BOISSIER Henri

Par Jacques Macé

Né le 29 juillet 1891 à Paris (XIe arr.), mort le 27 décembre 1967 à Draveil (Essonne) ; instituteur ; maire socialiste de Draveil (Seine-et-Oise, Essonne).

Henri Boissier fut élevé dans le climat de la Revanche. Il se destina à la profession d’instituteur, ce « hussard de la République » de l’époque. Mais, appartenant à la classe 1911, il fit partie des jeunes gens qui après trois années de service militaire, se retrouvent mobilisés en 1914. Il ne fut libéré qu’en 1919 après neuf ans passés sous les drapeaux, ayant participé à la campagne d’Orient (Dardanelles, Roumanie) avec le grade de lieutenant d’infanterie. Après la guerre, il devint instituteur à Alfortville (Seine, Val-de-Marne) puis à Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) où se déroula toute sa carrière jusqu’en 1946. Il adhéra au Parti socialiste en 1923 et devint responsable de la section SFIO de Maisons-Alfort, puis de celle de Draveil, commune où il résida à partir de 1931. Aux élections municipales de Draveil en 1935, il fut élu tête de liste socialiste et participa minoritairement à la municipalité de Front populaire, à majorité communiste et dirigée par le maire Léon Bru.

Rappelé pour la campagne 1939-1940, il s’engagea ensuite dans la Résistance, fonda et dirigea le secteur local de Libération-Nord de 1942 à la Libération. Chef de file des conseillers représentant Libération-Nord au conseil municipal de Draveil en septembre 1944 après l’exécution par les résistants de l’ancien maire communiste Léon Bru, il s’engagea pour la durée de la guerre. En mai 1945, il fut capitaine, officier de la Légion d’Honneur à titre militaire, titulaire de la Croix de Guerre 39-45 avec palme d’argent (trois blessures et quatre citations) et de la médaille de la Résistance.

Élu au conseil municipal de Draveil en 1945, réélu en 1947 et, bien que la SFIO soit minoritaire, il fut alors nommé maire en faisant alliance avec le RPF et le MRP. Il fut choisi en raison de sa forte personnalité et de son opposition déclarée au PCF. Il fut réélu dans les mêmes conditions en 1953, mais battu par un gaulliste en 1959. Pendant ses douze années de magistrat municipal, il eut la lourde charge de réparer les dégâts de la guerre et de l’occupation, de remettre en état le patrimoine communal laissé à l’abandon et de faire face, déjà, à la forte croissance de la population draveilloise.

Puis, de 1959 à son décès le 27 décembre 1967 à Draveil, il consacra son énergie aux activités de l’Amicale laïque. Il fut également le fondateur du Centre aéré municipal, dont de nombreux enfants assistèrent à ses obsèques à Draveil.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17078, notice BOISSIER Henri par Jacques Macé, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 15 août 2009.

Par Jacques Macé

SOURCES : Documents recueillis à Draveil par Jacques Macé. — La Gazette de l’Île-de-France, n° 345, 2 janvier 1968.

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