PEDERZOLI Dante

Par Cédric Neveu, Philippe Wilmouth

Né le 25 mai 1911 à Auboué (Meurthe-et-Moselle), exécuté sommairement le 3 septembre 1944 à Sainte-Marie-aux-Chênes (Moselle) ; exploitant agricole ; résistant.

Dante Pederzoli
Dante Pederzoli

Marié et père de deux enfants, Dante Pederzoli était un petit exploitant agricole qui vivait à Grimonaux, sur la commune d’Auboué. Marié, père de deux enfants, était transporteur de sable, de charbon ou de produits agricoles avec sa charrette et son cheval blanc.
Sa maison se trouvant en face du poste frontière allemand, il faisait passer de nombreux prisonniers. Ses deux frères Pierre et Jérôme furent internés tandis ses deux nièces, Germaine et Ida étaient déportées.
Le 3 septembre 1944, deux motards allemands furent la cible de tirs et l’un d’entre eux fut tué à Auboué. Les versions divergent :
-  Dante Pederzoli aurait été l’auteur des coups de feu ou bien ils auraient été le fait d’un autre homme. L’alarme fut donnée et Dante Pederzoli fut finalement arrêté à Sainte-Marie-aux-Chênes. Il se serait en fait rendu pour éviter un sort dramatique aux 250 otages de 14 à 77 ans enfermés dans la grange de la ferme Weber à Sainte-Marie-aux-Chênes. Dante Pederzoli fut pendu vers 17h par des éléments de la division Das Reich. La corde avait cassé une première fois mais les SS renouvelèrent le sinistre processus. Son corps resta pendu jusqu’au lendemain soir avant qu’il ne soit récupéré par la famille.
-  Or il ne pouvait pas s’agir de la division Das Reich. A cette époque, elle se trouvait en Belgique dans le secteur de Huy, Givet, Namur. (cf Charles Trang, Dictionnaire de la Waffen-SS tome 1 Heimdal pp. 93 et 94) Il s’agirait plutôt d’éléments de la SS Panzer-Grenadier-Brigade 49 qui à cette date aménage un secteur défensif à Roncourt, Malancourt, Montois-la-Montagne, Saint-Privat-la Montagne. L’unité va intégrer la 17ème SS Division qui va défendre le sud messin. (cf Jean-Claude Perrigault et Rolf Meister, Götz von Berlichingen tome II Lorraine Allemagne Editions Heimdal p. 29). En fait, dans la pagaille du début du mois de septembre 1944 et le reflux des troupes allemandes vers l’Altreich, il est difficile de déterminer l’unité concernée. La pendaison de Dante Pederzoli aurait été orchestrée par des agents de la Gestapo qui serait venue avec une camionnette où se trouvait un petit escabeau et non pas par la WSS. (cf Philippe Wilmouth, L’évacuation du 4 septembre 1944, Maizières-lès-Metz, imp. Koehl, 1997,pp.59-61)
Le matin du 3 septembre 1944, les Allemands venaient de faire sauter les deux ponts sur l’Orne et une partie du viaduc de Coinville qui relie la gare d’Auboué à la mine du Paradis à Batilly. Ils subirent des coups de feu. Ils prirent en otage la population de Sainte-Marie. Il y a eu entre 310 et 360 hommes pris en otage. Après négociations entre le maire d’Auboué et le sous-préfet de Briey, 100 otages d’origine française furent libérés le 3 vers midi. (Témoignage écrit de Nello Spitoni, otage, dans le journal de Mercy 30 août 1988)
Il resta 200 otages d’origine italienne, 30 d’origine polonaise et quelques Russes, Espagnols et Portugais. Les SS exigèrent la livraison de Dante Pederzoli qu’ils accusaient d’avoir tiré sur les Allemands. Il fut pendu, la corde cassa et il tomba au sol, les soldats le rependirent. Le corps resta ainsi jusqu’au lendemain, où un familier vint l’enlever et le ramener chez lui, dans le tombereau qu’il avait lui-même, mené si longtemps.
- Pederzoli ne se serait pas rendu comme souvent indiqué mais aurait été dénoncé par des otages qui ont indiqué sa cache, à savoir chez sa belle-mère, rue Coinville à Auboué. Il fut conduit à Sainte-Marie-aux-Chênes mains entravées. (Témoignage de son fils Louis Pederzoli, août 1997 recueilli par Ph Wilmouth)

Il fut déclaré Mort pour la France et homologué Interné résistant.
Son nom figure sur le Monument aux morts de Auboué (Meurthe-et-Moselle), sur le monument commémoratif de Auboué et sur la stèle commémorative de Saint-Marie-aux-Chênes (Moselle).
Trois personnes furent abattues le 2 septembre au cours du ratissage des otages, à savoir
- Guido Fabbri
- Petrus Garus
- Jean Wojkowiak

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article169870, notice PEDERZOLI Dante par Cédric Neveu, Philippe Wilmouth, version mise en ligne le 14 janvier 2015, dernière modification le 7 janvier 2021.

Par Cédric Neveu, Philippe Wilmouth

Dante Pederzoli
Dante Pederzoli

SOURCES : SHD, DAVCC : Dossier-statut. — Le Républicain Lorrain du 6 septembre 2014. — Pagus Orniensis (Pays de l’Orne), n°15, juin 1994. — Mémorial Genweb. — Mémoire des Hommes. — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 462754 (nc).

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