PRINGAULT François

Par François Ferrette

Socialiste, journaliste, membre du syndicat des employés.

Militant de second plan, son nom n’apparaît pas dans l’Encyclopédie socialiste. Il s’inscrivait pourtant dans le courant guesdiste et collabora dans l’organe central de la SFIO Le Socialiste en 1910, ainsi qu’épisodiquement au journal de Guesde, le Socialisme, organe de tendance, fondé en 1907. Il collaborait également à Terre Libre, organe qui défraya la chronique après un meeting organisé le 11 avril 1911 sur le thème de « la franc-maçonnerie et le syndicalisme » dans lequel des cris antisémites furent entendus. L’Humanité, La Guerre sociale ainsi que la direction de la CGT manifestèrent une vive opposition à cette résurgence antisémite.

Ce n’était pas une position conjoncturelle des principaux animateurs mais la marque permanente de leur regroupement autour de Terre Libre créée en novembre 1909, journal dans lequel François Pringault eut un rôle important. Bien qu’ayant indisposé certains collaborateurs, l’antisémitisme était accepté et devenait un axe de lutte essentiel des articles avec la lutte contre la franc-maçonnerie entre 1909 et 1914. Dans son numéro du 1er novembre 1910, François Pringault avait parlé de l’Affaire Dreyfus et du « triomphe de la Finance juive  ». Il écrivit plusieurs articles contre la franc-maçonnerie et contre les juifs. Dans le numéro du 15 janvier 1911, il expliquait dans comment des juifs faisaient fortune en France, article particulièrement antisémite où il évoquait « la férocité du capitalisme juif  », évoquait les «  youtres », les « coyoupins  » et les décrivait comme une bande sauvage et hirsute qu’il fallait laver, peigner et vêtir avant de les lâcher dans la province pour faire du profit.

Terre Libre regroupait les déçus de tous bords : ceux du dreyfusisme (Émile Janvion*) du guesdisme (François Pringault) et du syndicalisme (Émile Pataud*). En ce qui concerne plus précisément Pringault, les articles publiés renvoyaient à beaucoup de problématiques guesdistes : contre la laïcité, contre l’anarchisme, contre les coopératives de consommation, contre l’alliance avec les partis bourgeois, etc. Lorsqu’il évoquait la SFIO, François Pringault n’attaquait pas Guesde mais Jaurès qui incarnait le « socialisme d’Ecole Normale et de Finance juive  » (Terre Libre, 1er mars 1914). Dans le numéro du 15 avril 1910, un article rendait hommage à l’attitude de Guesde à la Chambre pour avoir refusé de voter en faveur de la loi sur les retraites. En février 1914, Pringault faisait paraître un article critique sur le guesdisme dans Terre Libre (numéro du 16 février 1914), La désagrégation du socialisme. Il y pointa les erreurs de l’apôtre du socialisme tout en louant sa générosité désintéressée et sa lutte doctrinaire.

Ses liens s’étaient distendus avec Guesde et Pringault participa d’ailleurs au courant d’opposition dans la SFIO, animé par Achille Cambier, constitué en 1913. Il écrivit dans l’organe de tendance, La Lutte de Classe. Il ne semble pas qu’il ait adhéré au Parti ouvrier créé en 1914 lorsque les principaux responsables de cette opposition furent exclus de la SFIO. Terre Libre émettait des doutes sur la capacité de ce nouveau parti à capter l’attention des militants socialistes. Pringault souhaitait sans doute concentrer ses activités sur Terre Libre dont il devint l’administrateur officiel en avril 1914. Mais ce bimensuel devait cesser de paraître après le 1er mai de la même année. On perd la trace de François Pringault à l’entrée de la guerre et il ne semble pas qu’il ait fait parler de lui par la suite.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169531, notice PRINGAULT François par François Ferrette , version mise en ligne le 6 janvier 2015, dernière modification le 6 janvier 2015.

Par François Ferrette

ŒUVRE : articles dans Le Socialiste, Le Socialisme, Lutte de Classe, Terre Libre, Temps Nouveaux ; dans Mercure de France, n°396 du 16 décembre 1913, article : «  Restif de la Bretonne communiste  ».

SOURCES : l’Humanité, Le Socialiste, Le Socialisme, Lutte de Classe, Terre Libre.

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