BIRETTE Charles, Florent

Par Daniel Grason

Né le 11 avril 1895 à Lutzelhouse (Bas-Rhin), exécuté le 16 août 1944 à la cascade du Bois de Boulogne ; employé de chemin de fer ; membre du Corps franc Vengeance, F.F.I.

Fils de Charles Birette et de Marie Aubry, Charles Birette quitta l’Alsace en 1914, car il refusa de servir dans l’armée impériale allemande, s’évada pour s’engager dans l’armée française et vint en région parisienne , travailla comme facteur enregistrant au Service de l’Exploitation SNCF en gare du Raincy-Villemomble (Seine, Seine-Saint-Denis). Il épousa Marie Thérèse Riedenger, le couple habita 4 rue Nova à Villemomble (Seine-Saint-Denis). Il devint membre de Résistance Fer, chef du corps franc de la SNCF de la gare de Villemomble en 1942, puis F.F.I. du secteur Est de Paris en mars 1944.

Début juin 1944 Wigen Nercessian, ingénieur, gaulliste rencontra Charles Porel qui se présenta comme un autrichien, ancien brigadiste en Espagne républicaine, membre de l’Intelligence service. Il s’agissait en fait de Karl Rehbein, membre du Sicherheitsdienst, service de renseignements de la SS (SD). Celui-ci mit Nercessian en relation avec un autre capitaine de l’Intelligence service, « Jack » qui parlait couramment le français, l’italien, l’anglais et l’allemand n’était autre que Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, alias Guy de Montreuil etc., chef de groupe de la Gestapo. Wigen Nercessian mit en relation « Jack » avec les résistants Guy Hémery et Jean Favé. Des Résistants de l’entourage du docteur Henri Blanchet, capitaine FFI le mirent en garde, en cette mi-août 1944 trois tonnes d’armes qui allaient tomber du ciel leur parurent suspects.

Plusieurs groupes de Résistants de diverses obédiences : Jeunes chrétiens combattants (JCC), Organisation civile et militaire (OCM), groupe Franc de Turma Vengeance, FFI-FTP de Chelles, près d’une cinquantaine de résistants dont une vingtaine âgés de moins de vingt-et-un ans unis pour récupérer des armes au rendez-vous fixé par le capitaine « Jack » le 16 août au matin à la Porte-Maillot à l’angle des rues Saint-Ferdinand et de la Grande-Armée à Paris (XVIIe arr.) Non loin de là, côté XVIe arr. les forces répressives allemandes et leurs auxiliaires français disposaient de plusieurs hôtels particuliers : avenues Foch et Victor-Hugo, rues de la Pompe, Lauriston et Leroux.

Henri Blanchet et Jean Favé commandaient le 2ème groupe composé de Jacques Schlosser, Bernard Gante, Arthur de Smet, René Faugeras, Pierre Bezet, Jean Veron, Marcel Douret, Robert Magisson, Luigi Vannini, Franck Hémon, Roland Verdeaux et Charles Birette. Une quarantaine de résistants étaient répartis dans deux camionnettes et une ambulance. « Jack » et Wigen Nercessian attendaient sur place. Le convoi alla à quelques rues de là, emprunta la rue d’Armaillé, entra au 11 bis dans un grand garage vers 11 heures 30. Les véhicules furent cernés une trentaine de SS et des hommes de mains en civils commandés par le lieutenant SS Walter tirèrent. Dans la soirée du 16 août 1944, des bruits de mitrailleuse et de grenades retentirent près de la Cascade du Bois de Boulogne, la Gestapo exécutait trente-quatre hommes dont Charles Birette.

L’agent infiltré, chef de groupe de la Gestapo Guy Glèbe d’Eu, comte de Marcheret, dit « Jack » fut arrêté par les Services américains au Danemark et remis à la police française le 25 octobre 1945. Responsable d’une centaine d’arrestations, notamment des exécutions de la rue Leroux et de la Cascade du Bois de Boulogne, il comparut le 2 avril 1949 devant la cour de Justice de Paris. Condamné à mort il fut passé par les armes le 20 avril à 8h 30 au fort de Montrouge.

Friedrich Berger responsable des antennes de la Gestapo de la rue de la Pompe et de l’avenue Victor-Hugo, condamné à mort par contumace le 22 décembre 1952 mourra de maladie le 10 février 1960 à son domicile de Munich (Allemagne).

L’inhumation de Charles Birette eut lieu au cimetière communal de Villemomble, son nom est inscrit sur le monument aux morts de la ville, sur la plaque à la mémoire des agents de la SNCF tués par faits de guerre. 1939-1945, en gare Le Raincy-Villemomble, et sur la stèle commémorative à la Cascade du Bois de Boulogne. Il fut ré-inhumé dans sa ville natale en 1948, son nom figure sur le monument aux morts. Le mess des sous-officiers du Détachement d’occupation des chemins de fer en Allemagne (DOCF) de la présidence de Sarrebruck porte le nom de Charles Birette.

Le conseil municipal de Villemomble donna son nom à la rue Nova où il résida, homologué capitaine F.F.I., le secrétariat général aux Anciens combattants attribua à Charles Birette la mention « Mort pour la France » le 30 avril 1945. Il fut également homologué F.F.I. et interné résistant. Serge L’Hermitte, lieutenant-colonel honoraire d’Artillerie de Marine attesta en avril 1965 que Birette avait appartenu depuis mars 1944 au bataillon Henry du régiment Armor des F.F.I. Charles Birette fut homologué lieutenant F.F.I. à titre posthume et Interné Résistant.



16 août 1944. Cascade du Bois de Boulogne à Paris (XVIe arr.)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171567, notice BIRETTE Charles, Florent par Daniel Grason, version mise en ligne le 23 mars 2015, dernière modification le 6 mars 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 1801, BA 2452, JB 11, JB 15. – Bureau Résistance : GR 16 P 61204. – Transmis par Delphine Leneveu : DAVCC : 21 P 710 048. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la Résistance, Éd. Le Cherche Midi, 2005. – Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, truands et collabos. La bande de la rue de la Pompe 1944, Éd. Ouest-France, 2013. – Guy Krivopissko, Axel Porin, « Les fusillés de la Cascade du bois de Boulogne », Éd. Mairie de Paris, 2004. – Site internet Gilles Primout, « Guet-apens Porte Maillot », 2015. – Site internet GenWeb. – État civil.

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