BLONDEL Paul, Émile, Jean, Baptiste

Par Yves Le Maner, Gilles Morin

Né le 25 octobre 1899 à Aix-en-Ergny (Pas-de-Calais), mort le 27 juin 1972 à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) ; employé puis contremaître aux Aciéries d’Isbergues ; militant syndicaliste et élu socialiste du Pas-de-Calais ; maire (1953-1971) et conseiller général (1945-1970) d’Aire-sur-la-Lys.

Paul Blondel, fils de Jules Blondel et de Louis Dumez, s’installa à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) en 1926 et milita aussitôt comme syndicaliste et à la section locale du Parti socialiste SFIO dont il devint le secrétaire en 1935. Il poursuivit son action dans la clandestinité durant l’Occupation, et participa à la remise en place de l’Union départementale CGT du Pas-de-Calais. Délégué cantonal CGT en 1945, membre du comité d’établissement des Aciéries d’Isbergues, il devait, en 1948, être le créateur du syndicat Force ouvrière de la ville. Il fut élu secrétaire de l’Union départementale FO du Pas-de-Calais, lors de sa création, le 12 janvier 1948. Il fut encore en fonction en juillet 1952.
Il siégea à la commission exécutive de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais en 1947-1948 et 1950-1951.
Membre du comité local de Libération d’une ville particulièrement sinistrée, Paul Blondel fit partie du conseil municipal provisoire désigné par le préfet en mars 1945. En mai suivant, il était élu conseiller municipal minoritaire d’Aire en 1945, réélu en 1947, il conduisit la liste de « concentration républicaine » aux élections d’avril 1953. Il se présentait alors comme membre du conseil d’administration des hospices et de l’hôpital, membre de la commission d’assistance et des dommages de guerre, Officier d’académie et Chevalier du mérite social. Il fut maire de 1953 à 1971, date de sa retraite politique définitive. « Maire bâtisseur » selon la presse, il poursuivit l’œuvre de reconstruction de la cité qui comptait toujours de nombreux sinistrés et son nom resta attaché à d’importants lotissements, la plupart en accession à la propriété, et aux CES et CET qu’il contribua à créer. Il était président d’honneur de la plupart des sociétés locales, notamment des œuvres laïques et, partisan du rapprochement franco-allemand, organisa un jumelage avec la ville de Lendringsen.
Paul Blondel fut également élu conseiller général d’Aire-sur-la-Lys de 1945 à 1970. En 1945, il se présenta contre le conseiller sortant, le républicain Auguste Bar. Il obtint 2 548 voix au premier tour, contre 4 052 à Bar, auquel il ne manquait que 117 voix. Il fut élu au deuxième tour 4 417 voix contre 4 228 à Bar, sur 10 089 inscrits. Il fut membre de la commission départementale en 1945, et vice-président du conseil général du Pas-de-Calais de 1957 à 1970. En 1951, il fut le seul socialiste à accepter le programme en huit points du Parti communiste qui lui apporta son soutien au 2e tour. Candidat aux élections législatives de 1958 et 1962, il fut battu lors du renouvellement de l’Assemblée départementale en 1970. Il avait siégé à la commission exécutive de la Fédération socialiste du Pas-de-Calais en 1947-1948 et 1950-1951.
Malade, âgé de 72 ans, Paul Blondel ne se représenta pas aux municipales de 1971. Il était délégué cantonal de l’Éducation nationale. Marié, il était père de six enfants. Il eut des funérailles religieuses.
Il ne semble pas qu’il y ait de rapport avec le militant homonyme, secrétaire du syndicat des PTT de Lens en 1935.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16949, notice BLONDEL Paul, Émile, Jean, Baptiste par Yves Le Maner, Gilles Morin, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 10 novembre 2015.

Par Yves Le Maner, Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3228 ; F/1cII/206, 285, 296, 322, 452. — Rapports des congrès de la fédération SFIO du Pas-de-Calais, 1945-1967. — Arch. OURS, dossiers Pas-de-Calais. — L’Espoir, 2 juillet 1972. — J. Derville, La Fédération socialiste SFIO du Pas-de-Calais, 1944-1969, thèse d’études politiques, Paris, FNSP, 1970. — Renseignements fournis par la mairie d’Aire-sur-la-Lys. — Arch. de la mairie de Lens. — Compte rendu du congrès confédéral FO de 1948. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément