BOIS Raymonde [née SARTHOU Raymonde]

Par Jacques Girault

Née le 22 juillet 1899 à Toulouse (Haute-Garonne), morte le 20 septembre 1980 à Moutiers (Savoie) ; professeur agrégée de philosophie ; militante du SNES ; militante socialiste (SFIO, PSA, PSU) dans la Seine/Hauts-de-Seine ; conseillère municipale de Sceaux (Seine/Hauts-de-Seine).

Son père, Raymond Sarthou, protestant, né le 18 avril 1874 à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques), ancien élève de l’École normale supérieure (1893), agrégé des lettres (1896), était professeur au lycée de Toulouse (Haute-Garonne). Engagé comme simple soldat en 1914, sorti de l’école de Saint-Cyr en 1915, comme sous-lieutenant, il mourut en juillet 1918 à son domicile à Pau, des suites de ses blessures au front et fut reconnu mort pour la France.

Raymonde Sarthou fit ses études dans les autres villes d’affectation de son père dont Nîmes, Montpellier, Bordeaux, Pau. Elle réussit le concours d’entrée à l’école de céramique de Sèvres en octobre 1918, mais renonça au bout de six mois pour s’inscrire à la Faculté des lettres de Bordeaux. Elle poursuivit ses études à la Sorbonne où elle obtint la licence (1921) et un diplôme d’études supérieures (1922) de philosophie, tout en passant des certificats de sciences physiques.

Elle se maria en septembre 1923 à Bosdarros (Basses-Pyrénées) avec Jacques Bois*, qui venait d’être reçu à l’agrégation de philosophie en 1923. Le couple eut trois enfants.

Raymonde Bois commença par enseigner les Lettres comme professeur licenciée suppléante au lycée de filles de Moulins en 1926. Après son succès à l’agrégation de philosophie en 1929, elle complétait son service d’enseignement en philosophie par des heures en langues anciennes. Le couple obtint sa mutation pour Cahors (Lot) en octobre 1931. Au lycée de jeunes filles, elle organisa en 1933 une bibliothèque de lectures philosophiques. Son mari rencontrant l’hostilité violente de parents d’élèves fut déplacé. Parmi les propositions de postes, elle refusa le lycée de Saint-Quentin puisque son mari n’avait pas de poste dans la ville mais elle accepta une nomination au lycée de jeunes filles Guist’hau à Nantes (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) en janvier 1934 puisqu’il y avait un poste pour son mari au lycée de garçons. Son mari affronta en 1935-1936 une violente campagne de la droite locale.

Elle et son mari étaient épris de justice sociale et avaient des convictions de gauche qui ne se démentirent jamais. Protestants progressistes, ils étaient proches du journal Évangile et Liberté et du pasteur pacifiste Henri Roser. Ils restèrent attachés à la maison familiale achetée par le père de Jacques Bois, à Malons (Malons-et-Elze, Gard), dans le haut-pays cévenol protestant.

Raymonde Bois, admise dans le cadre parisien, ne put se rapprocher de la capitale car son mari ne l’était pas et était depuis 1933, l’objet de campagnes de presse à Cahors et à Nantes qui correspondaient avec des inspections peu favorables. Elle refusa ainsi une nomination pour le lycée de jeunes filles du cours de Vincennes créé en 1937. Finalement mutée au lycée Fénelon pour la rentrée d’octobre 1939, elle fut maintenue en poste à Nantes au début de la guerre et obtint un poste au lycée Marie Curie à Sceaux en 1941, où elle enseigna jusqu’en 1957.

Elle se montrait hostile au « bachotage », ce qui lui attira des remarques des parents et de sa directrice en 1946. Les rapports successifs de toute origine la désignaient comme un professeur compétent, « mais un peu bohème ». Mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères, le couple alla enseigner en 1957-1958 au Maroc, elle au lycée Mohamed V à Marrakech. Puis elle retrouva son poste au lycée Marie Curie, tandis que son mari enseignait au lycée Lakanal. Ils prolongèrent leur activité en repartant enseigner en Tunisie aux lycées de Sfax (1963-1964) puis de Carthage (1964-1965).

Membres du Parti socialiste SFIO, ils adhérèrent au Parti socialiste autonome, puis au Parti socialiste unifié. Ils suivirent en cela Édouard Depreux, maire de Sceaux dont Raymonde Bois fut conseillère municipale en 1953, réélue en 1959. Ils visitèrent la Yougoslavie de Tito en tandem durant les vacances.

Elle militait au Syndicat national de l’enseignement secondaire. Élue en 1946 membre titulaire du Conseil de l’enseignement du second degré sur la liste du SNES, elle fut réélue en 1950 et en 1954. Dans L’Université syndicaliste du 25 février 1948, elle avait signé l’appel « Pour un Syndicalisme indépendant » préconisant l’affiliation du SNES à la CGT-FO. Elle affichait un soutien aux analyses de “L’École émancipée", et, avec sa fille Jacqueline Bois, elle signa un article dans L’Enseignement public sous le titre « Pédagogie et humanités".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17057, notice BOIS Raymonde [née SARTHOU Raymonde] par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 11 octobre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17/28088. — Arch. mun. Sceaux (Gilles Morin). — Origine et chronique de la famille Bois-Fridel, malons.free.fr/Les_ancetres_famille_bois. — Nicolas Mariot, « Pourquoi les normaliens sont-ils morts en masse en 1914-1918 ? Une explication structurale », Pôle Sud, 2012/1, n° 36, p. 9-30. — Fiche de Raimond Sarthou, Base des Morts pour la France de la Première Guerre mondiale. — Jacques Bois, « Enquête sur la Crise du Pacifisme, Réponse de M. Jacques Bois », Paix par le Droit, 44,2 (février 1934), p. 74-77. — Notes d’Alain Dalançon.

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