DESMOUTIER Marceau, Lucien, écrit parfois DESMOUTIERS ou DESMOUSTIER

Par Antoine Olivesi

Né le 23 septembre 1883 à Lille (Nord), mort le 16 février 1956 à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Fils de Henri Desmoustier, mouleur en fer, et de Palmyre Lefebvre, Marceau Desmoutier s’engagea pour quatre ans au 110e régiment d’infanterie à Dunkerque avant d’être mobilisé le 10 août 1914 au 165e RI de Saint-Étienne puis affecté spécial dans les usines de guerre, comme ouvrier mécanicien ajusteur. Envoyé en juillet 1917 aux établissements Paulet de Marseille (Bouches-du-Rhône), il fréquenta la Bourse du Travail où il manifesta des idées avancées, libertaires et pacifistes. « Il ne tarde pas à prendre de l’autorité au sein du syndicat des Métaux » explique le commissaire spécial de Marseille. En mai 1918, Desmoutier, qui logeait chez lui Flageollet représentant des grévistes de la Loire, tenta de provoquer des arrêts de travail. L’armée l’envoya travailler à Paris de septembre 1918 à février 1919. Il y partit avec sa future épouse, Madame Amblard, divorcée, militante du syndicat du Livre qui se confond semble-t-il avec Caroline Amblard. À Paris, Desmoutier se lia avec Raymond Péricat et le Comité de défense syndicaliste dont, de retour à Marseille, il créa un groupe et en assura le secrétariat. Il était secrétaire d’un « groupe communiste » dont les membres étaient munis de la carte du soviet. Ce groupe faisait de la propagande sous la forme de conférences, en faveur de la Révolution russe. Desmoutier participa notamment, le 25 mai 1919, à un grand rassemblement de 5 000 personnes dans la banlieue du Redon, au cours duquel Péricat prit la parole. Son groupe fusionna en août 1920 avec celui de Mangiavacca — voir ce nom —, sous le nom de comité des soviets, puis disparut le 14 octobre suivant.

Entre 1922 et 1924, il semble avoir été, avec Boisson, l’un des dirigeants de l’UDU des Bouches-du-Rhône, avant la prise en main de cette dernière par les communistes.

Il appela, au nom du bureau provisoire du Cartel de liaison des syndicats autonomes de la région du Sud-Est, avec Casanova et Basserlat, à manifester contre le général Castelnau en février 1925. Les termes provisoire et autonome paraissent laisser indiquer qu’une organisation syndicale avait donc survécu à l’élimination des anarchistes de l’UDU quelques mois plus tôt.

En 1936, Desmoutier, toujours métallurgiste, a fait l’objet d’une fiche de police. Il était cité, en juin, parmi les dix membres de la Fédération anarchiste de Provence. Il résidait alors au 19, rue d’Isly.

Marié à Marseille le 2 février 1929 avec Caroline Vallier, puis le 12 septembre 1940 avec Félicie Besse, il y mourut le 16 février 1956.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170269, notice DESMOUTIER Marceau, Lucien, écrit parfois DESMOUTIERS ou DESMOUSTIER par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 2 février 2015, dernière modification le 12 juillet 2021.

Par Antoine Olivesi

SOURCES : Arch. Nat. F7/12975, F7/13091. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/10802 et M 6/10812 ; XIV M 25/52 et 60. — Le Radical, 8 février 1925. — D. Moulinard, Le Parti communiste à Marseille... op. cit., d’après Le Petit Provençal des 27 avril et 12 juin 1919. — J. Bonnabel, Le mouvement ouvrier à Marseille... op. cit. — Notes de J. Girault et Guillaume Davranche. — État civil de Lille. — État civil en ligne cote 1 Mi EC 350 R 037, vue 414.

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