SCHWOB Jean-Jacques

Par René Lehmann, Léon Strauss

Né le 8 août 1920 à Colmar (Haut-Rhin), mort le 12 décembre 1996 à Bordeaux (Gironde), marié ; professeur puis chef d’établissement ; secrétaire départemental de la FEN du Haut-Rhin et secrétaire régional du SNET de l’académie de Strasbourg.

Fils d’un marchand de moutons, Jean-Jacques Schwob, licencié ès-Lettres en 1942, ne put obtenir un poste d’enseignant puisque le statut des Juifs édicté par le régime de Vichy lui interdisait l’accès à la fonction publique. Il s’engagea dans l’armée française en 1944. Il se maria, le 1er mars 1947 à Brive (Corrèze).

Il enseigna de 1947 à 1959, comme professeur certifié de Lettres au collège technique et moderne de Colmar. Il fut secrétaire départemental de la Fédération de l’Éducation nationale se reconnaissant dans le courant « autonome ». Au congrès de la FEN en 1952 et à nouveau en 1953, il plaida pour l’unité de l’orientation fédérale qui n’était pas incompatible selon lui avec la différence entre les tendances.

Militant du Syndicat national de l’enseignement technique, il fut secrétaire régional de l’académie de Strasbourg de 1956 à 1959. En outre il siégea à la commission administrative nationale du SNET comme suppléant de 1957 à 1959. Son autorité fut souvent mise à profit pour présider des séances des congrès nationaux.

En 1955, le directeur de l’enseignement religieux du diocèse de Strasbourg, l’abbé Léon Arthur Elchinger, demanda au ministre de l’Éducation nationale d’étendre l’application du « statut scolaire local d’Alsace et Moselle » à l’enseignement technique. Pour défendre la laïcité, Jean-Jacques Schwob organisa une grève de 24 heures très suivie qui aboutit au maintien du statu quo (mais celui-ci fut remis en cause l’année suivante par un arrêt du Conseil d’État). Il poursuivit néanmoins le combat avec le soutien de l’ensemble du congrès en 1959 et du secrétaire général, Bernard Roulet, qui se déplaça à plusieurs reprises dans l’académie.

Disciple d’Albert Camus, lecteur de Combat, il entretenait de bonnes relations avec les autres courants de pensée du syndicalisme enseignant. Pourtant, en septembre 1956, il signa une tribune libre dans Le Travailleur de l’enseignement technique : « Le syndicalisme libre est-il révolutionnaire ? ». Il plaidait pour un retour à la charte d’Amiens, c’est-à-dire un « syndicalisme indépendant et révolutionnaire », compatible avec la formation d’une « idéologie autonome pour préparer les conditions d’une réunification syndicale qui ne peut se faire que dans la clarté ». Et le 15 novembre 1956, lors de l’assemblée départementale de la FEN, il fit voter, malgré l’opposition du courant ex-cégétiste, une motion condamnant l’agression soviétique en Hongrie et demandant qu’au congrès national, une minute de silence soit observée en mémoire des martyrs de l’insurrection hongroise.

De 1959 à 1962, Jean-Jacques Schwob devint directeur du collège technique et du centre d’apprentissage de Saint-Pons (Hérault). De 1962 à 1967, il dirigea le lycée technique d’Etat et le lycée municipal classique et moderne annexé d’Egletons (Corrèze). De 1969 à 1974, proviseur de la Cité technique de Belfort, il reprit des responsabilités syndicales comme secrétaire départemental, puis secrétaire académique du Syndicat national de personnels de direction de l’enseignement secondaire. Il termina sa carrière administrative comme proviseur du lycée Gustave Eiffel de Bordeaux et son cursus syndical comme secrétaire de la section départementale de la Gironde du SNPDES.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171593, notice SCHWOB Jean-Jacques par René Lehmann, Léon Strauss, version mise en ligne le 17 mars 2015, dernière modification le 15 septembre 2015.

Par René Lehmann, Léon Strauss

SOURCES : Archives de la FEN (Laurent Frajerman), 3 BB 120. — Arch. IRHSES (Le Travailleur de l’enseignement technique, arch. du SNET). — Françoise Olivier-Utard (dir), Instits, profs et syndicats en Alsace, 1918-2000, Almémos, Strasbourg, 2008, pp. 70, 73, 304-305, 307, 308. — Notes de Paul Berger, Alain Dalançon et Jacques Girault.

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