ROBICHEZ Léon, Benoît, Marie, Joseph

Par André Caudron

Né le 20 avril 1911 à Roubaix (Nord), mort le 8 mars 1989 à Pruillé-le-Chétif (Sarthe) ; journaliste, homme politique, conseiller général, maire de Marcq-en-Barœul (Nord), membre du comité national du MRP (1945).

Cliché transmis par son fils, François Robichez.

Fils de Louis Robichez, négociant en lingerie, et porteur d’un nom bien connu naguère dans les milieux de presse, Léon Robichez appartenait à une famille de sept enfants, liée aux Reboux qui fondèrent Le Journal de Roubaix au XIXe siècle. L’un de ses proches faisait partie des cadres de la rédaction. L’abbé républicain Lemire fréquentait le milieu.

C’est ainsi que Léon Robichez respira, jeune, l’atmosphère démocrate-chrétienne de l’époque. Étudiant à la Faculté libre de droit de Lille (1931-1934), titulaire de la licence, il fut un lecteur assidu de la revue Esprit et ses choix politiques allaient alors à la Ligue de la Jeune République de Marc Sangnier.

Mobilisé à la déclaration de guerre en 1939, blessé et envoyé en captivité, il forma un groupe de résistants dans son camp, ce qui lui valut d’être dénoncé comme « officier gaulliste ». Grâce à la complicité d’un médecin, il échappa aux représailles. Rapatrié en « faux malade » (1942), il fut ensuite employé au service du contentieux du Journal de Roubaix. Il était chargé en fait de préparer clandestinement la parution d’un nouveau journal pour la Libération, en vertu d’un accord passé entre Jacques Demey, directeur du quotidien paraissant alors sous contrôle allemand, et les chefs du RIC : le Rassemblement démocratique des résistants d’inspiration chrétienne.

Devenu directeur politique de Nord-Éclair (le nouveau-né) au départ des occupants en septembre 1944, Léon Robichez se révéla polémiste mordant, luttant pour l’idée d’un travaillisme à la manière britannique dans ses billets quotidiens signés Rob. Nommé au comité national du MRP, élu maire de Marcq-en-Barœul (1945-1947, 1948-1959), il fut aussi conseiller général du canton de Tourcoing-Sud de 1945 à 1964. Il donnait, dans sa gestion, l’exemple de l’alliance avec les socialistes et dénonçait avec vigueur les compromissions de son parti avec la droite. En 1962 encore, il défendait l’idée de la formation d’un parti travailliste, à une époque où le MRP, mal en point, cherchait en vain des ralliements autour du centre. Il se montrait favorable, trois ans plus tard, à la tentative de candidature présidentielle du socialiste Gaston Defferre, avortée en juin 1965.

Ayant quitté le journalisme en 1951, il fut directeur commercial d’une imprimerie, un moment, puis inspecteur divisionnaire d’une compagnie d’assurances.

Il avait épousé à Lille, en 1937, Émilienne Dumon, puis à Pruilllé-le-Chétif, en 1978, Anne-Marie Boudet. Son frère Cyril fonda le Théâtre populaire des Flandres en 1953. Ils avaient un oncle jésuite, Mgr Gaston Robichez, évêque à Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka).

Léon Robichez fut décoré Chevalier de la Légion d’Honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171627, notice ROBICHEZ Léon, Benoît, Marie, Joseph par André Caudron, version mise en ligne le 21 mars 2015, dernière modification le 1er juillet 2021.

Par André Caudron

Cliché transmis par son fils, François Robichez.

SOURCES : Archives départementales du Nord, 31 3 115-25 E. — Étienne Dejonghe et Daniel Laurent, La libération du Nord et du Pas-de-Calais, Hachette, 1947. — André Caudron, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, 4. Lille-Flandres, Beauchesne et Université de Lille III, 1990. — Bruno Béthouart, Le MRP dans le Nord-Pas-de-Calais, 1984. — Revue du Nord, juillet-septembre 1978.

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