OULIANETZKI Rachel.

Par Jo Szyster - José Gotovitch

Née à Kichineff (Bessarabie, aujourd’hui Roumanie) le 29 août 1902. Modiste, militante communiste, infirmière en Espagne, Partisane armée, déportée.

Rachel Oulianetzki est née en Bessarabie dans une famille ouvrière. Elle fréquente l’école professionnelle russe de la ville où elle apprend la couture. Elle parle russe, yiddisch et apprendra le français. Elle adhère au Syndicat roumain du vêtement affilié au Profintern. Elle est membre du Secours rouge depuis 1928.

En 1931, Rachel Oulianetzki émigre en Belgique, s’installe à Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale) où elle travaille dans un atelier de confection comme tailleuse (avenue Louise, n°108). Elle est expulsée en 1933, mais revient et demeure en Belgique. Elle adhère au Parti communiste en 1935 via la MOI (Main-d’œuvre immigrée), à la section d’Ixelles (Bruxelles) et au syndicat du vêtement. Elle fréquente les milieux bessarabiens où elle a des activités sociales.

Le 1er mai 1937, Rachel Oulianetzki fait partie du groupe d’infirmières, en majorité juives et communistes, qui rejoint, avec l’autorisation du parti, l’hôpital d’Onteniente organisé par l’Internationale socialiste en Espagne, où opère le docteur Albert Marteaux. Elle fait une demande d’adhésion au Parti communiste espagnol (PCE), dont nous ne connaissons pas les suites. Elle aurait épousé un Russe, décédé en Espagne. Elle est en contact avec le bataillon roumain « Anna Pauker ». Elle revient en Belgique en février 1939.

En mai 1940, lors de l’exode devant l’avance de l’armée allemande, Rachel Oulianetzki tente, avec des amis, de gagner la France, mais s’arrête à La Panne (pr. Flandre occidentale, arr. Furnes-Veurne). Elle revient à Bruxelles en juin 1940. Après avoir travaillé comme ouvrière dans une usine, elle retrouve son emploi dans son ancien atelier de confection. Citoyenne soviétique depuis 1940, elle fait une demande pour émigrer en URSS comme plusieurs communistes besarabiens. Le déclenchement de la guerre à l’Est bloque toutes les tentatives. Elle est inscrite au registre des Juifs.

En 1942, Rachel Oulianetzki est recrutée par les Partisans armés. Elle est courrière jusqu’au 31 mars 1944. À cette date, elle a rendez-vous avec un certain « Alphonse », chef de compagnie. Ils sont tous les deux arrêtés par la police allemande et emmenés au siège de la Sipo SD, avenue Louise.
Rachel est fouillée et interrogée. Après un jour et une nuit en cellule, elle entre le 1er avril à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles). Elle en sort le 15 juin pour le camp de Ravensbrück (Brandebourg, Allemagne) où elle arrive le 18 juin. Elle y reste jusqu’à l’évacuation du camp (Komando Buchenwald) vers Leipzig (Saxe, Allemagne).

Rachel Oulianetzki est libérée par l’armée américaine 1er mai 1945. Elle rentre en Belgique le 26 mai 1945. Elle réitère sa demande d’émigration en URSS. À Moscou, les « services » n’y voient pas d’objection et, selon toute vraisemblance, elle s’y est établie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171380, notice OULIANETZKI Rachel. par Jo Szyster - José Gotovitch, version mise en ligne le 8 mars 2015, dernière modification le 14 janvier 2020.

Par Jo Szyster - José Gotovitch

SOURCES : RGASPI, dossier 495-193-485 ; 545,2 – Dossiers personnels des Belges des Brigades internationales (Microfilm CArCoB) – CArCoB, Dossier CCP – Archives personnelles de Jo Szyster – VAN DOORSLAER R., De kinderen van het Getto, t. 3, Thèse de doctorat en histoire RUG, Gent, 1991 (tapuscrit).

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