BUCHOLE Jankiel. Pseudonymes : Kuba, Oscar.

Par Jo Szyster

Nadarzyn (près de Varsovie, Pologne), 9 mai 1903 – Anderlecht (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 4 avril 1976. Ouvrier tailleur, militant communiste, résistant.

Le nom « Buchole » est une retranscription fautive du nom polonais original de Jankiel qui était « Bucholc ». Ce nom prononcé en polonais est le mot yiddish qui signifie bois de hêtre. Dans le milieu juif parlant yiddish, Jankiel était connu sous le nom de Kuba.

En Pologne, Jankiel Buchole, dit Kuba, vit dans un milieu traditionnel où l’on respecte les fêtes juives et la nourriture cachère. La famille se compose des parents, de six sœurs et probablement deux ou trois frères.
Très jeune, Kuba s’engage politiquement, engagement qui prend une place importante dans sa vie. Il adhère au parti communiste qu’il ne quittera jamais.
Comme citoyen polonais, à vingt ans, il est appelé à faire son service militaire. Au cours de celui-ci, il participe à une action et commence une grève de la faim. Ces deux faits lui valent d’être expulsé de Pologne en 1926 ou 1927.

Kuba entre illégalement en Belgique en 1927 et s’installe à Bruxelles. Il reprend son métier de tailleur et est engagé au « Roi du caoutchouc », firme pour laquelle il fait de la confection à domicile.

En 1933 (ou début 1934), Kuba reprend ses activités politiques au Parti communiste belge (PCB) ce qui lui vaut d’être expulsé de Belgique. Il va à Paris où il retrouve une de ses sœurs, Dora, épouse Bierenbaum.
Il y reste peu de temps et revient à Bruxelles en 1934. Grâce à une avocate du parti, son expulsion est annulée. Il retrouve son activité militante au PCB et au syndicat socialiste. En 1928, il s’était déjà affilié au Syndicat unique du vêtement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Kuba rejoint le Front de l’indépendance (FI) où il est connu sous le nom d’Oscar. Le 22 mai 1944, lors d’une mission pour le FI, il est arrêté sur dénonciation et expédié à la caserne Dossin à Malines (Mechelen, pr. Anvers-Antwerpen, arr. Malines). Pendant sa détention, il travaille dans « l’atelier tailleur », ce qui favorise son long séjour à Malines et ses contacts avec l’extérieur.
Jankiel Buchole est alors marié à Malka Altman, morte le 30 juin 1944 à la caserne Dossin où elle s’est suicidée. Avant son arrestation, elle était active dans la résistance.

Kuba est libéré le 4 septembre 1944. Il se remarie avec Sara Hauser, sympathisante de « Solidarité juive » et reprend son métier de toujours : « tailleur hommes » à domicile. Il n’abandonne pas son engagement au PCB et devient un membre actif de « Solidarité juive ».

Jankiel Buchole n’est pas croyant, sa judéité se limite à parler yiddish. N’ayant pas fait d’études en Belgique, il parle mal le français. Il lit des livres en yiddish et la presse en yiddish de « Solidarité juive » et la Naïe Presse publiée à Paris. Kuba est convaincu que l’assimilation est la réponse à la question juive.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171381, notice BUCHOLE Jankiel. Pseudonymes : Kuba, Oscar. par Jo Szyster, version mise en ligne le 8 mars 2015, dernière modification le 10 janvier 2020.

Par Jo Szyster

SOURCES : Archives personnelles de Jo Szyster – CArCoB, fiche de Jankiel Buchole.

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