BON Léon

Par Antoine Olivesi

Né le 27 juillet 1875 à Bessèges (Gard), mort le 2 octobre 1965 à Jouques (Bouches-du-Rhône) ; apprenti ferblantier, employé, représentant de commerce puis commerçant ; secrétaire de la fédération SFIO des Bouches-du-Rhône (1906-1909, 1919-1929) ; conseiller municipal de Marseille (1908-1912, 1919-1929) ; conseiller général des Bouches-du-Rhône (1924-1944) et président du conseil général (1931-1945) ; sénateur des Bouches-du-Rhône (1931-1945).

[Sénat]

D’origine cévenole, Léon Bon était le fils d’un voyageur de commerce et d’une ménagère. Il fréquenta l’école communale jusqu’au Certificat d’études puis fut apprenti ferblantier, de quinze à dix-huit ans à Saint-Geniers-de-Malgoires. Il s’engagea ensuite dans l’armée dont il fut libéré en 1897, année où il vint rejoindre à Marseille son frère aîné qui militait dans les cercles socialistes de la ville et qui fut peut-être candidat sur la liste socialiste révolutionnaire conduite par Bernard Cadenat contre Flaissières aux élections municipales de mai 1895. Un Bon figure en effet sur cette liste sans mention de prénom, de même que sur un rapport de police du 24 avril 1896, sous la profession de liquoriste, dans le groupe « Le Phare social », aux côtés de Cadenat.

Léon Bon, quant à lui, travailla à Marseille comme employé municipal puis comme représentant de commerce, consacrant ses loisirs à des lectures et à des réunions publiques - souvent contradictoires - où il s’imposa très vite par une éloquence populaire naturelle véritablement remarquable.

Aux élections législatives de 1898, il fit partie du Comité électoral de Bernard Cadenat dans la deuxième circonscription de Marseille et en fut le président, quatre ans plus tard, au scrutin de 1902. Il soutint également les grèves locales et, en particulier, celles de gens de mer.

En 1906, il fut, avec une équipe de jeunes militants, l’un des promoteurs de l’unité socialiste dans les Bouches-du-Rhône. Il était, depuis 1898, membre d’un cercle socialiste qui s’appelait précisément « le Cercle de l’Unité », et dont le siège était situé rue Curiol à Marseille. Son propre témoignage est confirmé à ce sujet par celui de Félix Gouin. Il fut élu secrétaire de la première Fédération unifiée, poste qu’il occupera jusqu’en 1909. Cette unification, il l’entreprit contre beaucoup d’élus socialistes, et, en mars 1906, il réclama, au comité national du Parti socialiste unifié, à Paris, des sanctions contre ces élus réticents qui gardaient des relations avec la Fédération autonome. Organisateur remarquable, il contribua activement à la création des sections et sous-sections SFIO de Marseille et du département, et représenta sa Fédération aux congrès nationaux de Limoges, en 1906, de Nancy, en 1907 et de Toulouse, en 1908.

Au cours de cette dernière année, il présida le congrès fédéral du PSU à Marseille, le 16 février 1908, et fit adopter la décision de former des listes de coalition avec des candidats non unifiés pour mieux combattre la municipalité de droite Chanot qui occupait alors l’hôtel de ville. Il dut menacer de donner sa démission pour faire accepter cette politique ; sa résolution obtint 24 mandats contre 15 et 2 abstentions et des listes minoritaires, se réclamant d’un véritable programme ouvrier, socialiste et révolutionnaire, se formèrent à côté des listes officiellement patronnées par la Fédération.

Léon Bon fut candidat lui-même, avec Cadenat, dans la troisième section correspondant aux quartiers et banlieues populaires du nord de Marseille et fut élu. En définitive, sa tactique permit aux socialistes et à leurs alliés de remporter la moitié des sièges dans toute la ville.

Le 18 octobre 1910, une élection partielle ayant donné une majorité d’une voix aux socialistes, Cadenat devint maire de Marseille et Léon Bon fut élu onzième adjoint. Il siégea à la mairie jusqu’en mai 1912. Au cours de son mandat, il intervint pour que la CGT, à qui on avait refusé de tenir son congrès à la Bourse du Travail pût obtenir satisfaction. Il élabora et fit adopter par le conseil municipal un statut garantissant au personnel municipal la stabilité de l’emploi, le premier du genre, en France, selon sa déclaration.

En 1909, lors d’une élection législative partielle, il soutint Fernand Bouisson contre le candidat SFIO, Crémieux (le fils de Gaston Crémieux), malgré l’avis de Jaurès. Bouisson fut élu puis adhéra à la SFIO. Mais cette élection provoqua une crise au sein de la Fédération des Bouches-du-Rhône : mis en minorité dans le bureau fédéral, Léon Bon, malgré le soutien de la plupart des élus socialistes locaux, démissionna le 1er mars de ses fonctions de secrétaire général.

Aux élections municipales du 5 mai 1912, Léon Bon fut battu avec toute la liste socialiste où il arriva en dernière position, avec 24 909 voix sur 95 478 inscrits. Ce résultat était l’indice d’une « mauvaise réputation » qui s’attachait déjà à son nom et qui le poursuivra tenacement au cours de sa longue carrière politique, dans une partie de l’opinion publique pour qui il demeurait « l’ex-joueur de saquet de la rue Thubaneau » (cf. L’Ami du peuple du 20 juin 1925). « L’homme au saquet... issu des bas fonds » écrit, par ailleurs, le périodique communiste Rouge-Midi, en 1934, entre autres citations et allusions dont certaines sont à la limite de la diffamation. Par ailleurs, un rapport de police concernant sa vie privée, daté du 13 mars 1920, fait allusion à un événement de fâcheuse publicité : il fut grièvement blessé, en octobre 1910, d’un coup de revolver, rue de la République, où il demeurait, par sa femme, laquelle « faisait jouer du gibier au panier dans un bar » (rapport cité), et qu’il avait abandonnée pour vivre avec sa maîtresse.

En nous reportant à la presse de l’époque, nous devons tout d’abord rectifier une erreur : ce fait-divers se situe non en 1910, mais le 27 octobre 1911. « Il était 9 h 45. Vers cette heure, d’ordinaire, M. Léon Bon quitte le confortable appartement qu’il habite depuis quelques mois au numéro 35 de la rue de la République pour se rendre au numéro 79 de la même rue dans les bureaux d’une nouvelle société financière qu’il dirige, l’Internationale Commission Agency ». (Le Petit Marseillais, 28 octobre 1911). Léon Bon fut effectivement blessé, par deux balles de revolver, mais sans gravité. Sa femme, après une discussion animée, dans la rue, avait tiré cinq fois sur lui mais il avait pu la désarmer. Selon sa déclaration à la police, Aglaé Bon, née Goirand, rappela qu’elle avait vécu maritalement, pendant quatre ans avec Léon Bon, puis qu’elle l’avait épousé en 1907, et qu’ils avaient vécu des jours difficiles. Mais au moment où Bon, devenu conseiller municipal, voyait sa situation s’améliorer, il abandonna son épouse pour vivre avec une jeune cousine de cette dernière. Après dix mois de séparation, menacée d’être expulsée de son appartement, la femme de Léon Bon, devant le refus de celui-ci de lui venir en aide, « perdit la tête, sous les yeux de sa rivale accoudé au balcon et fit feu de toutes les cartouches que contenait son revolver ».

Lors de la confrontation, le 9 novembre, Léon Bon et sa maîtresse donnèrent une version différente des faits, le premier affirmant qu’il payait régulièrement une pension alimentaire à sa femme - avec laquelle, ajouta-t-il - la vie était devenue impossible, la seconde niant avoir nargué sa cousine du balcon de son domicile.

Quoi qu’il en soit, cette affaire influença, quelques mois plus tard, aux élections municipales, le comportement de beaucoup d’électeurs.

Mobilisé en 1914, Léon Bon fit la guerre avec les soldats de sa classe. En 1919, il fut candidat aux élections municipales sur la liste Flaissières à Marseille et fut élu quatrième adjoint délégué à l’octroi et aux pompiers. Le rapport de police confidentiel du 13 mars déjà cité ajoute « qu’il s’occupe d’affaires commerciales [...] qu’il a de l’influence par son talent de parole et un commerce agréable [...] que sa réputation laisse quelque peu à désirer dans les milieux politiques et surtout ouvriers et on le considère comme peu scrupuleux [...], qu’il suivra sans enthousiasme la ligne du Parti socialiste unifié... ». Sur ce dernier point, on peut dire qu’en 1919-1920, Léon Bon ne fit certes pas partie de ceux qui alors, dans les Bouches-du-Rhône, représentaient dans la fédération, une majorité favorable à la IIIe Internationale. En revanche, après le congrès de Tours, Léon Bon, qui fut de nouveau, et pour dix ans, jusqu’en janvier 1929, secrétaire de la Fédération SFIO, fit encore preuve de ses qualités d’organisateur et on lui doit d’avoir surmonté les défections communistes et rebâti une Fédération socialiste puissante dans les Bouches-du-Rhône. Au congrès départemental de 1929, il établit son bilan : 66 sections au lieu de 18 en 1921, 6 000 adhérents au lieu de 871. « C’est grâce à lui que la Fédération de Bouches-du-Rhône occupe une des premières places dans le Parti » écrit Compère-Morel dans l’Encyclopédie socialiste (p. 78). En février 1923, Léon Bon fut délégué au congrès national de Lille et en présida une séance. En août 1925, il accueillit les mille délégués de l’Internationale socialiste qui tint alors son congrès à Marseille.

Ces progrès de la SFIO furent facilités, surtout à Marseille, par la domination socialiste au conseil municipal. En effet, Léon Bon, réélu conseiller municipal - mais après avoir été l’un des rares candidats à être mis en ballottage au premier tour - fut élu premier adjoint de Flaissières et exerça, en fait, les fonctions de maire, ce dernier siégeant le plus souvent au Luxembourg. Selon le témoignage d’un adversaire politique, François Giudicelli*, « il aurait soufflé l’écharpe de premier adjoint à Clément Lévy, pourtant sans reproches », et élu en tête avec Flaissières. À toutes les campagnes électorales, notamment en 1924, 1925 et 1929, la droite et l’extrême gauche accuseront Léon Bon à la fois d’incapacité, de gaspillage, de collusion entre la politique et les affaires. « Léon Bon, politicien qui a ruiné la ville » écrit Massalia le 1er décembre 1928. « Le millionnaire Léon Bon » - ainsi est-il qualifié par l’Eclaire de Montpellier du 6 mai 1932. La gestion de Léon Bon et d’un certain nombre d’autres édiles aurait inspiré à Marcel Pagnol sa célèbre pièce Topaze. Dans une série d’articles consacrés à Léon Bon à partir du 15 septembre 1934, Rouge-Midi, par la plume de Léger Tarnat, accusait Léon Bon d’avoir, en effet, constitué avec Costes et Sabiani, un trio de Topazes qui s’enrichit rapidement grâce au renouvellement des conventions, à partir de 1920, entre la ville de Marseille et les compagnies du gaz, de l’électricité, des tramways ainsi que la Société des eaux. Léon Bon, quant à lui, protesta toujours vigoureusement contre les calomnies dont il était la victime et qui le poursuivaient encore en 1937, lors des élections cantonales.

Chacun lui reconnaissait, par ailleurs, pour un homme sans grande instruction, une très grande intelligence, une éloquence limpide, une exceptionnelle facilité de parole, avec l’art de clarifier et d’expliquer, que l’on put constater de la simple réunion publique jusque, plus tard, aux commissions du Sénat. Outre ses talents d’organisateur et de tacticien politique, il possédait une grande facilité d’assimilation, avec une certaine tendance, cependant, à se laisser aller à la facilité, voire à la paresse (Massalia, 15 juillet 1931).

Les attaques dont il était l’objet - justifiées ou non - expliquent la persistance de la défaveur qui se manifesta à maintes reprises dans l’opinion publique lors de diverses consultations électorales. Ainsi fut-il battu, en 1919 puis en 1922, aux élections pour le conseil général dans le canton de Trets par Auguste Baret, n’ayant obtenu, en 1922 que 770 voix. Il échoua de même aux élections législatives de 1924 dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône, le 11 mai, sur la liste du Cartel des gauches conduite par Henri Tasso. Il ne recueillit que 49 271 suffrages, pour 53 400 à Tasso et 51 553 de moyenne (sur 136 085 inscrits) à la liste où il fut encore classé dernier par les électeurs. De même, on l’a vu, fut-il mis en ballottage au premier tour des élections municipales de 1925.

Du moins avait-il pu se faire élire conseiller général du troisième canton de Marseille, le 3 août 1924, avec 2 065 voix sur 6 594 électeurs inscrits : « Victoire sur la calomnie », dira-t-il. Pourtant on l’accusera, en 1937, d’avoir provoqué la démission du conseiller en exercice, Saravelli pour lui prendre sa place. Au renouvellement normal de juillet 1925, Saravelli se présenta contre lui mais Léon Bon fut réélu avec 2 147 voix. Sa première élection, en 1924 fit l’objet, de la part de son concurrent radical, Stefani Martin, d’une protestation pour fraude, mais elle fut rejetée par le conseil d’État le 31 juillet 1925.

À la même époque, Léon Bon était très attaqué par la droite qui dénonça en lui l’un des instigateurs de la manifestation contre Castelnau. Lui-même déclara, le 6 décembre 1925, qu’il fallait lutter par la violence contre la violence fasciste. Vis-à-vis des communistes, Léon Bon s’opposa résolument au Front unique et au « noyautage » des sections SFIO par le PC : « C’est pour le parti, déclara-t-il le 6 juin 1926, une question de vie ou de mort ».

En 1928, après avoir envisagé de se présenter à la députation dans la cinquième circonscription de Marseille, il tenta finalement sa chance dans le Vaucluse et fut de nouveau battu, dans la circonscription d’Apt. L’année suivante, aux élections municipales de Marseille, il rompit avec Flaissières, se présenta sur la liste SFIO d’Henri Tasso et fut battu avec elle au premier tour. Là encore, il fut nettement classé en queue de liste avec 22 434 voix, pour 31 621 à Tasso, et 23 991 à l’avant-dernier, Antoni, sur 134 870 électeurs inscrits.

Barré par le suffrage universel, Léon Bon, qui avait été élu président du conseil général en 1929 et réélu en 1930, se présenta à une élection sénatoriale partielle consécutive au décès de Louis Pasquet, radical socialiste, et fut élu sénateur des Bouches-du-Rhône le 5 juillet 1931, au second tour, par 257 voix contre 202 à Louis Payan, radical-indépendant. Il fut réélu peu après, en octobre, conseiller général du troisième canton, avec 2 421 suffrages sur 6 652 électeurs inscrits, puis en octobre 1937 avec 4 215 voix sur 6 953, et de nouveau au Sénat le 23 octobre 1938, au second tour, avec 337 voix sur 504 votants. Jusqu’en 1938, il fut réélu, à l’unanimité, président du conseil général, fonction dont l’indemnité était de 60 000,00 F par an, selon Massalia (21 novembre 1931), autant que celle de sénateur. Désormais, les rapports préfectoraux ne tarissent plus d’éloges à son égard ; ils évoquent « son autorité, son ascendant sur ses collègues, ses rapports parfaits avec l’administration [...]. Il dirige avec maîtrise et tact les débats de l’Assemblée départementale » (rapport de janvier 1938). Un volumineux dossier aux Archives départementales témoigne de son influence, par les sollicitations dont il était l’objet de la part de nombreux organismes professionnels, économiques et sociaux de Marseille et du département. Son buste fut sculpté par Oscar Eichaker en 1934.

Au Luxembourg, Léon Bon, inscrit au groupe socialiste, fit partie de la commission de la Législation civile et criminelle et de celle de la Marine. Il déposa en 1932, une proposition de loi tendant à augmenter le nombre et à changer le mode d’élection des conseillers municipaux et des adjoints de la ville de Marseille.

Au sein du Parti socialiste, il fut membre du Conseil national et en 1927-1928 de la CAP élargie, pour la province. Il participa avec Léon Blum et Paul Faure au congrès international de Hambourg. Sur le plan départemental et local, son influence resta considérable, bien qu’il ait abandonné la direction de la Fédération départementale.

Au congrès fédéral extraordinaire d’Aix, le 9 avril 1933, il se prononça pour l’unité contre les partisans de Renaudel, Déat et Marquet. Mais il fut à son tour critiqué, en tant que président du conseil général, au congrès fédéral d’Istres, en mai 1934, la majorité des militants lui reprochant sa mollesse dans la lutte contre les décrets-lois. Léon Bon répondit sur place puis le 19 octobre suivant, en évoquant son œuvre au conseil depuis cinq ans et notamment les 12 millions obtenus par l’assemblée départementale (sur 58), en faveur des chômeurs, ainsi que les 170 millions votés pour les grands travaux. On lui reprochait aussi sa défiance à l’égard de l’unité d’action avec le PC C’est l’époque, on l’a vu plus haut, où ce dernier l’attaque violemment et lui oppose Rémy Roux* au moment où ce dernier conclut le pacte d’unité. Celle-ci étant réalisée, Léon Bon n’en conserva pas moins ses distances à l’égard des communistes. Ainsi, par exemple, il présida le comité de Fernand Bouisson, en 1936, et, au deuxième tour des élections législatives, le soutint contre le communiste Cristos, qui se réclamait du Front populaire. Bouisson ayant été cependant, après 1936, moins puissant dans le département, Léon Bon, tendit à devenir l’homme politique le plus important. Au congrès fédéral des Pennes-Mirabeau, en mai 1936 également, il intervint contre le « noyautage » communiste. « La volaille se mettra-t-elle, demain, d’elle-même à la broche ?... Le parti ne vivra que dans la mesure où il sera socialiste et non rassemblement populaire ». Délégué au congrès national, il manifesta son accord complet avec la motion Séverac - Paul Faure - Lebas.

Léon Bon reçut solennellement Séverac à Marseille, en mars 1937, lors de la remise du drapeau rouge à la 1re section et, d’une façon générale à l’intérieur de la Fédération des Bouches-du-Rhône, il défendit les positions de Paul Faure, avec lequel il se déclarait en parfait accord, depuis le congrès de Tours, ceci lors du congrès d’Aix, le 18 décembre 1938. Il voulait éviter les divisions à l’intérieur du parti et il se prononça contre « la politique de force » des partisans de Léon Blum, ne croyant pas, ajouta-t-il - « à une politique d’armements et de force ». Mais la motion favorable à Blum obtint, cependant, une légère majorité. De même au congrès fédéral d’Arles, le 21 mai 1939, il se prononça contre la discussion du rapport de Paul Faure pour éviter au Parti un nouveau drame, en évoquant l’unité de 1905 et la scission de 1920 qu’il avait vécues. Son éloquence fut pour beaucoup dans l’adoption d’une motion d’union par le congrès.

Au début de mai 1939, dans son discours d’ouverture de la session du conseil général, il avait protesté à propos de la mise en tutelle de Marseille, contre la violation des libertés municipales.

Le 6 novembre 1939, élu pour la dixième fois président du conseil général, mais non à l’unanimité, comme il le constata, avec regret, en temps de guerre, il prononça un discours très patriotique. Le 10 juillet 1940, il vota à Vichy les pouvoirs constituants au maréchal Pétain.

Après la Libération, il essaya vainement de s’opposer aux nouveaux dirigeants socialistes issus de la Résistance, Defferre et Leenhardt. Aux élections du 2 juin 1946, il soutint, dans les deux circonscriptions des Bouches-du-Rhône les listes RGR qui rassemblèrent en tout, 7 % des suffrages (15 000 environ), par rapport aux inscrits. En 1948, il devint secrétaire du RGR (Rassemblement des gauches républicains). En 1950, il fut nommé président du Parti socialiste démocratique. Trois ans plus tard, il échoua dans une élection municipale à Jouques, dans les Bouches-du-Rhône, où il avait une résidence secondaire.

Léon Bon se retira ensuite de la vie politique partageant ses séjours entre Marseille et Jouque où il mourut en 1965 et où il fut inhumé.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17123, notice BON Léon par Antoine Olivesi, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 10 novembre 2021.

Par Antoine Olivesi

[Sénat]

ŒUVRE : Articles dans Le Socialiste des Bouches-du-Rhône et dans Le Petit Provençal.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, II M2/13, 14 et 15 ; II M3/55, 56 et 57 ; III M/49, 52, 53, 54, 55, 56 (rapport préfectoral cité de janvier 1938) ; VM2/165 à 168, 218, 224, 225, 231, 245, 255 (rapport confidentiel cité du 13 mars 1920), 276 et 282 ; M 6/3400 — M 6/10802, rapports des 23 août et 7 décembre 1925 ; — M 6/10804, rapport du 7 juin 1926 ; — M 6 bis/13 (correspondance). — Le Petit Provençal, mai 1908, mai 1912 ; 11 et 19 décembre 1919 ; 15 mai 1922 ; 5 février 1923 ; 11 mai 1924 ; juillet-août 1924 (photo) ; 8 mai 1925 ; 20 juillet et 23 août 1925 ; 5 mai 1929, 6 juillet, 18, 19 octobre (photo) ; 28 et 29 octobre 1931 ; 10 avril, 14 mai et 19 octobre 1934 ; 4 septembre, 10 et 11 octobre 1937 ; 24 octobre et 19 décembre 1938. — Le Petit Marseillais, 28 octobre 1911 (photo) et jours suivants, 11 février 1925. — Le Radical, 17 mai 1925 (photo). — Marseille-Matin, 25 janvier 1932. — Rouge-Midi, 24 mars, 11 août, 15 septembre, 6 octobre 1934. — L’Éclair de Montpellier, 6 mai 1932. — Massalia, 1er décembre 1928 ; 16 mars et 13 avril, 11 mai et 8 juin 1929 ; 15 juillet et 21 novembre 1931. — Marseille socialiste, 25 février 1936, 30 mai 1936. — Provence socialiste, 12 mars 1937, 26 mai 1939. — Le Cri de Marseille, 15 octobre 1938. — L’Ami du Peuple, 20 juin 1925. — Le Provençal, 3 octobre 1965 (courte nécrologie et photo). — J. Jolly, Dictionnaire des parlementaires. op. cit. t II, p. 653 et 654. — Compère-Morel, Encyclopédie Socialiste. op. cit. p. 78. — Témoignage de Félix Gouin. — Renseignements fournis par Léon Bon lui-même en réponse au questionnaire.

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