MEKERCKE Jean-Baptiste, François

Par Gilles Pichavant

Né le 10 mai 1835 à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 15 mai 1883 à Saint-Omer (Pas-de-Calais) ; Tailleur à Dieppe ; Républicain socialiste

Fils d’un tailleur originaire de Renescure (Nord), Jean-Baptiste Mékercke naquit le 10 mai 1835 à Dieppe (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). Son père s’était installés à Dieppe quelque temps plus tôt, vraisemblablement car le frère de celui-ci y était lieutenant des douanes. Il s’y était marié avec une dieppoise en 1833. Jean-Baptiste y devint tailleur d’habit comme son père, et exerça son métier dans le quartier Saint-Jacques.

Le 29 septembre 1871, Jean-Baptiste Mékercke fut nommé administrateur d’une société dont le but était d’éditer un nouveau journal dieppois, l’Union Républicaine, et dont le gérant et le rédacteur en chef était Ulrich de Fonvielle. Parmi les administrateurs on note Conte*, cordonnier, Tourillon*, serrurier, Fréchon*, commis de courtier maritime. Mékercke est soupçonné d’appartenir à l’AIT par La Vigie, le journal conservateur et royaliste.

Le 1er mars 1879 le journal l’Impartial de Dieppe annonça que l’on souscrivait tous les jours chez M. Mekerque, tailleur rue des Maillots, « en faveur des amnistiés politiques » de la Commune, « qui, en rentrant dans la mère patrie, vont se trouver, ainsi que leurs famille sans asile, sans travail et sans pain ».

Le 9 novembre 1880 il fit partie, avec Gustave Renard et Albert Detré, du comité dieppois qui accueillit Louise Michel à son retour de Nouvelle Calédonie. D’après La Vigie de Dieppe, les citoyennes Le Mel et Cadolle avaient fait le déplacement à Dieppe, pour l’accompagner à Paris. On offrit à celle-ci un bouquet de fleurs rouges, et on l’invita à « prendre un bouillon » dans un café du port, avant qu’elle prenne le train pour Paris. L’affaire ayant été découverte postérieurement par le journal réactionnaire local La Vigie, le rédacteur en chef de celui-ci se scandalisa de l’accueil fait à « la pétroleuse ». Albert Detré étant le directeur de l’imprimerie de L’Impartial, journal concurrent, une polémique enflamma la presse locale. L’Impartial fit paraitre un article dans lequel il déclarait se désolidariser de son action, et celui-ci fut contraint à la démission.

Dans une réponse envoyé à La Vigie, et évoquée par son rédacteur en chef, on apprit que A. Detré, Mekercke et Renard se faisaient « l’honneur d’être des républicains socialistes » , et qu’ils se glorifiaient d’être allés « serrer la main à ces républicaines, ces femmes de cœur ».

Veuf, et retiré Saint-Omer (Pas-de-Calais), il y mourut le 15 mai 1883 à l’hospice de la ville. Il avait tellement marqué l’histoire sociale de la ville que le rédacteur de La Vigie de Dieppe qui ne devait pas connaitre sa mort, le cita une dernière fois dans un article du 9 septembre 1884.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169463, notice MEKERCKE Jean-Baptiste, François par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 3 janvier 2015, dernière modification le 4 janvier 2021.

Par Gilles Pichavant

SOURCE : L’Impartial et La Vigie de Dieppe, au Fonds Ancien de Dieppe. — La Vigie de Dieppe, 27 octobre 1871, 16 novembre 1880, 9 septembre 1884. — État civil.

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