon de réserve de la 17ème division SS Götz von Berlichingen, et Feldgendarmerie Trupp B motorisée 687) venant du sud, partie de Charente le 3 août et ayant dans la journée du 4 août procédé à des séries d’exactions, d’exécutions sommaires et de massacres entre Charroux , Le Vigeant et Persac. Le 5 août, toutes les unités allemandes convergèrent vers Lussac (un autre élément de la division SS Goetz von Berlichingen, venant fermer au nord l’encerclement) pour tenter d’éliminer les maquis locaux qui tentèrent en combattant d’échapper à l’encerclement et de se replier. Le groupe auquel appartenait Guy Baudry, sous le commandement de l’adjudant-chef Goar alias « La Tour d’Auvergne », à pied, traversa la Vienne à gué puis engagea le combat au nord de la commune de Lussac, au lieu-dit Cornouin, à la limite sud de la commune de Civaux. Selon le témoignage de Louis Bage (alias « lieutenant Marius »), l’un des membres du groupe, recueilli à Civaux en 1989 (Jean Claude Corneille op. cit.) : « En début d’après-midi, après avoir entendu un bruit de moteur, Guy Baudry et Louis Bage partent en reconnaissance et voient à une centaine de mètres une automitrailleuse allemande qui progresse sur la route de Cornouin. Guy Baudry lance une grenade, Louis Page tire au fusil-mitrailleur puis ils décrochent sous le tir de la riposte allemande. Alors qu’ils ont rejoint une dizaine de maquisards, une mitrailleuse allemande ouvre le feu sur eux. Guy Baudry et Roger Bellicaud sont tués ». Dans son rapport d’opérations pour le dossier d’homologation du groupe (SHD op. cit.) Joseph Goar alias La Tour d’Auvergne indique : Guy Baudry « agent de liaison, à la lisière ouest d’une voie charretière avec le capitaine La Tour d’Auvergne, observant les Allemands incendiant la ferme et le cabaret de la Cascade, et montant en nombre considérable vers la forêt, a été tué net au pied du capitaine par une rafale de mitrailleuse, dans la laie forestière à la lisière ouest ».

Il obtint la mention mort pour la France et son nom figure sur les monuments aux morts de Lussac-les-Châteaux, de Civaux (Vienne), et de Hermanville-sur-Mer. Son nom est également inscrit sur une stèle dressée après la guerre à Cornouin, commune de Civaux, sur le lieu du combat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169005, notice BAUDRY Guy [pseudonyme Normandie] par Jean Quellien, Michel Thébault, version mise en ligne le 25 décembre 2014, dernière modification le 2 avril 2021.

Par Jean Quellien, Michel Thébault

stèle de Cornouin
stèle de Cornouin

SOURCES : Jean Quellien (sous la dir.), Livre mémorial des victimes du nazisme dans le Calvados. — Christian Richard Groupement Le Chouan, maquis Est et Nord-Est de la Vienne, Lagardère, Le Chouan, Masier Michel Fontaine Ed. 2015 — Archives collectives des Forces françaises de l’intérieur (site Mémoire des Hommes) AS groupe La Tour d’Auvergne GR 19 P 86/15 — Renseignements et témoignages fournis par Jean Claude Corneille (Lussac-les-Châteaux) — Mémoire des Hommes — Mémorial GenWeb. — Notes de Julien Lucchini.

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