BOMAL Raymond, Joseph, Jean-Marie

Par Michel Dreyfus, Jeanne Siwek-Pouydesseau

Né le 25 octobre 1899 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 11 septembre 1971 à Saint-Nazaire ; militant syndicaliste de Loire-Inférieure ; secrétaire général de la Fédération CGT puis FO des services publics et de la santé.

Fils d’un manœuvre, Raymond Bomal fut sous-chef de bureau à la mairie de Saint-Nazaire. Longtemps secrétaire du syndicat CGT des employés et ouvriers municipaux de Saint-Nazaire, Raymond Bomal fut secrétaire du syndicat départemental des services publics et, au moins de 1927 à 1936, secrétaire de la 3e Région CGT des services publics (Loire-Inférieure, Morbihan, Finistère, Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord, Sarthe, Vendée, Maine-et-Loire). Il était aussi membre du bureau départemental de Loire-Inférieure du Cartel des services publics. En 1936, il représenta le syndicat départemental du personnel communal de Vendée au congrès national de la CGT tenu à Toulouse.

Lors du congrès de la Fédération CGT des services publics et de santé tenu à Bordeaux en 1938, il fut élu au bureau fédéral. D’orientation confédérée, il signa, au nom de sa Fédération, la résolution adoptée par la majorité du bureau de la CGT le 18 septembre condamnant le Pacte germano-soviétique et appelant à la rupture avec ceux qui le soutenaient. Mobilisé le 1er février 1940, fait prisonnier le 19 juin, il fut libéré (classe 1919) le 31 juillet 1941. Il reprit ses activités de secrétaire permanent le 15 septembre 1941 et signa jusqu’en 1943, avec Bonnac* et Jayat*, les circulaires fédérales hebdomadaires. En effet, ni le statut des fonctionnaires, ni la Charte du Travail ne s’appliquaient à la majorité des personnels de la fédération. Le bureau fédéral resta donc en contact avec les pouvoirs publics jusqu’en 1943. Raymond Bomal participa à la Résistance et, à partir de 1943, ayant repris contact avec les unitaires, il put réaliser l’unité de la Fédération à la Libération.

Il fut désigné secrétaire général de la Fédération en mars 1945 lorsque le bureau fut modifié et complété. Puis, il fut parmi les confédérés qui exprimèrent des réserves devant le fait que des militants de la CGT participent aux élections municipales tenues les 29 avril et 13 mai 1945. Lors du congrès de la Fédération tenu les 25 et 26 avril 1947, il fit état de certaines observations et critiques avancées par les unitaires, tout en défendant l’orientation confédérée. Ensuite, il soutint constamment Léon Jouhaux et Robert Bothereau dans leur lutte contre les unitaires de la CGT. Il estima que le « redressement » de la CGT était possible, lors de la conférence nationale tenue les 8-9 novembre 1947. Toutefois, à l’issue de cette conférence, il siégea à la commission d’organisation de Force ouvrière.

Le 8 janvier 1948, lors d’une réunion du conseil national de la Fédération CGT des services publics, René Kunkel (Bas-Rhin) présenta une motion apportant un soutien appuyé à Raymond Bomal, Adolphe Gisselaire, Charles Bossis, René Herbillon pour l’action menée par la fédération depuis novembre 1947. Cette motion obtint 12 voix ; une abstention fut enregistrée ainsi que 10 refus de vote.

Puis, un vote eut lieu sur le maintien ou non de la fédération à la CGT. Le résultat fut le suivant : 11 voix pour le maintien, 8 "contre" et 5 abstentions. Le divorce fut alors consommé entre les deux tendances. Une commission fut mise en place pour la dévolution des biens.

Le lendemain, Raymond Bomal devint à partir de 1948 le premier secrétaire de la Fédération Force ouvrière des services publics et de la santé, dont la quasi-majorité avait cependant décidé de rester à la CGT. Aussi la Fédération Force ouvrière connut des débuts difficiles avant de se réclamer d’un chiffre important d’adhérents dans les années 1970-1980. Le 31 décembre 1957, Raymond Bomal fut remplacé à la tête de la Fédération par Jacques Bonnore*.

Raymond Bomal siégea aussi à la commission exécutive confédérale de Force ouvrière de 1948 à 1959, au Comité exécutif de l’Internationale des services publics ainsi qu’au Conseil économique et social où il représenta la CGT puis Force ouvrière de 1947 à 1964.

Raymond Bomal, qui s’était marié à Saint-Nazaire en mai 1920 avec Émilienne Cloto, prit sa retraite dans sa région d’origine, la Loire-Atlantique. Fin 1957, ou tout début 1958, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur. Il mourut brutalement le 11 septembre 1971 à Saint-Nazaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17114, notice BOMAL Raymond, Joseph, Jean-Marie par Michel Dreyfus, Jeanne Siwek-Pouydesseau, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 19 mai 2012.

Par Michel Dreyfus, Jeanne Siwek-Pouydesseau

SOURCES : Archives de la Fédération, CGT : congrès de Toulouse, mai 1946. — Archives de la Fédération Force ouvrière : déclarations à la Préfecture. — Archives de la Fédération des Services publics et de santé CGT et Force Ouvrière. — Circulaires fédérales, 1942-1944. —.-R. Bomal, « Que les critiques soient objectives. Au congrès des services publics de la Région parisienne », Résistance, aujourd’hui Force ouvrière, n° 70, 1er mai 1947. — Compte rendu du congrès confédéral de la CGT d’avril 1946, hebdomadaire de la CGT-FO, 15 janvier 1948, 14 juillet 1949, 9 janvier 1958, 22 septembre 1971. — Comptes rendus des congrès confédéraux de Force Ouvrière de 1948 à 1959. — Denis Lefebvre, 19 décembre 1947. Force ouvrière, Édition Bruno Leprince, 1997. — Jeanne Siwek-Pouydesseau, Les syndicats des fonctions publiques au XXe siècle, Paris, Berger-Levrault, 2001. — Gérard Adam, La CGT-FO, Armand Colin, FNSP, 1965. — Colloque Les syndicats sous la botte, décembre 2005.— Notes d’Éric Belouet. — État civil. — Notice Raymond Bomal, par Claude Geslin, dans le DBMOF. — Notes de Louis Botella.

ICONOGRAPHIE : Force ouvrière, n° 619, 9 janvier 1958.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément