BOIRARD Albert

Par Jean-Marie Guillon

Né le 5 décembre 1904 au Pré-Saint-Gervais (Seine, Seine-Saint-Denis), exécuté sommairement par les troupes allemandes le 20 juillet 1944 à Robion (Vaucluse) ; boucher ; résistant (Organisation de résistance de l’armée/ORA).

Robion (Vaucluse), monument aux résistants exécutés
Robion (Vaucluse), monument aux résistants exécutés

Fils de François Boirard et de Marie Van Brussen, marié à Marguerite Michel, il était boucher à Lambesc (Bouches-du-Rhône). Vraisemblablement dénoncé comme ayant participé à la mobilisation résistante de juin, à l’initiative de l’ORA, Albert Boirard fut arrêté avec son fils René* et six autres Lambescois, dans la nuit du 10 au 11 juillet 1944, par les hommes de la 8e compagnie Brandebourg (groupe Heinrich) et conduit à leur siège, l’hôtel Splendid de Cavaillon (Vaucluse). Son corps et celui de son fils furent retrouvés dans le charnier de Robion, au quartier Saint-Jullian, à la périphérie du village, le 15 septembre 1944. Ils étaient avec sept autres corps dans une fosse, tandis qu’un autre cadavre se trouvait dans une fosse à part. Certaines des victimes avaient été enterrées alors qu’elles étaient encore vivantes. Ces résistants ou otages avaient été extraits le 19 juillet au soir de l’hôtel Splendid de Cavaillon où ils étaient enfermés, et sans doute exécutés le lendemain, 20 juillet 1944, par les hommes des groupes Sohn et Heinrich, qui accompagnaient une colonne allemande partie du village proche des Taillades (Vaucluse) où se trouvait le commandement du 85e corps d’armée allemand (groupement Kniess) dont dépendait la compagnie Brandebourg. Cette colonne se rendit ensuite dans les Alpes-de-Haute-Provence pour attaquer le maquis de Bayons.
Il fut homologué FFI et interné résistant. Il fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 5 décembre 1996.
Voir Site d’exécution Robion (Vaucluse)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169143, notice BOIRARD Albert par Jean-Marie Guillon , version mise en ligne le 27 décembre 2014, dernière modification le 8 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

Robion (Vaucluse), monument aux résistants exécutés
Robion (Vaucluse), monument aux résistants exécutés

SOURCES : Arch. dép. Gard, 3 U 7 252 (cour de justice de Nîmes, dossier Paolino). ⎯ Arch. dép. BdR 9 W 43. ⎯ Mémoire des Hommes SHD Vincennes GR 16 P 67691 (nc).— Arch. privées, fonds Pétré, Livre noir pour la XVe Région, Service des recherches de crimes de guerre ennemis, 4 juillet 1945. ⎯ Association des amis du Musée de la Résistance et de la Déportation, La mémoire gravée. Monuments, stèles et plaques commémoratifs de la Seconde Guerre mondiale dans le département de Vaucluse, Fontaine-de-Vaucluse, Musée d’Histoire, 2002. ⎯ Aimé Autrand, Le département du Vaucluse de la défaite à la Libération : mai 1940-25 août 1944, Avignon, Éd. Aubanel, 1965. ⎯ Madeleine Baudoin, Témoins de la Résistance en R2, intérêt du témoignage en histoire contemporaine, Aix-en-Provence, thèse d’Histoire, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977. ⎯ Éric Roche, « Le Maquis de Sainte-Anne 6-12 juin 1944. Recueil », 2012 (site maquis-sainteanne.fr).⎯ Guillaume Vieira, La répression de la Résistance par les Allemands à Marseille et dans sa région (1942-1944), Aix-en-Provence, thèse de doctorat, Université d’Aix-Marseille, 2013.

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