WATTEAU Louis.

Par Jean Puissant

Maulde (département du Nord, France), 1er octobre 1824 − Ixelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 3 octobre 1912. Médecin militaire, ami et disciple d’Auguste Blanqui, réfugié en Belgique.

Louis Watteau est l’aîné d’une famille de sept enfants. Il devient médecin militaire. Il quitte l’armée par esprit républicain après le 2 décembre (1851) et s’établit à Lille (département du Nord). Il conspire contre l’Empire et est condamné en janvier 1854 à cinq ans de prison à Belle-Ile-en-Mer (département du Morbihan). À sa sortie de prison, menacé, il s’exile définitivement à Bruxelles où il devient un médecin aisé, malgré les accusations d’exercice illégal de la médecine, proférées par certains « aimables » confrères.

Devenu socialiste à Belle-Ile au contact d’Auguste Blanqui avec qui il se lie d’amitié et commence à le soigner, Louis Watteau est, durant plus de dix ans, le meilleur ami de « l’enfermé ». Il l’héberge à plusieurs reprises à Bruxelles.
En effet, lorsque Blanqui est à son tour libéré fin août 1859, il trouve refuge chez Watteau. Ils publient ensemble en 1859-1860 le Bien-être social. En même temps, Watteau rédige Quatre ans à Cayenne à partir des notes du forçat François Attibert*, et sa brochure de 1859, Blanqui devant les Révélations historiques, signée R... (le nom de famille de la mère de Watteau était Roseau), répond à l’ouvrage de Louis Blanc*.

Écrivain politique, Louis Watteau est aussi l’auteur de romans (Au village est publié en 1865 dans le Candide) et d’ouvrages d’art.

En mars 1861, Auguste Blanqui est de nouveau arrêté à Paris et se voit condamné à quatre ans de prison. C’est à Louis Watteau que Karl Marx* transmet en décembre le montant d’une collecte effectuée en sa faveur parmi les exilés allemands de Londres. Durant toute cette période, Watteau continue d’assister Blanqui, lui rendant même visite dans sa prison, en dépit des risques encourus. Ils entretiennent une abondante correspondance aujourd’hui éditée, s’intéressant « surtout au mouvement révolutionnaire français et même européen » (voir BARTIER J., p. 331). Le 27 août 1865, Blanqui s’évade de l’hôpital Necker et gagne aussitôt le domicile de Watteau en Belgique à la recherche d’un asile sûr. Celui-ci, « tout en évitant les manifestations tapageuses qui auraient nui à sa carrière médicale, et attiré sur lui l’attention de la police, entretient d’étroites relations avec les proscrits fixés à Bruxelles et les socialistes belges et reste en contact épistolaire avec les milieux avancé de Suisse et d’Angleterre (voir BARTIER J., p. 332). La rupture, à l’initiative de Blanqui, est aussi brutale que leurs relations ont été intenses pendant quinze années.

C’est chez Louis Watteau, qui le soigne jusqu’à sa mort, que Gustave Tridon, un des principaux communards blanquistes, trouve refuge après la chute de la Commune en 1871. Watteau signe dans La Liberté du 4 septembre 1871, un compte rendu des discours prononcés lors des funérailles.

À consulter également CORDILLOT M., « WATTEAU Louis », dans Site Web : maitron.fr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170411, notice WATTEAU Louis. par Jean Puissant, version mise en ligne le 5 février 2015, dernière modification le 16 juillet 2020.

Par Jean Puissant

SOURCES : Lettres familières d’Auguste Blanqui et du Dr Louis Watteau, présentées et annotées par Maurice Paz, Institut historique de Provence, Marseille, 1976 − BARTIER J. ,« Léon Fontaine, Joseph Paz et l’Association fédérative universelle de la démocratie. Compléments », dans Libéralisme et socialisme au XIXe siècle. Études rassemblées et publiées par Guy Cambier, Éditions de l’ULB, Bruxelles, 1981 − SARTORIUS F., « Les amis de Saint-Josse-ten-Noode. À propos de quelques relations qu’Auguste Blanqui entretint avec la Belgique durant les années 1850-1860 », Les Cahiers bruxellois, t. XXVII, (1985-1986).

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