ROUILLET Louis, Auguste, Jean, Alexandre

Par Jacques Omnès

Né le 21 août 1912 à Marigné-Peuton (Mayenne), mort le 2 mars 1976 à Laval (Mayenne) ; instituteur ; secrétaire général de la section mayennaise du SNI en 1938.

Son père exerçait la profession de garde-chasse au château de la Valette, à Villiers-Charlemagne (Mayenne). Il sortit de l’École normale d’instituteurs de Laval en 1931 avec le brevet supérieur. Après avoir exercé pendant plusieurs années comme instituteur à Cossé-en-Champagne, il vint en 1952 à Laval où il termina sa carrière.

En octobre 1935, Louis Rouillet entra à la commission des jeunes qui venait d’être recréée, réunissant des adhérents du syndicat des membres de l’enseignement laïque, de la section mayennaise du Syndicat national et des non-syndiqués. À l’assemblée générale de fusion du 3 décembre 1935, il fut élu au titre des ex-confédérés à la commission administrative de la section lors des élections pour le renouvellement annuel de la moitié de la CA (3 ex-unitaires et 5 ex-confédérés). Un peu plus d’un an après, au conseil syndical du 7 janvier 1937, Georges Mourtiau qui venait d’être battu par René Sauleau à l’élection au poste de secrétaire général, démissionna sur le champ de son poste de secrétaire adjoint et fut remplacé par Rouillet. Ce dernier accepta également la charge de secrétaire à la propagande et devint membre de la commission des jeunes. Le mandat de Rouillet fut renouvelé en janvier 1938, non plus en assemblée générale, mais par un vote où chaque canton (pour Rouillet : Meslay-du-Maine) eut à élire son propre représentant à la CA.

La commission administrative se réunit le 13 du même mois pour réélire son bureau. René Sauleau, secrétaire général en poste, qui avait obtenu 6 voix au premier tour, refusa le renouvellement de son mandat et demanda que l’on ne vote pas pour lui au second tour. Rouillet fut alors élu par 13 voix contre 2 à Henri Mitard. Il conserva ses responsabilités au sein des commissions propagande et jeunes et entra au comité de lecture du bulletin syndical. La section comptait alors 580 adhérents. Le 24 mars 1938, Rouillet vint protester, à Paris, près du ministre de l’instruction publique, contre la réintégration en Eure-et-Loir d’une institutrice, Mademoiselle Weiss, chassée de la Mayenne sur décision du conseil départemental unanime, pour non-respect de la neutralité scolaire, mais le ministre refusa de revenir sur sa décision.

Tous les élus de la tendance “École émancipée“ ayant démissionné de leurs responsabilités au bureau de la section après leur mise en minorité à l’assemblée générale du 30 juin 1938, Rouillet essaya, avec 11 autres “majoritaires“ de dénouer la crise. Ils lancèrent, dans La Voix Syndicale, un appel aux adhérents proposant une modification des statuts destinée à recentrer les activités de la section et expliquant la nécessité de recréer un syndicat vivant, appuyé sur une commission administrative plus restreinte et sur la masse du personnel.

Lors de la préparation de la grève générale du 30 novembre 1938, Rouillet qui n’en était pas partisan, refusa de se rendre à Paris, mais figura néanmoins parmi les signataires de l’appel à la grève lancé aux instituteurs mayennais. Après avoir reçu des menaces de sanctions de la part de l’administration, Rouillet ne prit pas part au mouvement et libéra de toutes consignes les syndiqués par télégramme. Le jour même, il démissionna de son poste de secrétaire général.

Le 13 décembre 1940, Louis Rouillet fut sanctionné par le préfet pour activités extra-scolaires illicites, comme les autres signataires de l’appel à la grève, et déplacé d’office.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170506, notice ROUILLET Louis, Auguste, Jean, Alexandre par Jacques Omnès, version mise en ligne le 8 février 2015, dernière modification le 8 février 2015.

Par Jacques Omnès

SOURCES : Arch. Dép. Mayenne, La Voix Syndicale. — Archives de l’École normale d’instituteurs de Laval. — DBMOF 1914-1939.

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