BONNERY Brice, Jacques

Par André Balent

Né le 22 juin 1886 à Leucate (Aude), mort en déportation à Büchenwald (Allemagne) le 19 ou 20 mai 1944 ; militant socialiste ; dirigeant départemental de la SFIO dans les Pyrénées-Orientales ; conseiller général du canton de Perpignan-Ouest, élu en octobre 1934 ; adjoint au maire de Perpignan (1935-1940).

Dès les années 1918-1919, Brice Bonnery était installé à Perpignan (Pyrénées-Orientales) où il devait pendant plus de vingt ans exercer la profession de tailleur. Son amitié avec Jean Payra* véritable « cacique » de la SFIO dans les Pyrénées-Orientales favorisa sans nul doute sa carrière politique.
Le 30 novembre 1919, date du premier tour du scrutin de renouvellement des conseils municipaux, le nom de Brice Bonnery figurait sur la liste d’union « socialiste et syndicaliste » qui avait pour tête de liste Jean Payra. Brice Bonnery obtint 1578 voix. Toutefois il ne se représenta pas au second tour sur la liste issue de la fusion des listes « socialiste et syndicaliste » et « d’union radicale-socialiste ». Brice Bonnery fut élu à la commission administrative de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales par le congrès fédéral du 23 avril 1922. Par la suite il fut constamment réélu à cette instance. Connu comme étant partisan des thèses politiques de Léon Blum, il fut au plan fédéral un des plus fidèles « lieutenants » de Jean Payra. Aux élections municipales du 3 mai 1925 il fut à nouveau candidat à Perpignan. La liste du « Cartel des gauches », sur laquelle il se présentait, fut entièrement élue dès le premier tour. B. Bonnery obtint 4587 voix. Battu au scrutin du 6 mai 1929, il fut réélu aux élections municipales de mai 1935 : alors que J. Payra devenait maire du chef-lieu des Pyrénées-Orientales, un poste d’adjoint fut attribué à B. Bonnery. Candidat de la SFIO aux cantonales du 14 octobre 1934, il briguait le siège de conseiller général de Perpignan-Ouest. Il évinça le conseiller sortant, le républicain de droite et écrivain Horace Chauvet. Pendant la crise qui ébranla la SFIO dans les Pyrénées-Orientales entre 1935 et 1937, Brice Bonnery soutint bien évidemment Payra contre le député de Prades, Joseph Rous*.
Brice Bonnery prit une part active à la Résistance. Avec Josehh Rous [de Puyvalador]*, Jean Olibo*, Marcel mayneris*, Joseph Pal*, Michel Carola* et Gilbert Brutus* il participa à l’organisation du mouvement "Libération-Sud" « à Perpignan. Il fut arrêté par la Gestapo en mai 1944. Il fut déporté de Compiègne le 12 mai 1944 vers Buchenwald où il mourut, selon Le Livre Mémorial, le 20 mai. Une autre source signale qu’il serait mort étouffé dans le wagon le conduisant au camp de concentration. Une rue du quartier de la gare, à Perpignan, porte le nom de Brice-Bonnery. L’ancien adjoint de Jean Payra a été honoré de la sorte comme "martyr de la Résistance".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17204, notice BONNERY Brice, Jacques par André Balent, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 19 mai 2015.

Par André Balent

SOURCES : Le Cri catalan, organe hebdomadaire (officieux) de la Fédération socialiste des Pyrénées-Orientales (années 1922-1930). — Le Cri Socialiste, hebdomadaire de la Fédération socialiste des Pyrénées-Orientales (à partir de 1930) — Le Travailleur catalan, hebdomadaire de la région catalane du Parti communiste (années 1936-1939). — Témoignage de Fernand Cortale, militant de la SFIO puis du PSOP et du PCF à Perpignan — Horace Chauvet, La politique roussillonnaise (de 1870 à nos jours), Perpignan, 1934. — Note de Jean-Pierre Besse.

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