LLUCH François, Daniel

Par Jean-Marie Guillon

Né le 23 mars 1921 à Benicarlo (Valence, Espagne), fusillé le 31 mars 1944 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; ouvrier charpentier ; maquisard de l’Armée secrète (AS).

Ouvrier charpentier, célibataire, François Lluch appartenait à une famille d’antifascistes catalans habitant La Garde, près de Toulon (Var). Engagé dans la Marine, puis réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il rejoignit le maquis AS Robespierre, installé au col de Blaus, sur le territoire de la commune de Curbans (Basses-Alpes), à la limite des Hautes-Alpes. Ce camp a été l’un des premiers maquis du secteur attaqués par les troupes d’occupation allemandes. Cette attaque eut lieu dans la nuit du 11 au 12 décembre 1943.Quatorze maquisards furent faits prisonniers et incarcérés à Sisteron. Treize furent conduits par la suite aux Baumettes, à Marseille, puis à Lyon, au fort de Montluc. La maison dans laquelle le maquis était établi fut dynamitée par les Allemands le 12 décembre vers 11 h 30.
François Lluch fit partie des dix condamnés à mort par le tribunal militaire allemand de la Zone sud le 6 mars 1944. Les sources divergent quant au lieu où siégea ce tribunal : Lyon ou Nîmes. Les dix hommes sont présumés avoir été fusillés à Marseille.
La Liberté du Var, organe du Comité départemental de Libération, publia le 8 novembre 1944 la lettre d’adieu qu’il avait adressée à ses parents et dans laquelle il écrivait : « Je meurs pour la cause qu’ont embrassée tous les Français dignes de ce nom. J’ai conscience d’avoir agi en soldat et d’être mort en fidèle serviteur de la cause du peuple français. »
Il reçut la mention « Mort pour la France » et fut décoré de la Médaille de la Résistance à titre posthume le 24 mai 1957.
Un monument fut érigé en souvenir des membres du maquis en juillet 2007, sur lequel figure aussi le nom de Teyssier qui fut déporté. Ce monument comporte une orthographe problématique pour certaines victimes.

« Mes chers parents, chères sœurs et cher frère,
 
Quand vous lirez ces lignes je ne serai plus de ce monde. Je meurs pour la cause qu’ont embrassé tous les Français dignes de ce nom. J’ai conscience d’avoir agi en soldat et d’être mort en fidèle serviteur de la cause du peuple français.
Je demande à tous ceux qui m’auront connu et qui auront embrassé la même cause que moi de persévérer dans la lutte dont la victoire est plus que certaine. Je leur demande, en outre, de nous venger sans pitié des boches et tous les collaborateurs doivent périr jusqu’au dernier.
Mes chers parents, je me fais une idée exacte de votre chagrin, je vous demande pardon. Soyez certains que je n’ai pas failli à l’honneur en tombant pour la cause de ma chère Patrie. J’ai la ferme conviction de perpétuer des traditions révolutionnaires de notre famille.
Je me rends compte nettement de tout votre dévouement et de toute l’affection dont vous avez entouré mon enfance. J’emporte votre souvenir dans ma tombe, vous embrasse chers tous de toutes mes forces. Derniers baisers. Adieu. »

Publiée par La Liberté du Var, 8 novembre 1944, rubrique de la commune de La Garde (Var) d’où il était originaire. Lettre écrite dans la prison des Baumettes où François Lluch et ses camarades ont probablement été fusillés, remise au directeur départemental des prisonniers et déportés par l’intermédiaire de Mme Tessier, 87, boulevard des Fauvettes, Marseille.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171378, notice LLUCH François, Daniel par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 8 mars 2015, dernière modification le 13 octobre 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Var, 1W82, 1W72, Cour de Justice de Toulon 19. – Mémoire des Hommes SHD 21 P 78991 et Vincennes GR 16 P 374366. ⎯ Presse locale (La Liberté du Var, 8 novembre 1944). – Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes-de-Haute-Provence 17 juin 1940-20 août 1944, Digne, 1983 et rééd. 1990. – Renseignements Guillaume Vieira.

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