LÉRI Pierre

Par Robert Kosmann

Né en 1951 à Paris (VIe arr.) ; tourneur sur métaux, aléseur et technicien d’atelier chez Renault (1981-1987) puis technicien de maintenance ; syndicaliste CGT, délégué du personnel, secrétaire de syndicat ; militant communiste.

Issu, d’une famille ouvrière Pierre Léri fut élevé par sa mère divorcée à Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine) dans une famille de trois enfants. Il commença sa vie active en travaillant pour les commerçants sur les marchés. Il suivit ensuite les cours de l’école professionnelle d’Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine), comme apprenti tourneur à l’âge de quatorze ans, et obtint un CAP dans ce métier. Il fut embauché chez Renault à Billancourt en septembre 1981 comme tourneur P3 au département 70. Il devint aléseur au bout de trois mois puis technicien d’atelier en 1982. Pierre Léri avait adhéré au PCF en 1968. Le département 70 était un des départements où le PCF était le plus implanté à Billancourt. Pierre Léri fut délégué du personnel et secrétaire de son syndicat.

Sa carrière professionnelle fut interrompue en septembre 1986 par son licenciement à la suite de l’affaire dite des « Dix de Billancourt » dont il fit partie. L’affaire commença par le tournant pris par le PDG de l’époque, Georges Besse, qui lança une vague de licenciements qui préfigurait la fermeture définitive de l’usine de Billancourt. 2 000 salariés quittèrent l’usine en 1986, constituant les premiers licenciements « secs », sans reclassements. Le PDG prononça 685 suppressions d’emplois dont celles de 26 délégués. Pierre Léri fut accusé de violences à l’égard de cadres et de policiers. La CGT et le PCF menèrent, seuls en tant qu’organisations, une vive campagne pour leur réintégration pendant trois années. Malgré un soutien militant associé à de très nombreuses manifestations et accompagné de la publication de l’ouvrage La machination, la campagne ne déboucha pas sur une mobilisation de masse dans l’usine. À la suite d’une bataille juridique de 42 mois, conclue par la décision de la Cour d’appel de Versailles puis de la Cour de cassation (décembre 1989), les dix délégués, dont P. Léri, ne furent pas réintégrés. Pendant les trois années 1987-1990, il vécut des indemnités de chômage et des collectes de solidarité.

En 1991, après une formation il fut reclassé comme technicien de maintenance dans la presse.

Sur le plan personnel, Pierre Léri se maria marié avec Monique Marchais, fille de Georges Marchais. Le couple eut deux enfants, Julien et Vanessa.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171291, notice LÉRI Pierre par Robert Kosmann, version mise en ligne le 2 mars 2016, dernière modification le 2 mars 2016.

Par Robert Kosmann

SOURCES : Arch. PCF, section Renault. ─ Nombreux articles dans l’Humanité, entre 1986 et 1989, en particulier « La blouse bleue du technicien d’atelier » (28 septembre 1987). ─ Pierre Agudo, La machination, imprimerie CGT Renault, 1989. – Virginie Linhart, « Les dix de Renault Billancourt, les enjeux d’une mobilisation d’appareil », Revue Française de sciences politiques, 1992, vol. 42, n°3, pp. 375-401.

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