DE CHAUNAC DE LANZAC Élie, Auguste, Honoré

Par Julien Lucchini

Né le 30 avril 1904 à Brommat (Aveyron), exécuté sommairement le 1er août 1944 au camp de Souge (Gironde) ; technicien à Radio-Bordeaux-Lafayette.

Issu d’une famille de la noblesse de province, fils d’Honoré de Chaunac de Lanzac de Montlauzy, propriétaire, et de Marie Nalas, dont il était le cinquième enfant sur huit au total, Élie de Chaunac de Lanzac avait suivi des études secondaires et avait effectué son service militaire en Algérie. Technicien à Radio-Bordeaux-Lafayette, il vivait au Bouscat (Gironde). Le 7 septembre 1927, il avait épousé Suzanne Delpit à Saint-Cirq (Dordogne). Le couple eut cinq enfants.

Si nous n’avons pas trace d’une appartenance à un réseau de Résistance, de nombreux témoignages convergent pour lui attribuer tout au moins un rôle de soutien. Selon les souvenirs familiaux, il se serait ainsi plusieurs fois déplacé à Paris, Limoges (Haute-Vienne) ou Périgueux (Dordogne). Certains de ses anciens collègues se souvenaient quant à eux, quelques années après la Libération, de contacts rapprochés entre Élie de Chaunac de Lanzac et les maquis de Périgueux. Enfin, si l’on en croit une attestation signée Max Dandonneau, du groupe Marco-Polo, Élie de Chaunac de Lanzac avait toute la confiance de ce groupe et leur apportait un soutien matériel : « Nous l’avions contacté pour lui demander de nous aider, dans la mesure de ses possibilités, pour limiter le brouillage des émissions de la radio de Londres, et nous avions remarqué qu’effectivement ces émissions étaient meilleures lorsque Monsieur de Chaunac était de service. Il connaissait la plupart des membres de notre formation et aurait pu nous faire tous arrêter s’il l’avait voulu. Aucun de nous n’a jamais été inquiété. Je ne sais pas si Monsieur de Chaunac a été affilié à un groupe de résistance quelconque, mais il était indiscutablement un excellent Français qui a été victime, sans aucun doute, de son activité anti-allemande. »

Le 11 juillet 1944, rentrant chez lui, Élie de Chaunac de Lanzac tomba sur sept miliciens qui l’y attendaient, menaçant de leurs armes sa femme et sa fille. Arrêté, il fut alors transféré au fort du Hâ (Gironde). Si son chef de centre intervint pour obtenir sa libération, il se vit opposer une fin de non-recevoir, le commandement allemand prétextant un lien entre Élie de Chaunac de Lanzac et le groupe FTP-MOI qui, le 10 octobre 1943, avait assassiné le procureur Lespinasse à Toulouse (Haute-Garonne). Aucun élément sérieux ne semble pourtant, à ce jour, permettre un tel rapprochement. En dépit de ces accusations arbitraires, Élie de Chaunac de Lanzac fut passé par les armes le 1er août suivant, sans procès, au camp de Souge.

Son nom figure sur le mémorial des fusillés de Souge, à Martignas-sur-Jalle (Gironde). Le 21 mars 1956, le ministère des Anciens combattants lui accorda le titre d’interné politique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169209, notice DE CHAUNAC DE LANZAC Élie, Auguste, Honoré par Julien Lucchini, version mise en ligne le 15 janvier 2015, dernière modification le 19 janvier 2022.

Par Julien Lucchini

SOURCES : Comité du souvenir des fusillés de Souge, Les 256 de Souge, op. cit. — Site FFI33.org. — Mémorial GenWeb. — État civil.

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