GONTIER Pierre, Maurice

Par Dominique Tantin

Né le 3 juillet 1911 à Sannois (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), fusillé le 27 novembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; ingénieur ; résistant du réseau Georges-France 31.

Après s’être évadé d’Allemagne, Pierre Gontier s’était installé à Gaas (Landes). Il transmettait en zone libre du courrier et des renseignements sur les bases et chantiers de la marine à Lorient (Morbihan).
Dans le cadre de l’affaire dite de « Saint-Nazaire », il fut arrêté par les Allemands dans un lieu et à une date non renseignés, puis condamné à mort pour « espionnage » le 12 novembre 1942 par le tribunal militaire de la Kommandantur du Gross Paris siégeant rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.). Il fut passé par les armes au fort du Mont-Valérien le 27 novembre à 16 h 07 avec Jean Maxime Fournat condamné et probablement affilié au même réseau.
Pierre Gontier fut inhumé à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). Son nom est inscrit sur le monument commémoratif du Mont-Valérien. Il fut déclaré « Mort pour la France » par le ministère des Anciens Combattants le 4 mars 1946.

L’abbé Stock, aumônier allemand écrivit :
« 16 exécutions. Visite à Fresnes, où appris que 16 exécutions prévues pour l’après-midi.
Darrtichon Alexandre  ; Gontier Pierre  ; Ross René ; Netter Jean ; Vinçon ; Chevaux ; Huet Pierre ; Leblond Charles ; Camus René ; Roussel Ernest ; Hugon A.Casimir  ; Mascré ; Renard Maxime ; Massé Eugène.
Gontier, souffrant de troubles mentaux depuis quelques semaines, n’avait plus confiance en personne et refusa même la visite de sa famille ; il n’a plus confiance qu’en Dieu. Tout ce qui est humain n’est que mensonge et duperie. Avant, il communiait et se confessait souvent, puis cessa brutalement.
Lorsqu’on mettait un autre détenu dans sa cellule, il ne lui adressait pas la parole, soupçonnait tout le monde d’être un mouchard. Il ne voulut pas plus entendre parler de moi. Il remercia Dieu d’avoir à mourir, sa famille n’aurait plus de souci à se faire.
(...) L’’exécution eut lieu à 4 heures au Mont-Valérien. N’en suis parti qu’à 5h30. Arrivâmes au cimetière, tout était fermé. Nous finîmes par y entrer, avec des lanternes. Il faisait déjà nuit noire. Les 16 furent enterrés vers 7 heures environ. 47ème div. 2ème ligne. »
Maurice Daniel et Maxime Fournat appartenaient aussi à ce groupe de victimes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169180, notice GONTIER Pierre, Maurice par Dominique Tantin, version mise en ligne le 27 décembre 2014, dernière modification le 13 novembre 2020.

Par Dominique Tantin

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Sites Internet Mémoire des Hommes. – Mémorial GenWeb.—Abbé Stock, Journal de guerre, op. cit.

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