BOISSONNET Henri

Par Jacques Girault

Instituteur ; militant syndicaliste de l’enseignement primaire en Algérie.

Henri Boissonnet, qui ne se confondait pas avec Georges, Henri Boissonnet, professeur, était instituteur à l’école de garçons de la rue Volta à Alger. Présenté comme secrétaire général de la fédération générale de l’enseignement en Afrique du Nord, il fut nommé dans la commission de réforme de l’enseignement créée par le commissaire et futur ministre de l’Éducation nationale René Capitant en janvier 1944, qui comprenait un seul instituteur et cinq autres enseignants. En accord avec ses camarades, il refusa de participer aux travaux de la commission, mais Capitant et les communistes les poussèrent à accepter. Entre autres, il se déclara partisan du monopole de l’enseignement avec la suppression des établissements privés. Son projet d’une formation identique pour les professeurs et les instituteurs fut repoussé.

Secrétaire de la section d’Alger et de la fédération Nord-africaine du Syndicat national des instituteurs lors de sa reconstitution, il représentait ses camarades lors de la réunion du Conseil national du SNI les 18-19 juillet 1945. Il fit partie de la commission chargée de rédiger la motion corporative. Le 28 décembre 1945, lors du congrès du SNI, il intervint dans la discussion du rapport moral estimant qu’il négligeait la question coloniale et il annonçait que sa section et celle de Maroc s’abstiendraient de le voter. Le bureau national du SNI, le 14 avril 1946, le désigna comme rapporteur pour le congrès de Grenoble sur les questions coloniales. Boissonnet ne présenta pas ce rapport laissant cette tâche à Thomas Ibanez, délégué d’Oran. Le 26 juillet, il le commenta, s’associa à son contenu mais souhaita "qu’une petite place fut faite dans la motion à l’œuvre magnifique accomplie par les instituteurs en Algérie". Le 16 octobre 1947, il signait dans L’École libératrice, un article titré "La lutte contre l’analphabétisme en Algérie". En 1948, il était secrétaire général de l’Union algérienne de l’éducation nationale.

Après l’arrivée en Algérie du nouveau gouverneur général Marcel-Edmond Naegelen, Henri Boissonnet devint son conseiller. Désormais il soutint les positions de l’administration parfois contre celles du syndicat. Mais il parvint à protéger l’ancien secrétaire du syndicat de Constantine, René Champeaux et à faire admettre par le gouverneur général la revendication syndicale concernant l’indemnité de résidence.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17091, notice BOISSONNET Henri par Jacques Girault, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 28 mars 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Journal officiel, 29 janvier 1944. — Presse syndicale. — Sources orales. — Notes d’Alain Dalançon.

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