TROLLIET René, Albert

Par Annie Pennetier, Michel Germain

Né le 28 mars 1920 à Publier (Haute-Savoie), fusillé le 26 février 1944 à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) par les Groupes mobiles de réserve (GMR) suite à une condamnation à mort ; contrôleur à la S.N.C.F ; résistant FTPF.

Les parents de René Trolliet étaient originaires de Suisse. Son père, Eugène, venait de Martherenges, près de Moudon, et sa mère, Valentine, était née Bonjour à Blonay. Jeune mariés, ils quittèrent le canton de Vaud en 1918 et vinrent s’installer à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), où ils tenaient une épicerie. Puis ils vinrent s’installer aux Allinges. René Trolliet vint au monde le 28 mars 1920, à Publier (Haute-Savoie). Il habitait sur la commune des Allinges, au hameau de Mésinges, avec ses parents, son frère Marcel* et ses deux sœurs Eliane et Marguerite. Il était contrôleur sur les trains de la S.N.C.F.
Le soir du 19 janvier 1944, les Allemands et des miliciens firent irruption dans la maison, saccagèrent tout et emmenèrent Eugène Trolliet (56 ans) qu’ils internèrent au Pax six jours durant, (n°427). Les fils, qui étaient engagés dans la Résistance (René dans les FTP) eurent le temps de s’enfuir. Marcel se réfugia à Genève, puis il alla travailler dans une ferme du Jura.
« Dans la nuit du 7 au 8 février 1944, déclara Marguerite Trolliet à la commission d’épuration de Thonon, le 2 mars 1945, des miliciens sous la conduite de Fillion, sont venus chez madame Desuzinges à Margencel et y arrêtèrent mon frère René Trolliet qui s’y trouvait. Mon frère fut emmené à la Grange Allard où il resta pendant huit jours. A la Grange Allard, mon frère fut battu par Jean Fillion qui, entre autres blessures qu’il lui causa, lui cassa le nez… De la Grange Allard mon frère fut transféré à l’Intendance à Annecy, où il resta pendant trois semaines… »
Sa sœur Eliane put lui rendre visite à la prison de l’Intendance. Elle témoigna après la guerre auprès d’un journaliste suisse et dit qu’elle le trouva « physiquement brisé, terriblement pâle, sous sa barbe qu’il n’avait pu raser depuis longtemps ».
René Trolliet, résistant, fut donc arrêté le 9 février 1944 dans le cadre de l’État de siège décrété par Vichy en janvier 1944. Transféré à l’Intendance à Annecy (siège de la Section anticommuniste [SAC]) par la Milice, torturé, il a été transféré au Savoie-Léman (école hôtelière) à Thonon-les-Bains, poste de commandement de la Milice et des GMR. Six résistants furent condamnés à mort par la Cour martiale qui se tint le 25 février 1944, à Thonon, Un septième, Maurice Flandin-Granget était mort sous la torture. Le lendemain à l’aube, ils ont été passés par les armes, par un peloton de GMR, dans la cour de l’École hôtelière.
Vers midi un communiqué officiel de Vichy annonça : « … A la suite d’arrestations, la Cour martiale française siégeant à Thonon a eu à se prononcer sur les cas de 8 terroristes. Six d’entre eux membres de l’organisation terroriste F.T.P. convaincus d’avoir commis des assassinats dans le but de favoriser des activités terroristes ont été condamnés à la peine de mort et immédiatement passés par les armes ».
Son nom est inscrit sur le monument aux morts d’Allinges et sur la plaque commémorative des sept fusillés de Thonon-les-Bains : Ange Angeli, Marius Bouvet, Jean Genoud, André Grépillat, Jean Tallieu, René Trolliet et Maurice Flandin-Granget.
Le frère de René, Marcel Trolliet*, fut assassiné par la Milice le 30 juin 1944 au hameau des Noyers, à Allinges.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171246, notice TROLLIET René, Albert par Annie Pennetier, Michel Germain, version mise en ligne le 11 juillet 2016, dernière modification le 28 septembre 2021.

Par Annie Pennetier, Michel Germain

SOURCES : Michel Germain, Haute-Savoie Rebelle et martyre, Mémorial de la Seconde guerre mondiale en Haute-Savoie, La Fontaine de Siloé, 2009. — AERI, Haute-Savoie. – Mémorial GenWeb. — État civil.

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