DEMOULIN Marie, Charles, Camille

Par Christian Chevandier

Né le 20 janvier 1904 à Étrabonne (Doubs), exécuté sommairement le 20 août 1944 au Fort de Vincennes (Paris, XIIe arr.) ; cultivateur, brigadier des gardiens de la paix ; membre du Front national de la Police, policier insurgé, adjudant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) ; Légion d’Honneur.

Aîné de trois enfants, il quitta l’école après avoir eu son certificat d’études primaires à l’âge de douze ans pour aider sa mère, seule à la ferme pendant que le père était à la guerre. Il fit un service militaire de dix-huit mois dans l’artillerie, qu’il a terminé avec le grade de maréchal-des-logis et un diplôme de moniteur d’éducation physique. De retour à la ferme de ses parents, il posa sa candidature pour un emploi de gardien de la paix et intégra la police en février 1928. Nommé brigadier en juin 1938, il était affecté au commissariat du XIXe arrondissement. Avec son épouse Simone Tabourot,(mariage le 27 septembre à Besançon, Doubs) il eut un fils en 1936.
En 1939-1940, Marie-Charles Demoulin était affecté spécial à la préfecture de police de Paris. Lors de la rafle du 16 juillet 1942, il demanda à sa femme de prévenir des voisins qu’ils ne connaissaient pas mais qui étaient susceptibles d’être arrêtés, la famille Sztern. Ils les hébergèrent une semaine puis gardèrent leur fille Catherine à leur domicile, 37 cours de Vincennes (XIIe arr.), jusqu’à la fin de la guerre. À en croire les rapports de ses chefs, le « bon brigadier » devint « insuffisant » pendant l’Occupation. Membre du Front national de la Police, il participa à la prise de la préfecture de police le 19 août au petit matin. Après avoir passé la nuit chez lui, il y revenait en tenue civile le lendemain matin lorsqu’il fut arrêté à un barrage place de la Nation par des Allemands (d’après les rapports, il s’agissait de SS). Qualifié de « policier terroriste », il fut conduit au fort de Vincennes et fusillé quelques heures plus tard en compagnie de plusieurs autres agents.

Son corps a été découvert dans une fosse du fort de Vincennes le 29 août et identifié par deux de ses collègues. Ses obsèques eurent lieu le lendemain au nouveau cimetière de Vincennes.
Son nom se trouve sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la préfecture de police, 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), et sur le monument aux morts dans la cour de la préfecture de police de Paris.
Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France » le 4 décembre 1944 ; en mai 1947, il a été homologué adjudant FFI et en octobre 1955, Interné résistant.
Il a été décoré de la Croix de guerre et fait chevalier de la Légion d’Honneur à titre posthume.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169370, notice DEMOULIN Marie, Charles, Camille par Christian Chevandier, version mise en ligne le 22 septembre 2016, dernière modification le 22 mars 2020.

Par Christian Chevandier

SOURCES : Arch. PPo., « Victimes du devoir », carton DEM. — Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014.— Luc Rudolph, Policiers rebelles. Une Résistance oubliée : la Police parisienne, Éd. SPE Militaria, 2014.— SHD Vincennes, GR 16 P 174301 (notes Annie Pennetier).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément