ROJAT Jean [ROJAT Louis, Jean]

Par Alain Dalançon

Né en 1928 ; professeur agrégé d’histoire ; militant du SNPEN, secrétaire pédagogique puis général (1969-1971)

Jean Rojat fut scout durant sa jeunesse. Il entra à l’École normale supérieure de garçons de Saint-Cloud en 1949, section lettres. Reçu à l’agrégation d’histoire, il enseignait à l’École normale d’instituteurs du Cher à Bourges et habitait dans cette ville, 20, rue du Commandant Charcot.

Il militait au Syndicat national des professeurs d’écoles normales d’institutrices et d’instituteurs, se reconnaissant dans la majorité « autonome ». En 1967, il entra au bureau national sur la liste conduite par Henri Rogniaux, secrétaire général depuis 1957, et fut chargé de la commission pédagogique.
Lors de la réunion du BN du 6 juin 1968, il assura le secrétariat de la séance et il s’abstint sur la poursuite de la grève demandée par la majorité des sections syndicales (S1) consultées, au motif que les objectifs de cette poursuite n’avaient pas été discutés et que la décision devait revenir à la FEN.

À l’élection du BN de décembre 1968, nécessitée par la démission de ses membres « Unité et Action », Jean Rojat fut réélu sur la liste « autonome » toujours conduite par Henri Rogniaux. Mais ce dernier échoua à sa réélection et ne put être reconduit comme secrétaire général que grâce au désistement de deux élus autonomes.

En avril 1969, suite à la mise en minorité du rapport d’activité de la majorité, Henri Rogniaux dut démissionner. Jean Mounolou proposa alors au nom des élus « autonomes », Jean Rojat pour lui succéder comme secrétaire général. Après des tractations avec les élus U-A, son élection fut votée à l’unanimité avec Jean Haremza comme secrétaire de la commission pédagogique.

La direction du SNPEN, dans un climat apaisé, put ainsi se présenter unie dans les négociations avec le ministre de l’Éducation nationale Edgar Faure. Ainsi, selon le témoignage d’Haremza, le 6 mai 1969, fut négociée la décision de ne plus préparer le baccalauréat dans les ENI et d’en faire de véritables centres de formation des maîtres, préparant les futurs instituteurs en deux années après le baccalauréat obtenu en lycée. Cette avancée dans le domaine de la formation initiale fut complétée par la mise en place de la formation continue des instituteurs titulaires et celle accélérée des instituteurs remplaçants. Le SNPEN obtint également du successeur d’Edgar Faure, Olivier Guichard, en janvier 1970, une modification essentielle de la nature du service des professeurs d’ENI, tenant compte du caractère particulier de leur travail : 6 heures forfaitaires décomptées dans leur service hebdomadaire pour leurs interventions sur le terrain. Le ministre implanta aussi à la demande pressante du syndicat une école normale dans chaque nouveau département de la région parisienne.

En mai-juin 1970, lors des nouvelles élections au BN, à la suite d’une année de travail en commun fructueux, Jean Rojat fut tête de la liste « Union pour un programme commun » avec Jean Haremza. Cette liste obtint la majorité (53,6%), face à la liste « Unité, Indépendance et Démocratie » toujours conduite par Henri Rogniaux, entraînant un changement décisif d’orientation, à l’époque où d’autres syndicats nationaux de la FEN (SNES, SNEP et SNESup) venaient de connaître la même évolution.

Pour des raisons de santé et des problèmes familiaux, Jean Rojat démissionna de sa responsabilité et du BN, le 28 juin 1971. Miaud (professeur à La Rochelle) le remplaça au bureau, tandis qu’Aubert, militant U-A, assura l’intérim du secrétariat général avant les élections de mars 1972 où Jean Tanguy*, également U-A, fut élu secrétaire général.

Il poursuivit son enseignement à l’ENI de Bourges tout en apportant sa collaboration à l’élaboration de brochures et d’expositions itinérantes au Centre départemental de documentation pédagogique du Cher et en étant chargé du service éducatif aux Archives départementales du Cher. Il était en effet militant pédagogique, persuadé de l’utilité de confronter les élèves aux documents pour enseigner l’histoire. Il expliqua sa méthodologie dans l’interview qu’il donna à la revue du Groupement français d’éducation nouvelle en 1999, en précisant « qu’un enseignant ne pouvait pas faire abstraction de son engagement politique », qu’il y avait « nécessité du lien entre engagement politique, position de l’historien, position de l’enseignant », « prise de position politique ne signifiant pas forcément militantisme béat dans un parti politique », « mais toujours dans une relation de liberté (…) et de respect mutuel dans la classe ».

Durant les deux dernières années de sa carrière, il enseigna à l’Institut universitaire de formation des maîtres de Lyon (Rhône) au début des années 1990.

Il était marié avec Madyse Pibaret qui décéda en octobre 2012 et fut inhumée au cimetière de la Guillotière à Lyon ; ils avaient quatre enfants, Marie-Odile, Pierre, Françoise et Isabelle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170387, notice ROJAT Jean [ROJAT Louis, Jean] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 5 février 2015, dernière modification le 29 mars 2021.

Par Alain Dalançon

ŒUVRE : Agriculture et agriculteurs XVIIIe-XXe siècles, Berry/Centre régional de documentation pédagogique, 1978. — À l’école au temps de Jules Ferry, dossier documentaire, CDDP du Cher, 1981. – La Vigne dans le Cher, exposition itinérante, janvier 1982-juin 1984, préparée avec Brigitte Perrichon, Geneviève Bailly, CDDP du Cher, 1982. —
Estampes populaires de la Révolution française, avec Jean-Yves Ribault, CDDP du Cher, 1988. — Participation à l’organisation de l’exposition, Les indiennes de Bourges : toiles imprimées du XVIIIe siècle, Musée du Berry, Ville de Bourges, 30 janvier-12 mai 1991, Maison de la culture de Bourges, 30 janvier-11 mars 1991, Musée des beaux-arts, Ville d’Angers, 21 septembre-31 décembre 1991.

SOURCES : Arch. IRHSES (Bulletins de la FEN et du SNPEN). — « Ce que l’on sème risque de lever… », interview de Jean Rojat le 21/04/1999 à Craponne (69), par Maria-Alice Médioni, in « Devoir de mémoire, travail d’histoire », Dialogue, n° 93, été 2000, p. 43-46. — Témoignage d’Eliane Cosserat. — Notes de Jacques Girault.

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