THIERRY Michel

Par Jean-Noël Dutheil

Né le 25 août 1948 à Reuil Malmaison (Hauts-de-Seine) ; salarié agricole de 1962 à 1968 puis ouvrier qualifié à Saint Gobain à Montluçon (Allier) ; secrétaire général de l’Union départementale CGT de l’Allier du 16 septembre 1983 à novembre 2003.

Michel Thierry
Michel Thierry

Enfant de l’assistance publique, après avoir été salarié agricole (juin 1962 à 1968) et fait son service militaire (1968-1969), Michel Thierry rentra chez Pechiney-Saint Gobain, puis Rhône Poulenc, comme O.S., il devint ouvrier qualifié (O.Q.), O.H.Q. puis chef d’équipe. Il se syndiqua en 1971, devint DP en 1972, secrétaire de son syndicat de 1974 à 1979 et du C.E. de 1975 à 1978. Il anima de nombreuses luttes contre la fermeture de son entreprise dont deux grèves d’un mois avec occupation. Il fut licencié en 1981. Il avait adhéré au PCF en 1973.

Il fut mandaté par l’UL de Montluçon pour aider à construire la « belle et grande lutte des filles de Rousseau » (600 salariés). Il anima la vie de l’UL de 1981 à 1983 où de nouvelles luttes l’attendaient chez Zélant Gazuit, au Réservoir.

À partir de 1983 et pendant vingt ans, Michel Thierry dirigea, comme secrétaire général, les destinées de l’UD.

Avec le dépôt de bilan de Dunlop, Montluçon allait connaître, en 1983, une de ses plus grandes manifestations : un cortège de 20 000 personnes traversa la ville. Mais la situation de l’emploi continua de s’aggraver dans tout le département : ce fut le tour de la Manhurin (1984-1985), de la Thomson (800 salariés) à Moulins, de Moreux à Varennes sur Allier (500 salariés)…

Il intervint en ces termes lors de sa rencontre avec Mitterrand au gymnase de l’IUT (6 juillet 1984) : « après la grande espérance, c’est le désarroi profond ».

Depuis quelques années, Michel Thierry avait pris des responsabilités politiques communistes passant du comité de section (1978-1983) au comité et au bureau Fédéral du Parti communiste (1983 à 1998). Il laissa sa carte, en 1998, pour désaccord politique qui , selon lui, avec la gauche pluriel faisait le lit des socialistes et des inégalités croissantes.

Parmi les grandes manifestations : les Manufrances, le rallye des « bradés de GISCARD » (qui fit étape à Montluçon), les manifs de la Paix, celle pour la Sécu à Paris (1987). Deux graves événements le marquèrent particulièrement : le licenciement d’Alain Clavaud et la tentative d’assassinat de Patrick Boudet. Le premier, licencié pour avoir osé décrire sa condition d’ouvrier à l’usine Dunlop dans le journal l’Humanité (grâce à la lutte, il fut réintégré), le second, victime d’un coup de hache à la tête, pour avoir osé dénoncer un trafic de viande à la SOBOVIDE (grâce à la solidarité, il put retrouver une partie de sa santé et du travail). Décembre 1995 fut comme autant de souvenirs d’une âpre lutte de masse contre la destruction des retraites.

Il considéra que : « les élections prud’homales sont un moment fort pour un secrétaire général de l’UD qui doit, dans le cadre de la campagne, transmettre une grande impulsion dans toutes les structures. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171621, notice THIERRY Michel par Jean-Noël Dutheil, version mise en ligne le 20 mars 2015, dernière modification le 20 mars 2015.

Par Jean-Noël Dutheil

Michel Thierry
Michel Thierry

SOURCES : biographie manuscrite de Michel Thierry du 26 octobre 2006.

Iconographie : photothèque de l’IHS-CGT du 03.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément