BOISSEL Paul, Martin

Par Loïc Le Bars

Né le 21 mai 1895 à Sanilhac (Ardèche), mort le 13 décembre 1988 à Saint-Privat (Ardèche) ; instituteur ; militant du Syndicat unitaire de l’enseignement de l’Ardèche puis du SNI.

Fils d’un instituteur et d’une couturière, Paul Boissel, qui fut seulement baptisé, fit ses études au cours complémentaire de Largentière (1906-1908) puis à l’école primaire supérieure (1908-1911) d’Aubenas (Ardèche) puis, de 1911 à 1914, à l’École normale d’instituteurs de Privas. Il effectua une quatrième année à l’École normale de Lyon (1914-1915). Il combattit pendant deux ans et demi au front dans les Chasseurs alpins et, après sa démobilisation en mai 1919, participa à la fondation de la Fédération ardéchoise de l’Association républicaine des anciens combattants, qu’il quitta dès 1922 lorsque le congrès fédéral se prononça pour l’orientation impulsée par Henri Barbusse et Vaillant-Couturier (voir Jules Thomas, René Mandrant). Le 14 septembre 1918 à Saint-Laurent-du-Pape (Ardèche), Paul Boissel épousa Marthe Maisonneuve, institutrice, fille d’un sous-ingénieur des Ponts et Chaussées en retraite, avec laquelle il eut cinq enfants. Il devint instituteur adjoint délégué à l’EPS de Bourg-Saint-Andéol en octobre 1919 pour enseigner les sciences et les mathématiques. Mais il n’y resta pas et occupa, avec son épouse, un poste double à Mercuer, à quelques kilomètres d’Aubenas où il occupa pendant dix-huit ans les fonctions de secrétaire de mairie. Il anima une coopérative scolaire et créa une amicale laïque avec son épouse.

Membre du syndicat unitaire de l’enseignement de l’Ardèche, Paul Boissel, cousin germain de Jean Boissel, en assura le secrétariat de la section départemental de 1921 à 1923. Il se rangea par la suite dans la minorité proche de la Ligue syndicaliste de Pierre Monatte mais n’en continua pas moins à occuper, à plusieurs reprises, le poste de secrétaire pédagogique dans des bureaux dirigés par des partisans de la majorité fédérale. Il contribua à ce titre à la diffusion des méthodes de Célestin Freinet dans son département à partir de 1929. Il participa à de nombreux congrès de la Fédération unitaire de l’enseignement. Contrairement à la plupart de ses camarades de la ligue syndicaliste, il refusa de rejoindre le Syndicat national des instituteurs en 1932 et resta fidèle à la Fédération. De 1933 à 1935, il fut le seul représentant de sa tendance à son conseil fédéral. Après la réunification syndicale au sein du SNI qu’il vécut comme délégué au congrès, il rejoignit les rangs des amis de l’École émancipée qui continuèrent à diriger la section de ce syndicat jusqu’en 1939. Il contribua avec Gilbert Serret à la création de l’Union locale CGT de cette ville en 1936. Par la suite, il participa activement à tous les combats laïques et pacifistes qui précédèrent le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale ; il avait fondé dans son village une section pacifiste. Il fut gréviste le 30 novembre 1938. Il fut mobilisé à Avignon pendant deux mois en septembre 1939.

En 1943, suite à une dénonciation, Boissel fut déplacé d’office par le gouvernement de Vichy. En congé de longue durée pour raisons médicales, il ne rejoignit pas son poste. Il fut réintégré à Mercuer en 1945. L’année suivante, il partit en retraite et s’installa à Ucel, toujours à proximité d’Aubenas. Il appartenait toujours à l’École émancipée mais n’exerça plus aucune responsabilité en son sein. Il écrivit un certain nombre d’articles dans cette revue dans lesquels il réaffirmait sa fidélité à l’héritage syndicaliste révolutionnaire de sa jeunesse : « Le syndicat se forge lui-même sa propre doctrine, l’adaptant sans cesse aux fluctuations économiques et aux nécessités de la lutte quotidienne » (L’École émancipée, 25 janvier 1958). Il continua à militer dans les organisations pacifistes et notamment dans le Comité national de résistance à la guerre et à l’oppression qui éditait dans les années 1950 La Voix de la paix.

Son fils Jacques Boissel déposa dans les années 1980 une partie de ses archives au Centre de recherches d’histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme, devenu Centre d’histoire sociale du XXe siècle de l’Université de Paris I.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17075, notice BOISSEL Paul, Martin par Loïc Le Bars, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 6 janvier 2022.

Par Loïc Le Bars

SOURCES : Arch. Nat., F17/23 567. — L’Émancipation, bulletin de la section ardéchoise du syndicat de l’enseignement. — Le Réveil populaire, 1936-1937. — Renseignements fournis par l’intéressé, son fils Jacques Boissel et Jacques Girault.

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