SILVESTRE Raoul, Calixte [pseudonyme Pierre Raymond SILVESTRI]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 26 avril 1892 à Ménerbes (Vaucluse), exécuté probablement dans la nuit du 17 au 18 mai 1944 à Pont-Saint-Esprit (Gard) ; menuisier ; communiste ; Front national.

Ménerbes, monument aux martyrs de la Résistance
Ménerbes, monument aux martyrs de la Résistance

Fils de Jean-Baptiste Silvestre et de Rosa Malachier, marié à Louise Serre, Raoul Silvestre était propriétaire exploitant et menuisier à Oppède (Ménerbes).
Ancien combattant de la Première Guerre Mondiale, mobilisé du 9 septembre 1939 au 24 février 1940 à la poudrerie nationale de Sorgues (Vaucluse)
Il était communiste et participait à la Résistance locale depuis janvier 1943. FN et FTP, groupe dont son fils était responsable, ravit maquis, collectes
Il fut arrêté par des individus en uniforme allemand dans la nuit du 25 au 26 avril 1944, avec son fils, Raymond*, Kléber Guindon*, Marcellin Poncet* qui avait été contraint de les conduire chez lui. Il s’agissait vraisemblablement de membres de la 8e compagnie du 3e régiment de la division Brandebourg, unité dont un détachement stationnait à Cavaillon (Vaucluse). Ils intervenaient pour le compte du Parti populaire français (PPF) en représailles après le meurtre du président de la délégation spéciale de Ménerbes, le 10 avril précédent. Deux autres personnes, Ismaël Sauvan* et Sami Marcovici*, furent arrêtés dans les mêmes circonstances aux Baumettes et à Oppède (Vaucluse). Le groupe fut conduit à Avignon (Vaucluse) et interrogés par les responsables du PPF qui avaient demandé à leurs homologues de la Milice de se joindre à eux. Les interrogatoires, violents, eurent lieu au siège de la Milice, 71 rue Joseph Vernet. C’est au cours d’un interrogatoire que Raymond Silvestre gardé pendant ce temps au 1er étage se saisit d’un revolver sur une table et tenta de s’en servir. Il fut abattu d’une rafale de mitraillette, vraisemblablement sous les yeux de son père. Les Allemands vinrent évacuer son cadavre le lendemain.
Les prisonniers furent enfermés ensuite à la prison Sainte-Anne ou à la caserne du 7e Génie d’Avignon. Maltraité et affamés, ils furent transférés à Pont-Saint-Esprit (Gard), où était installé l’essentiel des services de la 8e compagnie Brandebourg et incarcérés dans la citadelle. Raoul Silvestre, isolé de ses camarades, fut exécuté, comme eux, dans la nuit sur le pont du Rhône et son corps jeté dans le fleuve. La date de leur exécution varie selon les témoignages. Selon plusieurs des emprisonnés de Pont-Saint-Esprit qui ont partagé leur cellule avec eux, leur exécution aurait eu lieu une ou deux nuits après leur arrivée, le 15, soit, d’après eux, le 17 ou le 18 mai. Les corps de Marcellin Poncet et de Raoul Silvestre ont été retrouvés le 18 dans le Rhône à Saint-Étienne–des-Sorts (Gard), non loin de Pont-Saint-Esprit. Si le groupe arrêté à Ménerbes et dans les environs a été exécuté ensemble, ce qui est probable, ce fut donc vraisemblablement dans la nuit du 17 au 18 mai.
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 28 mars 1961.
Un monument fut érigé à Ménerbes en souvenir de ces martyrs. Son nom et celui de son fils ont été donnés à une rue de Ménerbes.

Voir Pont-Saint-Esprit, Citadelle (février-août 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169074, notice SILVESTRE Raoul, Calixte [pseudonyme Pierre Raymond SILVESTRI] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 26 décembre 2014, dernière modification le 9 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

Ménerbes, monument aux martyrs de la Résistance
Ménerbes, monument aux martyrs de la Résistance

SOURCES : Arch. dép. Gard, cour de justice d’Avignon, 3 U 7 448 (dossier Thesmar). ⎯ Mémoire des Hommes SHD Vincennes GR 16 P 548662 (nc).— Archives Pétré, Livre noir pour la XVe Région, Service des recherches de crimes de guerre ennemis, 4 juillet 1945 ; CHARROL Jean, La Résistance à Ménerbes juin 1940-août 1944, slnd (2000), dactylog. — Jean-Paul Jouval, Mémorial des victimes des communes du canton d’Apt. Seconde Guerre mondiale, Indochine, Algérie, Apt, Le Souvenir français, 2017, p. 268-269.

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