MARIANI René [Pseudonyme dans la Résistance : GAILLARD]

Par Jean-Marie Guillon

Né le 14 août 1921 à Roquevaire (Bouches-du-Rhône), fusillé le 18 juillet 1944 à Signes (Var) ; étudiant ; responsable adjoint de l’organisation universitaire du Mouvement de libération nationale (MLN).

Issu d’une famille de tradition républicaine, fils d’un directeur d’école de Marseille (Bouches-du-Rhône), René Mariani, militant de la Jeunesse étudiante chrétienne, avait une formation littéraire. Il avait monté Polyeucte et était passionné par Lamartine et ses idées. Il avait créé le journal La Pléïade avec d’autres jeunes intellectuels pour réveiller l’esprit républicain. Après être parti aux Chantiers de jeunesse en novembre 1941, il s’inscrivit à son retour à la Faculté de Droit d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Participant à la Résistance dans le milieu étudiant, il devint le secrétaire d’Albert Chabanon et fut nommé responsable adjoint de l’organisation universitaire du MLN. Ils créèrent le journal clandestin Le Marseillais qu’il dirigea après l’arrestation de Chabanon. Il aurait voulu devenir journaliste après la Libération. Son frère, Roger, animait le groupe de Résistance du lycée Saint-Charles à Marseille. Lui-même aurait recruté 213 étudiants qu’il aurait organisés en dix groupes.
Recherché par les Allemands, il fut hébergé comme Albert Chabanon par la famille Madon en mai 1944. Trahi par l’officier parachuté Éric Seignon de Possel (Noël) qui s’était mis au service de la « Gestapo », se sentant surveillé, il quitta les Madon pour s’installer rue Blanqui, avant de louer un appartement au 37 rue de Verdun. Il rencontra à diverses reprises Francis Leenhardt (Lionel), qui participait à la direction régionale du MLN, pour essayer de faire sortir de prison Chabanon qu’il avait remplacé.
Il fut arrêté le 12 juillet 1944 chez lui avec Adolphe Lestrade, chef groupe franc et Action ouvrière, et André Aune, chef de l’Armée secrète (AS) et Forces françaises de l’intérieur (FFI) de Marseille. Les Allemands découvrirent dans son appartement des archives, de la documentation sur le Noyautage des administrations publiques (NAP) et l’organisation universitaire, des tracts, l’adresse d’un dépôt d’armes chez Gustave Freyburger (Faure) où furent trouvés 25 mitraillettes, 100 grenades, 25 kg d’explosifs. Il porte le no 7 dans le rapport « Antoine », rédigé par Ernst Dunker (Delage), qui était l’un des responsables de la section VI de la Sipo-SD de Marseille, où il fit le bilan de cette vague d’arrestations. Emprisonné aux Baumettes, il a été fusillé avec vingt-huit autres résistants, après un jugement sommaire sur place, le 18 juillet, au fond d’un vallon isolé, dans les bois de Signes. D’après Dunker, le jugement aurait été prononcé par la cour martiale de la 244e Division d’infanterie. Les corps furent exhumés le 17 septembre 1944. Un monument funéraire a été inauguré le 18 juillet 1946 dans le lieu, connu désormais comme le « Vallon des fusillés », devenu nécropole nationale en 1996.
Son nom a été donné à une rue du XVe arrondissement de Marseille par délibération du 23 juillet 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171362, notice MARIANI René [Pseudonyme dans la Résistance : GAILLARD] par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 8 mars 2015, dernière modification le 24 avril 2022.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Presse locale (Vérités 27 octobre 1944). – Germaine Madon-Semonin, Les années d’ombre 1940-1944. Les Jeunes dans la Résistance à Marseille, tém. inédit, dactylog., sd. – Madeleine Baudoin, Témoins de la Résistance en R2, thèse d’histoire, Université de Provence (Aix-Marseille I), 1977 – Jean-Paul Chiny, La Résistance R2 assassinée, mém. dactylog., février 2010. – Robert Mencherini, Résistance et occupation (1940-1944), tome 3 de Midi rouge, ombres et lumières, Paris, Syllepse, 2011. – Renseignements Guillaume Vieira.

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