CLAVERIE Fernand, Roger, Marcel, André [pseudonyme dans la résistance : Jean Descrue, Jean]

Par Annie Pennetier, Eric Panthou

Né le 2 mai 1920 à Dijon (Côte-d’Or), fusillé par les GMR le 2 mars 1944 à Riom (Puy-de-Dôme) ; Soudeur ajusteur aux Ateliers Industriels de l’Aéronautique ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Fils d’Alexandre, mécanicien, et de Marie, née Arfeuillère, sans profession, Fernand Claverie habitait chez ses parents à Chamalières (Puy-de-Dôme) et travaillait comme soudeur ajusteur aux Ateliers Industriels de l’Aéronautique (AIA), un des lieux privilégiés de recrutement pour les FTP. Il était célibataire.
De 1940 à 1941 il fut envoyé en Chantiers de jeunesse à Lapleau (Corréze) et devint chef d’équipe. Il en revint en mars 1941. Il reprit son travail à l’AIA et fut ensuite déclaré réfractaire au STO.
Le commandant Delmas, alias Lucien, chef du Camp Gabriel-Péri atteste qu’il rejoignit le camp en mars 1943 et fit donc partie de la douzaine d’hommes à rejoindre les premiers ce camp et qu’il fut désigné responsable technique. Nommé lieutenant en novembre 1943, il est nommé chef de camp adjoint. Ses qualités d’organisation et son dynamisme en firent un officier apprécié. Il était connu sous le nom de guerre de Jean ou Jean Descrue. Le commandant Mazuel indique pour sa part une entrée au maquis le 12 juillet 1943.
Il fut arrêté par la Sipo-SD le 15 février, trois jours après que ses camarades Eugène Rougier (29 ans), Albert Chollet (33 ans) et Victor Lothe aient été arrêtés dans un café de Clermont-Ferrand. Ils furent arrêtés dans le cadre d’une enquête après l’assassinat du milicien Gouillardon et du gendarme Coissard, à Riom (Puy-de-Dôme), les 6 et 7 février 1944. Emprisonné d’abord à la prison militaire allemande du 92ème Régiment d’infanterie à Clermont-Ferrand, il fut transféré à Riom (Puy-de-Dôme), en même temps que ses camarades le 2 mars 1944.
L’enquête permit d’établir qu’ils avaient également été en relation avec l’attaque d’un train le 9 février, en gare de Clermont-Ferrand ; un groupe de FTP s’étant emparé d’un milliard de francs appartenant à la Banque de France. En effet, Claverie fut arrêté porteur d’un "rapport d’opération de l’attaque du wagon de la banque de France en gare de Clermont-Ferrand". A son domicile de Chamalières, les policiers découvrent la somme de 5 062 000 francs. Ce rapport mentionne que le montant des sommes saisies par les FTP s’élève à 903 millions. Les arrestations se multiplièrent, le groupe fut pour moitié décimé mais le cerveau, Henri Sintes, échappa à la police. En définitive, la police récupère, au cours des différentes opérations, la somme non négligeable de 35 millions de francs.
Tous comparurent devant une cour martiale française et non le tribunal allemand de Clermont comme il a été écrit la plupart du temps.Eugène Rougier, Albert Chollet, Fernand Claverie et Tadeusz Walewski (21 ans) furent fusillés par des agents des GMR (Groupes mobiles de réserve) le 2 mars 1944, rue Hôtel des Monnaies à Riom à 17h40. Un cinquième inculpé, Victor Lhote qui put prouver n’avoir joué qu’un rôle passif, fut déporté et devait décéder entre Reims et Compiègne. Leur camarade Marcel Rey, qui avait fait partie de l’équipe du Milliard de la Banque de France, fut arrêté le 18 ou 19 février. Ayant été blessé, il fut jugé plus tard et condamné à mort et exécuté le jour de la sentence le 23 mars 1944.

Fernand Claverie a été reconnu déportés et internés de la résistance (DIR), forces françaises de l’intérieur (FFI), "Mort pour la France". Le 7 mai 1952, il a reçu à titre posthume la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR)
Son nom figure sur le monument aux morts de Chamalières et sur celui de Riom ainsi que sur la plaque commémorative aux patriotes fusillés, de Riom (FNDIRP, 17 rue Soubrani). Sa durée des services homologuée va du 30 mai 1943 au 15 février 1944.
Une allée à Clermont-Ferrand porte son nom et celui de son père, Alexandre Claverie, lui aussi fusillé en mars 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171485, notice CLAVERIE Fernand, Roger, Marcel, André [pseudonyme dans la résistance : Jean Descrue, Jean] par Annie Pennetier, Eric Panthou, version mise en ligne le 13 mars 2015, dernière modification le 25 février 2020.

Par Annie Pennetier, Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, dossier 19 P 63/5 : Liste des membres de la formation Gabriel Péri ou 12e Bataillon comprenant 1103e, 1104e, 1105e et 1106e compagnie FTPF du Puy-de-Dôme, avec durée des services homologuées .— SHD Vincennes, dossier Fernand Claverie, GR 16 P 132534 (non consulté) .— SHD Vincennes, 19 P 63/5 : état nominatif des cadres ayant appartenu au Camp Gabriel Péri ou 1103e Compagnie FTPF, signé Commandant Delmas, dit Lucien, 21 novembre 1947 .— AVCC, dossier Fernand Claverie, AC 21 P 45993 (non consulté) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 2546 W 4744, Dossier d’attribution de la carte du combattant volontaire de la résistance à Fernand Claverie .— Vanessa Michel, Le milliard de la banque de France, Clermont-Ferrand, éditions Ôtrement, 2019, 229 p. .— "Les assassins du Milicien Gouillardon et du gendarme Coissard ont été condamnés à mort par la Cour Martiale de Clermont. La sentence a été immédiatement exécutée", Le Moniteur, 4 mars 1944 .— Gilles Lévy, Francis Cordet, A nous, Auvergne !, Paris, Presses de la Cité, 1980 .— Jean Sanitas, Des “terroristes” auvergnats qui savaient se battre et mourir, Paris, éditions L’Harmattan, 1997, p. 32 .— Témoignage de Georges Favard (FNDIRP 63).- Mémorial GenWeb.

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