ROULLEAU Maurice [ROULLEAU Charles, Maurice]

Par Jacques Girault

Né le 5 juillet 1913 à Toulouse (Haute-Garonne), mort le 10 janvier 2010 à Muret (Haute-Garonne) ; instituteur en Haute-Garonne ; militant du SNI.

Fils d’un représentant de commerce en tissus qui était aussi professeur de solfège au conservatoire, Maurice Roulleau, dont la mère était tailleuse, reçut une éducation religieuse et se détacha de la religion à l’adolescence. Élève de l’école primaire supérieure Berthelot à Toulouse, il entra à l’École normale d’instituteurs de la ville en 1932 et, après son service militaire, devint instituteur à Aucamville en octobre 1936. Recommandé par son directeur d’ENI, il remplaça en 1937-1938 le professeur d’histoire-géographie pour enseigner ces matières à l’ENI d’Auch (Gers). En 1938, nommé instituteur-directeur à Nailloux (Haute-Garonne), commune faisant partie de la « Vendée catholique » du département, il y enseigna jusqu’au début des années 1950 puis occupa un poste d’instituteur à Toulouse jusqu’à sa retraite en 1968.

Il fut mobilisé et démobilisé (septembre 1939-juillet 1940).

À partir de 1940, son enseignement empruntait aux méthodes de Célestin Freinet : le texte libre, l’imprimerie, le fichier documentaire, les échanges scolaires. Vers les années 1950, il afficha des distances avec ces méthodes qui lui semblaient moins adaptées pour les élèves en difficulté.

À l’ENI, Maurice Roulleau adhéra au Syndicat national (CGT) devenu Syndicat national des instituteurs dans sa dernière année de scolarité. Il devint membre du conseil syndical de la section départementale du SNI en 1950 et en resta membre jusqu’en 1968, étant membre de son bureau de 1950 à 1963.

Politiquement, abonné à La Patrie humaine, il sympathisa avec le Parti socialiste SFIO jusqu’à la non-intervention pendant la guerre d’Espagne. Il se rapprocha des communistes mais demeurait hostile à la politique de « la main tendue » aux catholiques. Il adhéra au Parti communiste français à la Libération.

Bien qu’hostile à la participation des normaliens à la grève du 12 février 1934, il y participa et fut gréviste le 30 novembre 1938, isolé dans son village orienté à droite. Acquis au pacifisme, mais hostile aux accords de Munich, il était fortement antifasciste et fréquentait la librairie tenu par l’antifasciste italien Silvio Trentin qu’il hébergea pendant deux mois pendant la guerre. Il garda aussi chez lui, avec sa sœur Yvette Roulleau, jusqu’à la fin de la guerre la plus jeune fille juive Fanny Weinrib, après l’arrestation de son père, le 26 août 1942.

Après la guerre, Maurice Roulleau milita dans les rangs du PCF comme sa sœur. Ils furent retenus plus tard par l’association « Anonymes, Justes et Persécutés durant la période Nazie » qui décelait le « Justes parmi les Nations », titre accordé le 20 mai 1966 par Yad Vashem.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170531, notice ROULLEAU Maurice [ROULLEAU Charles, Maurice] par Jacques Girault, version mise en ligne le 9 février 2015, dernière modification le 28 mars 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Sites Internet de l’AJPN et du Comité français pour Yad Vashem. — Renseignements fournis par l’intéressé en 1975.

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