ROUVIÈRE Pierre, Louis

Par Jacques Girault

Né le 4 octobre 1906 à Saint-Laurent-d’Aigouze (Gard), mort le 11 juillet 1965 à Cahors (Lot) ; professeur ; résistant ; membre de la délégation municipale de Cahors à la Libération.

Fils d’un cultivateur-viticulteur et d’un mère au foyer, grand blessé de guerre, invalide (70 %), Pierre Rouvière fut élève-maître à l’École normale d’instituteurs de Nîmes (Gard). Nommé instituteur à Saint-Gilles (Gard), il occupa son poste un mois en octobre 1926 puis suivit des études supérieures. Il effectua son service militaire en 1929-1930 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) puis il fut détaché pour enseigner pendant un mois au lycée de Coblence (Allemagne). Inscrit à la faculté des lettres de Montpellier (Hérault), il obtint des certificats de licence (Histoire moderne et contemporaine en 1927, Littérature française en 1928, Géographie générale en 1928). Licencié d’enseignement primaire supérieur en 1928, il bénéficia par équivalence de la première partie du professorat. En 1931, il obtint un diplôme pour pouvoir enseigner la gymnastique (spécialité athlétisme). En 1937, après avoir réussi au baccalauréat (série Philosophie), il obtint en 1938 à la Faculté de Toulouse le certificat d’histoire du Moyen Age, achevant ainsi sa licence ès lettres.

Pierre Rouvière enseigna dans les écoles primaires supérieures d’Angoulême (Charente) de mai à juillet 1930, de Joinville (Haute-Marne) à partir de la rentrée 1930, de Toucy (Yonne), où son poste fut supprimé par un décret-loi de 1932, puis au cours complémentaire de Toucy en 1934. Il retrouva un poste en EPS à Bourges (Cher) en 1936 puis à Cahors en 1937. Il décida alors de préparer l’inspection primaire.

Mobilisé en août 1939 dans les chasseurs alpins, Pierre Rouvière se maria en juillet 1943 à Fumel (Lot-et-Garonne) avec Simone, Suzanne, Marie Vergnol, née le 15 novembre 1922 à Libos (Monsempron-Libos depuis 1958, Lot-et-Garonne), future institutrice suppléante, déclarée sans profession lors du mariage, fille d’un mécanicien-garagiste. Le couple eut deux fils.

Pierre Rouvière participa à la Résistance à partir du 30 mai 1941. Il aidait les élèves membres du groupe « Étudiants au combat » de Cahors qui comprenait Simone Vergnol, sa future épouse. Responsable de l’Armée secrète à Cahors à partir de l’été 1943, succédant à Florian, il présida la fusion avec les FTPF à la fin de 1943. Pendant le premier semestre 1944, torturé par la Gestapo, il obtint 78 jours de congés, bénéficiant de la bienveillance de son chef d’établissement. Arrêté le 17 juin 1944, il s’évada du train pour la déportation en Allemagne, près de Lunel (Hérault), et se blessa à la tête par la suite alors qu’il regagnait le maquis.

À la Libération, Pierre Rouvière fit partie du comité local de Libération de Cahors comme représentant des Mouvements unis de Résistance. Le 25 août 1944, il fut désigné pour participer aux commissions de l’Instruction publique (commission scolaire et caisse des écoles, inspection et d’achat de livres de la bibliothèque municipale), des fêtes et des sports, du théâtre. Il fut aussi désigné deuxième délégué pour assurer l’administration générale de la mairie (état civil, personnel, rationnement, finances, places, marché des travaux publics, sports, surveillance des bâtiments communaux, abattoir, cimetière, service d’incendie, théâtre municipal). Ces délégués étaient également chargés des questions relevant de l’agriculture. Il dirigea aussi les commissions d’épuration administrative et des confiscations. Au cours de la séance du 12 octobre 1944 du CLL, il fit décider de donner à une salle du lycée Gambetta le nom de Callet, maître d’internat au lycée pendant trois ans, tué au combat face aux Allemands.

Militant du Mouvement de Libération nationale, détaché au Comité départemental de Libération en novembre 1944, Pierre Rouvière ne fit pas partie de la délégation spéciale installée à Cahors, le 18 janvier 1945 et ne fut pas élu en mai 1945. Après la démission de 15 édiles dont le maire et les adjoints, aux élections municipales générales du 10 juillet 1949, candidat en 20e position, sur la "Liste d’union républicaine et Résistante et de défense des intérêts communaux" présentée par le Parti communiste français, il obtint 1 285 suffrages exprimés et signes préférentiels sur 5 448 votants. Il fut à nouveau candidat aux élections municipales du 26 avril 1953 en 21e position sur la "Liste d’union ouvrière et démocratique de défense des intérêts communaux, dans la Paix, la liberté et l’indépendance nationale", présentée par le PCF. Dans sa présentation, figurait « ex-chef de l’armée [en minuscule dans le texte, JG] secrète du Lot ». Avec 1 834 suffrages, il se retrouvait en neuvième position sur la liste. Il ne fut pas candidat en 1959.

Pensionné pour invalidité à 60 puis 80 %, Pierre Rouvière reprit un poste de professeur au collège de Cahors. À nouveau en congé de 1954 à 1957 à la suite des séquelles des tortures subies, il fut nommé professeur de lettres au lycée de Saint-Céré (Lot) en 1957 et fut en congé de 1961 à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article170894, notice ROUVIÈRE Pierre, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 24 février 2015, dernière modification le 27 mars 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., F17 28572. — Arch. Mun. Cahors (Patricia Girardi), 1 D 39-41,102-110, 1 K 5, 7-10, 88, 91. — Notes de sa petite-fille, de Robert Brachet et d’Alain Dalançon. — Divers sites Internet dont www.quercy.net/ghistorique/resistance.~— Ombres et Espérances en Quercy, (Mémoire et espoirs de la Résistance), Gourdon, Éditions de la Bouriane, 1999.

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