BONNEL Louis. Pseudonymes : LABORD, LUCIEN

Par Rodophe Prager

Né le 3 septembre 1914 à Hallennes-lez-Haubourdin (Nord), mort le 8 juillet 2002 ; ouvrier métallurgiste puis représentant ; membre des Jeunesses communistes puis militant trotskyste.

Louis Bonnel en 1996
Louis Bonnel en 1996
Cliché Claudine Pelletier

Profondément imprégné dans son enfance des récits de la Première Guerre mondiale, Louis Bonnel y puisa une profonde conviction internationaliste. Né dans une famille ouvrière, aîné de cinq enfants, il connut des conditions de vie proches de la misère dans son adolescence. Issu d’un milieu familial traditionnellement acquis aux idées socialistes, il adhéra tout naturellement à moins de 17 ans, le 10 mars 1931, à la cellule de Colombes (Seine) des Jeunesses communistes. Son action lui valut d’être élu le 7 février 1932 membre du comité du XVe rayon (Puteaux-Suresnes-Nanterre-Colombes-La Garenne Courbevoie-Neuilly) des JC et, ensuite, du bureau du rayon. À la suite de la « décentralisation » de l’organisation de la région parisienne, il devint membre du comité régional de l’ouest-parisien le 5 février 1933 et fit partie de son secrétariat au mois de juin.
Pris de doutes sur le fonctionnement du mouvement, ses remarques critiques se heurtèrent bientôt au sectarisme en vigueur à ce moment et ses responsabilités lui furent retirées une à une. Ne pouvant supporter cette ambiance, Louis Bonnel donna à regret sa démission des Jeunesses communistes le 22 avril 1934. Il se consacra ensuite à la reconstitution de la « section Jacques Duclos » du Secours rouge international de sa localité dont il fut secrétaire, mais étant donné la suspicion dont il était l’objet, il préféra donner sa démission de cette organisation le 27 décembre 1934 afin de devancer de nouvelles mesures disciplinaires à son encontre.
Louis Bonnel entretenait depuis un certain temps des rapports avec un militant oppositionnel et, prenant acte du nouveau cours du Parti communiste, il adhéra en février 1935 à la section de Colombes des Jeunesses socialistes, pour y rejoindre la tendance trotskyste du Groupe bolchevik-léniniste. Pendant qu’il effectuait son service militaire dans la Marine (du 21 octobre 1935 au 19 septembre 1937), Louis Bonnel fut élu le 4 juillet 1937 au Comité central de la Jeunesse socialiste révolutionnaire, créée après l’expulsion des trotskystes du parti SFIO. Il siégea également à son Bureau politique à dater d’octobre 1937. Appartenant en même temps au Parti ouvrier internationaliste de Pierre Naville et Jean Rous, Louis Bonnel fut désigné au Comité central de cette formation à son IIe congrès (31 octobre-1er novembre 1937).
Favorable à l’adhésion collective du POI au Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert fin 1938, Louis Bonnel rejoignit le PSOP le 20 janvier 1939 avec une minorité de ses camarades trotskystes animée par J. Rous, après que le IIIe congrès du Parti ouvrier internationaliste (14-15 janvier 1939) eut rejeté cette proposition. Il milita à la section de Colombes et y contribua à la création d’un groupe local de la Jeunesse socialiste ouvrière et paysanne au mois de mars. Élu au comité central de la JSOP à son congrès d’avril 1939 et siégeant à son bureau il occupa ces fonctions jusqu’à la guerre.
Démobilisé le 10 janvier 1940 afin d’être affecté à un emploi dans l’industrie aéronautique, Louis Bonnel participa à l’activité clandestine du comité de la IVe International dirigé par Yvan Craipeau qui publia une feuille ronéotée, L’Étincelle. Pendant l’occupation allemande il poursuivit son activité clandestine et collabora, notamment, au Bulletin ouvrier et à Informations ouvrières, édités l’un et l’autre par les militants ouvriers et syndicaux appartenant au Parti ouvrier internationaliste en 1941 et 1942. Louis Bonnel fut requis et envoyé en Allemagne le 12 octobre 1942 pour n’en revenir que le 23 mai 1945. Il bénéficia toutefois de permissions qui lui permirent d’assister en juin 1943 au congrès clandestin du POI. À son retour, il reprit son activité dans l’organisation trotskyste unifiée, le Parti communiste internationaliste, mais cessa de militer l’année suivante, sans pour autant renoncer aux convictions communistes qu’il eut toujours.
Fidèle à ses engagements de jeunesse, Louis Bonnel cessa de militer activement tout en aidant à la réalisation de la biographie des militants d’extrême gauche pour le DBMOF.
Louis Bonnel laissa une veuve, Christiane Bonnel et deux enfants, Bernard et Mireille. Il fut inhumé le 12 juillet 2002 au cimetière de la Cerisaie, à Colombes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17200, notice BONNEL Louis. Pseudonymes : LABORD, LUCIEN par Rodophe Prager, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 22 décembre 2017.

Par Rodophe Prager

Louis Bonnel en 1996
Louis Bonnel en 1996
Cliché Claudine Pelletier

SOURCES : Arch. PPo. carton 45. — La Lutte ouvrière, 24 mars 1938. — Fred Zeller, Trois points, c’est tout, Paris 1976. — J.-P. Joubert, A contre-courant : le pivertisme, doctorat de sciences politiques, Grenoble 1972. — Renseignements recueillis par J.-M. Brabant. — Témoignage autobiographique, mars 1979. — Faire part de décès.

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