BLOT Victor, Jérôme

Par Jacques Girault

Né le 28 février 1915 à Paris (XVIIeme arr.), mort le 27 mars 2007 à Rouen (Seine-Maritime) ; instituteur ; militant syndical ; militant communiste en Seine-Inférieure/Maritime ; conseiller général (1967-1973), conseiller municipal de Rouen.

Fils d’un épicier devenu limonadier puis hôtelier, originaire de Seine-Inférieure, sympathisant communiste, Victor Blot devint instituteur. Il effectua son service militaire dans le train comme soldat de 2eme classe. Il se maria en avril 1941 à Ferrières-en-Bray (Seine-Inférieure) avec la fille d’un chauffeur de taxi et d’une cultivatrice.

Victor Blot adhéra au Parti communiste en 1939 et reprit contact avec les communistes en octobre 1943. Pendant la guerre, instituteur et secrétaire de mairie à Neuf-Marché depuis juin 1943, il participa au ravitaillement des réfractaires en fournissant des cartes d’alimentation. Il hébergea le responsable départemental du Front National et du responsable régional du PCF. Il fut interrogé par la Gestapo à la suite de l’arrestation du maire Heuillard en août 1943 et assista à la perquisition dans les archives en présence du maire. Le seul reproche qui lui fut fait était l’absence de portrait de Pétain dans la mairie.

A la Libération, vice-président du comité local de Libération, Victor Blot était le secrétaire d’une cellule communiste locale. Divorcé, il se remaria en août 1948 à Rouen avec Émilienne, Marie, Juliette Le Coq, institutrice communiste, fille d’un employé de la Préfecture.

Membre du comité de la section communiste de Rouen et du comité de la fédération communiste de Seine-inférieure, Victor Blot, dit “Toto“, suivit l’école centrale destinée aux instituteurs communistes en avril 1953. L’appréciation portée fut élogieuse : "homme de masse. Esprit pratique. A travaillé avec intelligence. Attaché au Parti. Un des meilleurs élèves de l’école". Aussi fut-il désigné comme directeur-adjoint du stage suivant pour instituteurs communistes en juillet 1953. Il devint membre du bureau fédéral en 1953 et le resta jusqu’à la conférence fédérale du 30 avril 1961 où il redevint membre du comité fédéral. A partir de 1959, il était le responsable fédéral du travail parmi les instituteurs, puis plus tard parmi les organisations laïques et l’enseignement. En 1964, il réintégra le bureau fédéral jusqu’en décembre 1966. Non élu au comité fédéral, il le fut à nouveau lors de la conférence fédérale du 19 mai 1968 et y demeura jusqu’en janvier 1982 où il ne fut pas réélu à sa demande "pour raisons personnelles".

Blot fut, à la fin des années 1950, le correspondant départemental de L’Ecole et la Nation. A la même époque, il participait aussi à la rédaction des pages régionales de l’Humanité-Dimanche, il retrouva cette responsabilité à la fin des années 1960.

Parallèlement, Blot était le secrétaire-adjoint, puis, à partir de 1954, le secrétaire de la sous-section de Rouen du Syndicat national des instituteurs jusqu’au milieu des années 1960. Membre du conseil syndical de la section départementale, il siégea au conseil départemental de l’enseignement primaire de la fin des années 1950 au milieu des années 1960. Il était aussi le secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’Éducation nationale.

Candidat au bureau national du SNI en 12eme position sur la liste « Pour la défense de l’école laïque, de l’indépendance nationale, de la démocratie et de la paix », il ne fut pas élu par le conseil national du 27 décembre 1951. En décembre 1953 et 1955, il figurait en 5eme position sur les listes « Pour renforcer l’unité et l’efficacité du SNI », dont en décembre 1955 cette appellation se complétait par « Liste d’action laïque et de défense de l’Education nationale ». Auparavant lors du congrès national du SNI, le 21 juillet 1955, dans son intervention, il appelait à « travailler en commun pour la défense laïque ». En 1955, le PCF avait souhaité le placer en cinquième position sur la liste des candidats au bureau national du SNI. Il était à nouveau candidat en décembre 1959 en 8eme position sur la liste « Pour l’unité, la démocratie et l’efficacité du SNI ». Mais en janvier 1961, Yvonne Barruel démissionnait du bureau national. Il lui succéda. Il annonça dans L’École libératrice du 19 mai 1961 que sa tendance ne voterait pas le rapport moral pour le congrès. A partir de cette date, il devint membre suppléant "Unité et action" de la commission administrative de la Fédération de l’Éducation nationale.

En décembre 1961, candidat en cinquième position sur la liste « Le prestige du SNI dépend d’une orientation correcte et ferme et de la vraie démocratie syndicale », il ne fut pas élu par le conseil national. Deux ans plus tard, il appelait les syndiqués à voter pour les candidats au bureau national de la liste « Pour un SNI toujours plus uni, toujours plus fort » sur laquelle il figurait pour la dernière fois.

Candidat aux élections législatives dans la première circonscription (Rouen-Darnétal) en 1958, Victor Blot obtint 7 937 voix (quatrième positon) puis 10 262 (troisième position) sur 60 912 inscrits. A nouveau candidat dans la même circonscription en 1962 et en 1967, il arrivait en deuxième position (8 530 voix, 12 155 voix sur 62 059 inscrits en 1962, 11 006 voix, 20 138 voix sur 63 294 inscrits en 1967). En 1968, il était toujours candidat (11 401 voix, 15 973 voix sur 62 364 inscrits). Puis en 1973, prévu comme suppléant du candidat communiste dans la troisième circonscription (Rouen-Sotteville), finalement candidat titulaire dans la première circonscription contre le maire Jean Lecanuet, il réunit 9 818 voix (troisième) puis 18 207 (deuxième) sur 63 740 inscrits.

Candidat aux élections cantonales dans le cinquième canton de Rouen en 1955 et à celles d’avril 1958 dans le deuxième canton de Rouen, Blot obtint 862 voix (troisième position) puis 897 voix (deuxième, le candidat socialiste SFIO s’étant maintenu) sur 7 865 inscrits. Alors que sa profession de foi le présentait comme "mutualiste", élu au Conseil général du sixième canton de Rouen (1967-1973), il devint membre de la commission des Finances et des Affaires économiques (finances, budgets, impositions, personnel départemental, expansion économique, réglementation économique). Responsable du groupe communiste dans l’assemblée départementale, orateur chaleureux, sans ostentation, il était très respecté. En 1973, se représentant, il arrivait en tête avec 2 129 voix mais fut battu au deuxième tour, réunissant 3 202 voix. Ancien conseiller général, il se présenta dans le cinquième canton lors d’une élection partielle en 1974.

Aux élections municipales de Rouen, le 26 avril 1953, Blot, candidat en première position sur la liste « d’union ouvrière et démocratique. Pour la Défense des Intérêts Communaux et des Libertés, du Pain, de l’Indépendance Nationale et de la Paix », fut élu (5eme dans l’ordre du tableau) dans la minorité communiste. Il fut le président et le porte-parole du groupe communiste. On discuta sur les conséquences de sa désignation comme tête de liste aux élections municipales en 1959. La fédération jugeait ainsi : « très grande popularité qui en fait le candidat maximum dans le canton. Mais sa candidature peut risquer d’être utilisée par les socialistes qui manœuvrent pour essayer de briser l’unité du SNI ». Elle ajoutait : « La présentation de sa candidature risque de créer des difficultés mais pas d’un tel ordre que ses responsabilités chez les instituteurs soient mises en cause ». Il conduisait la liste communiste aux élections municipales de 1965 (32 et 38 % des voix) puis aux élections partielles de juin 1969 (37 et 48 % des voix). Aux élections générales de 1971, il était le chef de file des candidats communistes sur la liste d’Union de la Gauche.

En 1956, Blot demanda à la direction du PCF l’autorisation, qui fut accordée, pour aller en Tchécoslovaquie du 30 juillet au 15 août pour participer à un stage international d’enseignants.

Divorcé, Victor Blot se remaria en mars 1985 à Antibes (Alpes-Maritimes).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article16957, notice BLOT Victor, Jérôme par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 13 mars 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. comité national du Parti communiste français. — Presse. — Renseignements fournis par le conseil général de Seine-Maritime et par Colette Privat. — https://archive.org/stream/EL050L196806076012PFPdfmasterocr/EL050_L_1968_06_076_01_2_PF_pdfmasterocr#page/n0/mode/2up

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément