CHUET Gaston, Léon

Par Daniel Grason

Né le 22 décembre 1907 à Dole (Jura), exécuté sommairement le 20 août 1944 par les Allemands dans une douve du fort de Vincennes (Paris, XIIe arr.) ; marqueur comptable, commis expéditeur, brigadier de la police municipale ; FFI.

Fils de Léon Chuet, brigadier poseur au chemin de fer, et de Léontine Carisez, garde barrières, Gaston Chuet obtint son CEP à l’âge de douze ans, après une année de cours supérieur, il entra dans une école professionnelle où il suivit des cours de la section préparatoire à l’École des Arts et Métiers pendant trois ans. La mort brutale de son père interrompit ses études, il entra le 1er avril 1924 à l’entreprise Drouard frères 4 square Georges-Lesage en qualité de marqueur-comptable, il y resta jusqu’à son départ au service militaire le 10 mai 1928. Incorporé dans le 21ème Régiment d’infanterie à Mayence (Allemagne), il suivit les cours du Peloton des élèves caporaux, fut nommé caporal puis caporal-chef. Le 4 octobre 1929 il fut libéré de ses obligations militaires.

La librairie Hachette 79 boulevard Saint-Germain l’embaucha le 18 décembre en qualité de commis expéditeur. Il postula à un poste, à la préfecture de police, où il fut embauché le 26 février. Il écrivit le lendemain une lettre de motivation. Il soulignait que lors de son service militaire il s’efforça « d’être toujours discipliné, d’obéir à [ses] chefs ». Il considérait la fonction de gardien de la paix comme « un métier honorable entre tous, un gardien de la paix est considéré, respecté. C’est lui qui est chargé de maintenir l’ordre et de veiller à la sécurité générale, il assure le respect et le respect de la loi ».

Gaston Chuet s’était marié le 11 mai 1933 avec Yvonne Damende à Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), où il demeurait 64 bis avenue du Tremblay. Affecté au commissariat du IVe arr. de Paris, il fut nommé brigadier. Pendant la guerre il ne fit partie d’aucun mouvement de résistance.

En 1944, son épouse partit à Champoux par Marchaux dans le Doubs à une date inconnue. Le 19 août vers 21 heures quand il regagna après son service son domicile habillé en civil et accompagné de son collègue Charles Bardon, avec pour mission de prévenir le responsable de l’arrondissement de l’arrivée de camions militaires allemands vers l’Hôtel de Ville, les deux hommes furent arrêtés par des soldats allemands entre la gare de Lyon et la place de la Bastille.

Gaston Chuet portait son arme de service sur lui et sa carte de réquisition. Transféré au château de Vincennes, il fut passé par les armes le lendemain dans une douve du fort de Vincennes. Son corps fut retrouvé le 27 août dans une fosse commune. Son inhumation eut lieu le 30 août au cimetière de Vincennes à Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne). Du fait de la guerre, sa femme ne fut informée de la mort de son mari qu’après le 10 octobre 1944.

Le brigadier Gaston Chuet fut considéré comme « une victime du devoir » par la préfecture de police. Son nom figure sur la plaque commémorative du commissariat du IVe arr., sur celles de Vincennes, sur la liste des Morts pour la Libération de Paris au Musée de la Police, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, Ve arr. et sur le monument aux morts de Champigny-sur-Marne.

Le brigadier Gaston Chuet fut considéré comme « une victime du devoir » par la préfecture de police, homologué FFI. Son nom figure sur la plaque commémorative du commissariat du IVe arr., sur celles de Vincennes, sur la liste des Morts pour la Libération de Paris au Musée de la Police, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, Ve arr. et sur le monument aux morts de Champigny-sur-Marne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171199, notice CHUET Gaston, Léon par Daniel Grason, version mise en ligne le 21 avril 2015, dernière modification le 31 janvier 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 8. – Bureau Résistance : GR 16 P 130528. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – Site internet GenWeb. — État civil.

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