ROCHER Marguerite [née WEILL Marguerite]

Par Jacques Girault

Née le 23 avril 1900 à Paris (XVIIe arr.), morte le 12 février 1994 à Paris (XXe arr.) ; professeure ; militante pédagogique ; militante du SNES ; membre du Conseil supérieur de l’Éducation nationale.

Marguerite Weill était la fille de Georges Weill, alors professeur au lycée Carnot. Spécialiste du républicanisme et du saint-simonisme au XIXeme siècle, il termina sa carrière comme professeur à la faculté de Caen. Militant socialiste lui-même, il fut pendant longtemps une des sources pour l’histoire du socialisme. Bachelière en 1918, titulaire de la licence d’anglais (1920), d’un diplôme d’études supérieures (1921), elle fut reçue à l’agrégation d’anglais en 1923. Nommée professeur suppléante au lycée de jeunes filles de Caen (Calvados) en 1920-1921, puis aux lycées Louis le Grand et Janson-de-Sailly en 1923-1925, elle fut détachée à à l’université privée féminine Wellesley College (USA) en 1924 puis enseigna comme suppléante au lycée de Lille (Nord) en 1925.

Elle se maria en juillet 1926 à Paris (Veme arr.) avec Louis, André Rocher, professeur agrégé d’anglais aux lycées Lakanal à Sceaux puis Janson-de-Sailly. Le couple eut trois enfants dont des jumeaux.
En congé de maternité en 1927-1928, Marguerite Rocher enseigna au lycée d’Amiens (Somme) en 1928-1931 avant d’être mutée à l’annexe de Saint-Cloud du lycée La Bruyère de Versailles en 1931, puis aux lycées Molière à Paris et de Sèvres en 1934, nomination modifiée pour le seul lycée Molière en 1936. Repliée en 1940 au lycée de Montluçon (Allier), elle réintégra le lycée Molière en octobre 1944 et y enseigna jusqu’à sa retraite en 1966.

Sous le Front populaire, Marguerite Rocher participa aux essais de réforme de l’organisation de l’enseignement des langues. Privée de son emploi à la fin de 1940 comme juive, elle refusa de porter l’étoile jaune, elle fut internée politique à Drancy (Seine) puis à Léviathan (Belgique) du 21 juillet 1943 au 24 avril 1944, mesure décidée par l’occupant allemand.

Après la guerre, elle participa aux innovations pédagogiques dans l’enseignement des langues et plus largement de l’enseignement secondaire comme chef d’équipe de deux classes nouvelles dans son lycée en 1955-1956. En rapport avec les syndicats d’enseignants, elle écrivait des articles dans des revues pédagogiques et littéraires et participa à des traductions d’œuvres anglaises et américaines. Militante de l’Association des professeurs de langues vivantes, elle organisait des voyages scolaires et participait à des réunions pédagogiques en Grande-Bretagne invitée par des associations pédagogiques britanniques à partir de 1947. Elle devint la présidente de l’APLV en 1959. Elle participa à des stages dans le cadre de l’UNESCO dans divers pays européens.

Marguerite Rocher militait au Syndicat national de l’enseignement secondaire. Elle fut élue membre titulaire du Conseil de l’enseignement du second degré de 1946 à 1966 et siégea comme titulaire au Conseil supérieur de l’Éducation nationale à partir de 1955. Dans la séance du CESD du 29 juin 1959, elle s’opposa à l’introduction d’épreuves de langues vivantes dans le projet de création du concours de l’agrégation de Lettres modernes, craignant la mise en cause des agrégations spécialisées de langues vivantes. Elle fut présentée sur les listes du SNES aux élections à la commission paritaire nationale des professeurs agrégés en 1952 et en 1958, sans être élue.

Elle fut enterrée dans le caveau familial au Père Lachaise.

Son mari, Louis Rocher, publia, selon la dizaine de références du fichier de la BNF, des recueils de poésies, des ouvrages d’auteurs anglais. Il associa son épouse comme éditeur scientifique dans deux livres aux éditions Didier en 1948 (Henry James, Daisy Miller : a study et Oliver Goldsmith, She stoops to conquer or the Mistakes of a night.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170281, notice ROCHER Marguerite [née WEILL Marguerite] par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 février 2015, dernière modification le 12 avril 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 17795, 28783.— Arch. IRHSES. — Clémence Cardon-Quint, Des lettres impures ?, http://histoire-education.revues.org/2299. — Renseignements transmis par la fille de l’intéressée — Notes d’Alain Dalançon et de Sarah Al-Matary.

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