MAYER André, Jean

Par Jean-Luc Marquer, Annie Pennetier

Né le 8 février 1908 à Grenoble (Isère), sommairement exécuté le 21 juillet 1944 à Seyssinet-Pariset (Isère) ; scout, administrateur et marchand de biens ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur.

André, Jean Mayer était le fils de René, administrateur de biens, et de Judith, Berthe Dias, son épouse.
Sa famille paternelle était originaire de Meurthe-et-Moselle et il était d’une très ancienne famille juive de Bordeaux (Gironde) par sa mère.
Entré aux Éclaireurs de France, il eut l’occasion de se rendre en Algérie avec son groupe, la meute Bayard, ce qui lui laissa un souvenir durable : les parades de cavalerie des Chasseurs d’Afrique.
Il effectua ses études à l’École Vaucanson, section commerce, dont il sortit diplômé.
En 1925, il devança l’appel et choisit d’effectuer son service militaire dans une unité de chasseurs d’Afrique basée en Algérie.
Libéré de ses obligations militaires avec le grade de maréchal-des-logis et revenu à Grenoble, il travailla comme marchand de biens dans l’agence paternelle située 1 rue Thiers.
À sa majorité, il décida de devenir chrétien évangélique. Il était par ailleurs très investi dans le mouvement des Éclaireurs de France dont il devint commissaire local.
Il épousa Blanche, Noémie, Victorine Allard-Jacquin à Grenoble le 5 mars 1932. Le couple eut au moins un enfant.
En 1940, la famille habitait 16 rue Docteur Mazet à Grenoble.
André Mayer entra dans la Résistance et rejoignit les rangs de l’Armée secrète.
Il faisait partie du Groupe-franc du Commandant Nal.
Son épouse et lui furent arrêtés dans leur appartement par des policiers allemands accompagnés de membres des JEN (Jeunes de l’Europe nouvelle), dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944.
Conduits dans les locaux de la Gestapo, ils furent incarcérés, elle dans la cellule 17, lui dans la cellule 18, furent soumis à des interrogatoires brutaux, et torturés.
Ils furent par la suite transférés à la prison de la Wehrmacht, caserne de Bonne à Grenoble.
Le soir du 21 juillet 1944, un groupe de dix prisonniers dont faisait partie André Mayer fut extrait de la prison installée dans la caserne de Bonne à Grenoble, emmené au lieu-dit "Le Désert de l’Écureuil" sur la commune de Seyssinet-Pariset et sommairement exécuté par des membres de la Sipo-SD accompagnés de membres des JEN.
Le 22 juillet, sur l’indication de membres des JEN, les corps criblés de balles de pistolet mitrailleur furent trouvés par le maire de Seyssinet-Pariset et des habitants de la commune et enterrés au cimetière communal.
Enterré anonymement, André Mayer fut identifié le 19 septembre 1944 par son épouse après la parution dans la presse locale de la description des victimes et grâce à la photographie prise subrepticement avant l’inhumation.
Par la suite, André Mayer fut enterré le 23 septembre 1944 au cimetière Saint-Roch à Grenoble.
Il obtint la mention "Mort pour la France et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur.
Son nom figure sur le monument commémoratif aux dix patriotes fusillés à Seyssinet-Pariset, route départementale 106b et sur le mémorial du Maquis de l’Oisans, au lieu dit le Pont de l’Infernet, route départementale 1091, sur la commune de Livet-et-Gavet (Isère)(mémorial de 187 noms).
Le mémorial de la Shoah à Paris et le Mémorial de Yad Vashem le recensent parmi les victimes de la Shoah.



Voir : Seyssinet-Pariset


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170264, notice MAYER André, Jean par Jean-Luc Marquer, Annie Pennetier, version mise en ligne le 1er février 2015, dernière modification le 24 juillet 2021.

Par Jean-Luc Marquer, Annie Pennetier

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 406, 413 et 635 — — SHD Vincennes GR 16P 406597 (nc) ; GR 19 P 38/3 — AVCC Caen 21P 92963 (nc) — Pierre Bourgeat, Parcours des 10 fusillés le 21 juillet 1944 à Seyssinet-Pariset, plaquette éditée à l’initiative de la commune de Seyssinet-Pariset, juillet 2021 http://www.maquisdeloisans.fr — Geneanet — MémorialGenWeb — Mémorial de la Shoah — Mémorial de Yad Vashem — Notes d’Isabelle Nicoladzé — État civil.

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