SIMONNOT Jean, Marius

Par Jean Limonet

Né le 5 septembre 1904 et mort le 9 juin 1977 au Creusot (Saône-et-Loire) ; ajusteur électricien ; militant CFTC-CFDT, membre du comité d’établissement et du comité central chez Schneider, président du syndicat des ouvriers du Creusot (1945), membre du bureau fédéral de la FGM (1946-1952) et de la commission nationale de la sidérurgie en (1947).

Fils de Pierre Jean Simonnot, scieur, et de Joséphine Antoinette Zimmermann, Jean Simonnot entra comme électricien aux établissements Schneider du Creusot. Il devint contremaître en 1943 dans les ateliers puis, en raison de difficultés de santé, passa au service de sécurité en 1962 jusqu’à son départ en retraite en 1969.

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, Jean Simonnot devint président du syndicat des ouvriers affilié à la Fédération française des syndicats de la métallurgie et similaires de la CFTC. Le syndicat s’était constitué en mai 1939 avec comme président, Philibert Petitjean, comme secrétaire Désiré Périno et Charles Dufour comme trésorier. Eugène Pelletier était alors président du syndicat CFTC ouvrier de la métallurgie. En avril 1945, un autre syndicat s’était formé ; il s’agissait du Syndicat des ingénieurs et cadres, agents de maîtrise de la métallurgie adhérant à la nouvelle Fédération française nationale des ingénieurs et cadres de la CFTC. Le président en était Raymond Marchand, puis André Chavance et Antoine Bouyeure tous deux vices-présidents, Marcel Prost secrétaire, Antoine Carette trésorier, Guillaume Florent, Maurice Gien et Eugène Milliot membres.

Jean Simonnot (avec Hennebout) représenta début juin 1946 le syndicat du Creusot au congrès de la Fédération de la métallurgie. Lors du débat sur la nouvelle organisation de la Fédération, il intervint en soutenant le rapporteur Charles Savouillan* secrétaire général de la Fédération. Il fut élu membre du bureau fédéral avec 191 voix, le maximum des voix exprimées. À ce même congrès, un nouveau président Maurice Brugèrre* (Orléans) fut élu en remplacement de Charlemagne Broutin.

En juillet 1946, Jean Simonnot organisa une assemblée des adhérents CFTC de la métallurgie du Creusot pour faire un compte rendu des débats et décisions des congrès (fédéral et confédéral) qui s’étaient tenus à la Pentecôte, en particulier sur la revendication de la nouvelle convention collective nationale de la branche. Il approuva la réorganisation fédérale entreprise par le secrétaire général Charles Savouillan ; Bergeret et Milliot firent un compte rendu du congrès confédéral ; Édouard Morin et Micolot parlèrent des allocations familiales et de la prime de la vie chère ; Bouley résuma les résultats obtenus lors des élections professionnelles récentes qui donnèrent 2 100 voix à la CFTC et 4 900 voix à la CGT pour les délégués du personnel et les comités d’établissements Schneider du Creusot et rappela que trois délégués et un suppléant techniciens avaient été élus par 740 voix contre 270 à la CGT, dans le deuxième collège.

En octobre de la même année, le nouveau bureau fédéral décida de charger quelques-uns de ses membres de s’occuper des régions fédérales et d’être les correspondants et les organisateurs de l’action fédérale à l’intérieur des régions. Jean Simonnot fut désigné pour travailler avec la région numéro 6, d’où il était originaire. Cette région regroupait les départements du Doubs, du Jura, de la Haute-Saône, de l’Aube, de l’Yonne, de la Saône-et-Loire, de la Côte-d’Or et de la Haute-Marne, avec comme centre Dijon. Un an plus tard, la composition des régions de la fédération et leurs découpages se modifièrent, suivant les inspections divisionnaires du travail. La région de Dijon devint le numéro 3, en perdant l’Aube et la Haute-Marne, et en récupérant le Territoire de Belfort. Jean Simonnot continua à exercer ses responsabilités sur cette région. Il fut chargé d’organiser la préparation d’une assemblée générale des syndiqués CFTC de la métallurgie. Dijon fut retenu pour l’assemblée dont le thème était : « Nous organiser sur le plan régional, notre action professionnelle dans l’entreprise et sur le plan général ».

En janvier 1947, un nouveau syndicat se constitua pour rassembler les catégories de personnels techniciens et agents de maîtrise, et s’affilia à la Fédération française CFTC des employés, techniciens, agents de maîtrise, de la métallurgie CFTC du Creusot dont Charcosset, Milliot, Montfaucon étaient les responsables. Le syndicat rassemblait 400 adhérents. Cette année-là, Jean Simonnot avec Jean Guillaume, ancien métallurgiste du Creusot et secrétaire général du comité, anima une session du comité central Schneider au Creusot à laquelle de nombreux militants CFTC assistèrent. En avril, il organisa la tournée en Saône-et-Loire de Gérard Esperet, du service de la propagande et surtout de la formation confédérale, secrétaire général adjoint de la confédération.

Lors du congrès fédéral suivant, en mai 1947, à Paris, Jean Simonnot fut réélu membre du bureau fédéral. Dès la réunion suivante, en juillet, le bureau décida de renforcer sa commission professionnelle de la sidérurgie composée de Georges Lair* (Isbergues), Alfred Willame* (Dunkerque), Chardron*, (Basse-Indre), Kreder* (Nilvrange), Buniazet* (Saint-Étienne). Jean Simonnot en devint alors membre. Originaires de régions sidérurgiques différentes, les membres de cette commission allaient se réunir la veille des réunions du bureau fédéral pour les problèmes particuliers de la branche.

À la création de la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) en 1951, Jean Simonnot fut mandaté par la FGM pour participer au groupe de travail intersyndical entre les représentants syndicalistes des états membres, à Luxembourg, afin de faire part de leurs analyses sur l’avenir de la sidérurgie et les questions sociales concomitantes. Il assuma cette responsabilité durant de nombreuses années et y fit participer un jeune adhérent du Creusot, revenu du service militaire, Bernard Loiseau.

Jean Simonnot fut réélu membre du bureau fédéral aux congrès de 1948, puis en 1950, pour un mandat de deux ans. Au congrès de 1950, il intervint à deux reprises, d’une part sur le rapport moral et d’autre part sur le rapport « pour un syndicalisme efficace ». Au congrès fédéral de 1952, à Nantes, avec un changement statutaire et un renouvellement de plus de 50 % des candidats, Jean Simonnot ne fut pas réélu membre du bureau fédéral malgré six ans de responsabilités nationales. La Bourgogne ne fut plus représentée n’ayant plus de membre au bureau fédéral entre 1952 et décembre 1958, date à laquelle fut désigné Maurice Coupat de Chalon-sur-Saône au nom du secteur métaux de Saône-et-Loire, date également de l’élection d’Eugène Descamps secrétaire général de la FGM. En mars 1961, Bernard Loiseau fut coopté membre du conseil fédéral, puis élu au congrès suivant, il poursuivit les travaux de Jean Simonnot à la commission sidérurgie.

Jean Simonnot continua ses responsabilités au sein du groupe Schneider, comme membre du comité d’établissement et du comité central, ainsi que président du syndicat. Il participa à de nombreuses négociations avec les directions locales et nationales. Avec l’arrivée de nombreux jeunes et nouveaux militants comme Camille Dufour, Bernard Loiseau, Maurice Camus*, Georges Charnet*, le passage d’une génération à une autre se fit en lien avec les débats engagés sur l’évolution de l’organisation syndicale de la CFTC en CFDT. Les militants ouvriers prirent la conduite de l’animation et de l’action de la CFTC puis de la CFTD.

Jean Simonnot s’était marié le 8 janvier 1932 au Creusot avec Anne Marie Louise Génélot, native de Chagny (Saône-et-Loire) et eut quatre enfants, Maurice (1934), Marcel (1936), Pierre (1947) et André (1950).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article171629, notice SIMONNOT Jean, Marius par Jean Limonet, version mise en ligne le 21 mars 2015, dernière modification le 21 mars 2015.

Par Jean Limonet

SOURCES : Archives interfédérales et confédérales de la CFDT. – Académie François Bourdon du Creusot, archives du syndicat de la métallurgie du Creusot. – Renée Bédarida, Un non conformiste chez Schneider ; Édouard Morin (1897-1967), Éditions ouvrières, 1984. – Stéphane Paquelin, Camille Dufour, de l’usine à la mairie du Creusot, Nancy, Arbre bleu éditions, 2012. – Entretiens avec la famille. – Association bourguignonne des Amis du Maitron.

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