ROSMORDUC Jean, François

Par Jacques Girault

Né le 24 février 1937 à Saint-Segal (Finistère) ; professeur d’Université ; militant du SNESup ; militant communiste dans le Finistère.

Photo parue dans le site.
Photo parue dans le site.

Fils d’instituteurs d’opinions de gauche, Jean Rosmorduc fut seulement baptisé. Élève de l’école publique puis du cours complémentaire de Châteauneuf-du-Faou, du lycée de Brest (1951-1955), bachelier, puis élève de Mathématiques supérieures, il obtint une licence et un troisième cycle (optique ultrahertzienne) de Physique à la Faculté des sciences de Bordeaux (1955-1962). Boursier du Commissariat à l’énergie atomique (1962-1963), il devint maître-assistant dans le cadre de la coopération à la faculté des sciences d’Alger (1963-1965). Ingénieur contractuel de recherches au Centre national d’études des télécommunications à Lannion (Côtes-d’Armor) en janvier-septembre 1966, il entra, en octobre 1966, comme assistant de physique au collège scientifique universitaire devenu faculté en 1967 puis Université de Bretagne-Occidentale à Brest. Il choisit en 1968 de se spécialiser dans l’histoire des sciences et des techniques. Après avoir travaillé dans le cadre d’une thèse de troisième cycle sur le physicien Aimé Cotton (1971), il soutint une thèse de doctorat d’Etat à Brest en 1980 publiée en 1983 sous le titre La Polarisation rotatoire naturelle, de la structure de la lumière à celle des atomes. A l’université de Brest, il participa à la mise en place des nouveaux diplômes à partir de 1973, y enseigna la physique et l’histoire des sciences, s’attacha tout particulièrement à la formation des enseignants, notamment après la création des Institut universitaire de formation des maîtres. Il fut directeur-adjoint de l’IUFM de Bretagne de 1991 à 1996. Après avoir été maître-assistant puis maître de conférence, il obtint un poste de professeur en 1990 qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1999.

Jean Rosmoduc fut un des fondateurs, en 1977, des Cahiers d’histoire et de philosophie des sciences. Dans les années 2000, vice-président de l’association “Science-Technologie-Société“, il participa à la création du salon du livre d’Histoire des Sciences et des Techniques d’Ivry (Val-de-Marne) et dirigea la collection “Inflexions“ d’histoire des sciences (éditions Adapt, en co-édition avec Vuibert puis Hermann).

Jean Rosmorduc se maria en décembre 1963 à Brest avec une bibliothécaire-documentaliste dans l’enseignement secondaire, fille d’un vigneron du Médoc, employé à la Sécurité sociale. Le couple eut deux enfants.

Jean Rosmorduc, membre de l’Union nationale des étudiants de France, fut le vice-président de l’Association générale des étudiants de Bordeaux (1960-1962). Il adhéra en janvier 1964 à Alger au Syndicat national de l‘enseignement supérieur et fut membre du bureau de la section syndicale. Il fut membre de la CGT au CNET. Secrétaire de la section syndicale de l’Université depuis 1967, il exerçait des responsabilités dans la commission administrative à majorité “Action syndicale“ depuis le début des années 1970 et les conserva pendant une trentaine d’années. Il fut élu au conseil national des universités dans la section « Epistémologie et histoire des sciences et des techniques ».

Jean Rosmorduc vota pour la première fois “Non“ au référendum de l’automne 1958 fondant la Cinquième République. Membre de l’Union des étudiants communistes depuis 1960, alors partisan de la désertion, un des fondateurs des cercles laïques d’étudiants, il adhéra au Parti communiste français en 1963 et, après une interruption pendant son séjour en Algérie, reprit sa carte à Lannion. A Brest, membre du comité de la section communiste, il entra au comité de la fédération communiste et au secrétariat fédéral en 1968. Quand la fédération se scinda en deux fédérations, il resta, en 1972, membre du secrétariat de la fédération du Nord-Finistère, responsable des intellectuels jusqu’à la réunification de l’organisation départementale du PCF. En 1977, hostile au ralliement du Parti à la force de frappe, puis à l’approbation de l’intervention soviétique en Afghanistan, au nucléaire civil, il cessa d’adhérer au PCF en 1984 avec la majorité des membres de sa cellule. Il coordonna la campagne de Pierre Juquin en 1987-1988 lors de l’élection présidentielle. Il réadhéra peu de temps après 1994 puis demeura sympathisant communiste et lecteur de l’Humanité.

Jean Rosmorduc fut le suppléant du candidat communiste aux élections législatives dans la première circonscription de Brest en 1968, en 1973. Candidat sur les listes d’union de la gauche à direction socialiste aux élections municipales de Brest en 1971 et, de 1977 à 1983, il fut élu. Parmi ses principales actions, il défendit le projet d’une “Maison de la mer“, futur “Océnanopolis“. Soutenu par les amis de Pierre Juquin, il fut candidat aux élections cantonales en 1988.

Militant de la Ligue de l’enseignement, Rosmorduc y défendit de façon constante la culture scientifique.

En 2015, il habitait avec son épouse à Toulouse (Haute-Garonne) où sa fille travaillait.

Iconographie : Photo parue dans le site vers 2000.
Rosmorduc et Jack Ralite, avec le conservateur du musée de Brest (1977).
Rosmorduc en 1977.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170453, notice ROSMORDUC Jean, François par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 février 2015, dernière modification le 7 mars 2015.

Par Jacques Girault

Photo parue dans le site.
Photo parue dans le site.

Iconographie : Photo parue dans le site vers 2000.
Rosmorduc et Jack Ralite, avec le conservateur du musée de Brest (1977).
Rosmorduc en 1977.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Site Internet « Histoire et patrimoine de l’UBO. Recherche et Humanités numériques ». — Presse syndicale.

ŒUVRES : Le fichier de la BNF comprend 27 références dont plusieurs ouvrages en collaboration et {Une histoire de la physique et de la chimie}, Le Seuil, coll. « Points Sciences »,‎ 1985. — {Matière et Énergie}, Messidor/Scanéditions,‎ 1991. — et avec Ahmed Djebbar, {Une histoire de la science arabe : Introduction à la connaissance du patrimoine scientifique des pays d’islam}, Le Seuil, coll. « Points Sciences »,‎ 2001. — avec Ahmed Djebbar et Gabriel Gohau, {Pour l’histoire des sciences et des techniques}, Hachette Education, coll. « Ressources Formation »,‎ 2006. —.- Avec V. Rosmorduc et F. Dutour, {Les Révolutions de l’Optique et l’œuvre de Fresnel}, Paris, Adapt-Vuibert, 2004.

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