TORD Georges, Désiré, André

Par Jean-Luc Marquer, Annie Pennetier

Né le 8 octobre 1914 à Claix (Isère), exécuté sommairement le 21 juillet 1944 à Seyssinet-Pariset (Isère) ; restaurateur ; résistant de l’Armée secrète, homologué Forces françaises de l’Intérieur et interné résistant (DIR)

Georges TORD
Georges TORD
Photo : Pierre Bourgeat, Souvenir Français

Georges Tord était le fils de Désiré et de Marie Tord.
Au début de l’année 1939, il épousa Suzanne Roux. Le couple eut un fils quelques mois plus tard.
Mobilisé en septembre 1939, son attitude lui valut une citation à l’ordre de l’Armée avec attribution de la Croix de guerre avec palme et la Médaille militaire.
Rendu à la vie civile, il reprit son travail de cuisinier dans le restaurant familial à Pont-de-Claix (Isère).
Entré dans la Résistance dès 1941, il faisait partie du groupe "Combat" et était en relation avec le chef des Mouvements unis de la Résistance (MUR), Gaston Valois, et celui des Groupes-francs de l’Armée secrète, Louis Nal.
En février 1943, il fut chargé d’organiser les Groupes-francs du secteur de Pont-de-Claix.
En août 1943,à la tête d’un Groupe-franc, il participa au sabotage de la ligne à haute tension longeant le Drac, puis en septembre 1943, à l’enlèvement d’un stock considérable d’explosifs qui furent par la suite utilisés pour saboter les voies ferrées de la région.
Entre janvier et mars 1944, lors de l’organisation du secteur 1 avec 15 groupes francs, il fut confirmé dans la fonction de chef du Groupe-franc de Pont-de-Claix avec le grade d’adjudant.
Dénoncé, il fut arrêté par des membres de JEN (Jeunes de l’Europe nouvelle) et des soldats allemands le 29 juin 1944 alors qu’il se trouvait à son domicile dans l’hôtel-restaurant familial. Ce dernier fut dévasté et pillé.
Le 30 juin 1944, Georges Tord fut transféré à Lyon (Rhône, aujourd’hui Métropole de Lyon) pour être interrogé, puis il fut incarcéré à la prison de Montluc.
Il fut par la suite reconduit à Grenoble (Isère) pour y être interrogé par la Sipo-SD.
Le soir du 21 juillet 1944, un groupe de dix prisonniers dont faisait partie Georges Tord fut extrait de la prison installée dans la caserne de Bonne à Grenoble, emmené au lieu-dit "Le Désert de l’Écureuil" sur la commune de Seyssinet-Pariset et sommairement exécuté par des membres de la Sipo-SD accompagnés de membres des JEN (Jeunes de l’Europe nouvelle).
Le 22 juillet, sur l’indication de membres des JEN, les corps criblés de balles de pistolet mitrailleur furent trouvés par le maire de Seyssinet-Pariset et des habitants de la commune et enterrés au cimetière communal.
Enterré anonymement, Georges Tord fut identifié le 7 septembre 1944 par sa sœur après la parution dans la presse locale de la description des victimes et grâce à la photographie prise subrepticement avant l’inhumation.
Georges Tord fut par la suite inhumé dans le caveau familial au cimetière de Claix.
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué résistant, membre des Forces françaises de l’Intérieur, et interné résistant.
Il fut décoré de la Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume.
Son nom figure sur le Monument commémoratif aux dix patriotes fusillés à Seyssinet-Pariset, route départementale 106b, sur le monument commémoratif de Claix et sur la monument commémoratif du maquis de l’Oisans à Livet-et-Gavet (Isère). Il figure également sur une plaque déposée au pied du monument aux morts de Claix dans le cimetière.
La voie où se trouvait le restaurant porte désormais de Montée Georges Tord.


Voir : Seyssinet-Pariset


Notice provisoire

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170267, notice TORD Georges, Désiré, André par Jean-Luc Marquer, Annie Pennetier, version mise en ligne le 1er février 2015, dernière modification le 22 avril 2022.

Par Jean-Luc Marquer, Annie Pennetier

Georges TORD
Georges TORD
Photo : Pierre Bourgeat, Souvenir Français

SOURCES : Arch. dép. Rhône, Mémorial de l’Oppression : 3808W 406, 413 et 635 ; Fichier de la prison de Montluc : 3335W30, 3335W11 — Arch. Dép. Isère, Mémorial de l’oppression, 31 juillet 1945, recherches de Jacques Loiseau et transmises par Gil Emprin et Isabelle Nicoladzé. — SHD Vincennes GR 19 P 38/3 ; GR 16 P 573725 (nc) — AVCC Caen 21 P 164107 et 683138 (nc) — Pierre Bourgeat, Parcours des 10 fusillés le 21 juillet 1944 à Seyssinet_Pariset, plaquette éditée à l’initiative de la commune de Seyssinet-Pariset, juillet 2021 — Mémoire des hommes — http://www.maquisdeloisans.fr — MémorialGenWeb.

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