KLEIN Samuel [dit KLEIN Samy]

Par Léon Strauss

Né le 25 janvier 1915 à Bad-Homburg-vor-der-Höhe (Allemagne), exécuté sommairement par les Allemands le 7 juillet 1944 à L’Étrat (Loire) ; rabbin, aumônier général de la Jeunesse Juive depuis 1940 ; résistant du mouvement France d’abord.

Les parents de Samy Klein, Raphaël Klein, d’origine alsacienne, né à Paris, et Selma Kottek, fille d’un rabbin allemand, tenaient à Bad-Homburg une pension casher. Raphaël, de nationalité française, fut interné dès le début de la Grande Guerre et mourut de la grippe espagnole en 1918 au camp de prisonniers civils de Holzminden (Allemagne). Selma quitta l’Allemagne en 1920 et ouvrit une pension casher au Hohwald (Bas-Rhin) qui devint rapidement un point de rencontre du judaïsme orthodoxe français.
Samy fit ses études secondaires à Strasbourg et y participa à la création du mouvement de la jeunesse orthodoxe Yechouroun, puis gagna Paris en 1934 pour y étudier au Séminaire israélite de France qu’il quitta neuf mois en 1936-1937 pour approfondir sa culture talmudique dans une yechiva en Lituanie. Au début de 1939, il obtint le diplôme de rabbin et commença son service militaire à l’École de Saint-Maixent, dont il sortit aspirant de réserve d’infanterie à la mobilisation générale de septembre. Lors de la retraite de juin 1940, arrivé sur la Loire, son colonel décida la reddition du régiment. Samy Klein et un autre officier refusèrent la captivité et se replièrent avec leurs hommes.
Démobilisé en zone libre après l’armistice, il fut nommé en septembre 1940 par le consistoire central, aumônier général de la jeunesse, en même temps qu’il était coopté par l’équipe nationale des Éclaireurs israélites de France. Il résida d’abord à Vichy, où il épousa le 29 juin 1941 sa cousine Marguerite Klein, docteur en médecine, puis à Lyon. Nommé en juin 1942 rabbin d’Aix-en-Provence, tout en gardant ses fonctions nationales antérieures, il s’installa à Marseille pour faciliter ses déplacements continuels.
En mai 1943, il entra en résistance dans le mouvement « France d’abord » et devint chef d’un groupe franc à Lyon. Il recruta et instruisit militairement plusieurs groupes de jeunes, notamment au chantier rural des EIF à Taluyers (Rhône). En janvier 1944, il avait été nommé adjoint du grand Rabbin de France par intérim, Kaplan. Après avoir réussi à deux reprises à échapper à une arrestation par la Gestapo à Roanne, puis à Lyon, il devait prendre le train le 5 juillet 1944 dans une petite gare de la banlieue de Saint-Étienne avec ses cousins Henri Klein et André Elbogen, pour rejoindre un maquis AS de Haute-Loire, où il devait prendre les fonctions de lieutenant-instructeur.
Dénoncés par un auxiliaire juif de la Gestapo, les trois hommes furent arrêtés et emprisonnés à la caserne Desnoëttes de Saint-Étienne. Le 7 juillet , ils furent fusillés au bord d’un champ à la Fouillouse, commune de l’Éstrat, à six kilomètres au nord de Saint-Étienne. Leurs cadavres, affreusement mutilés, furent inhumés au cimetière du village avant d’être transférés, quelques semaines après la Libération, au cimetière juif de la Mouche à Lyon.
À titre posthume, Samy Klein fut décoré de la Médaille de la Résistance par décret du 3 août 1946.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171498, notice KLEIN Samuel [dit KLEIN Samy] par Léon Strauss, version mise en ligne le 14 mars 2015, dernière modification le 31 janvier 2021.

Par Léon Strauss

SOURCES : Frédéric Chimon Hammel, Souviens-toi d’Amalek. Témoignage sur la lutte des Juifs en France, Paris, 1982 - Monique Lévy, Samuel, dit Samy Klein, rabbin et résistant, Archives juives, 2002, n° 4, p.148-151. — Les Anciens de la Résistance Juive en France, Organisation juive de combat. Résistance/sauvetage France 1940-1945, Paris, 2002, p.397-398 . — René Gutman, Le memorbuch. Mémorial de la Déportation et de la Résistance des Juifs du Bas-Rhin, Strasbourg, 2005, p.256-257 — wikipedia.org/Samy-Klein — Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 320872 (nc).

Iconographie : Photo en aumônier EIF, Organisation juive de combat, p.372.

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