GUILLOZET Jean, Charles

Par Annie Pennetier

Né le 5 février 1924 à Croismare (Meurthe-et-Moselle), fusillé le 8 mars 1944 à Sévrier (Haute-Savoie) par les Groupes mobiles de réserve (GMR) ; boulanger ; résistant FFI.

Fils de Eugène Guillozet et de Marie Thérèse Ferry, artisans boulangers à Croismare,commune voisine de Lunéville, Jean Guillozet était le deuxième de cinq enfants. Domicilié 5 place Saint-Jacques à Lunéville (Meurthe-et-Moselle), il quitta sa Lorraine natale pour échapper au Service du travail obligatoire (STO) .
Il rejoignit la Haute-Savoie où il entra dans la Résistance. Sous-lieutenant FTP, commandant de la compagnie d’Évian, il fut arrêté le 28 février 1944 par le policier milicien Pierre Fillon près de la mairie d’Évian.
Jean Guillozet fut condamné à mort par la cour martiale de l’État français qui se tint le 8 mars 1944, à Annecy, à la villa Mary, centre de commandement des forces françaises du maintien de l’ordre. Le 8 mars, après avoir été torturés, cinq résistants furent passés par les armes par un peloton de Groupes mobiles de réserve GMR près des fours à chaux à Sévrier ; les exécutions précédentes à Annecy ayant ému et indigné la population annécienne. Parmi eux, Jean Guillozet.
Reconnu « Mort pour la France » le 26 avril 1946, le nom de Jean Guillozet est inscrit à Lunéville sur le monument aux morts et sur la plaque aux résistants FFI, ainsi que sur celle des onze fusillés de Sévrier, route de Leschaux - A la mémoire des fusillés (tous ont subi des tortures du S.A.C à l’intendance 3 A.S et 8 F.T.P.F)- "Ces onze patriotes tombèrent sous les balles des traîtres à la patrie 6 mars/avril 1944" .
Le 8 mars 1944, André Bos, François Rastaldo,Lauro Tassile et Ferrero Tavanti ont été fusillés avec Jean Guizollet.

Il a été inhumé dans le caveau familial dans le cimetière de Chanteheux (Meurthe-et-Moselle) d’où ses parents étaient natifs.

Voici la dernière lettre écrite à ses parents et sa famille :

[Sans date]
Chère maman, chère grand’mère,
Chers frères et sœurs,
C’est d’une main ferme et le cœur, bien solide que je vous écris. De la peur, aucune, juste de la tristesse de partir sans pouvoir vous embrasser. Oui, car voilà dix minutes, je viens d’apprendre que je vais être fusillé. Pourquoi ? Pour avoir été trop Français.
Je vous dis adieu. Ne pleurez pas inutilement. Que Jacques et Bernard soient bien sages. Qu’ils se conduisent en bons Français. Moi, j’ai payé de ma vie, j’ai payé la part de toute la famille à la France. Je pense que dans quelques temps, vous serez tous heureux.
Et toi, chère maman chérie, du courage. Tu sais, il m’en faut. Mais toi, sois raisonnable. Pardonne-moi si je t’ai fait de la peine. Pense à moi, mais sans révolte, sois fière.
Tu sais, petite maman, je t’aime beaucoup. Mon plus grand désir serait de me sentir serré dans tes bras comme quand j’étais petit, mais enfin n’en parlons plus.
Je vous quitte tous, petite maman,chère grand’mère, Odette, Malou, Bernard et Jacques, en vous serrant bien fort contre mon coeur, et en vous embrassant bien affectueusement .
Dans deux heures, je ne serai plus, mais je serai mort en bon Français
Un qui vous aime, Jean

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171194, notice GUILLOZET Jean, Charles par Annie Pennetier, version mise en ligne le 18 avril 2016, dernière modification le 15 avril 2020.

Par Annie Pennetier

SOURCES : AERI-Haute-Savoie, Fonds Michel Germain. – Lettres de fusillés, Éditions France d’abord, 1946, p. 103 . — Mémorial GenWeb. — État civil de Croismare.

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