FONTEYNE Jean. [Dictionnaire belge]

Par Jean Lemaître

Gand (Gent, pr. Flandre orientale, arr. Gand), 3 mai 1899 − Bruxelles (pr. Brabant, arr. Bruxelles ; aujourd’hui Région de Bruxelles-Capitale), 22 juin 1974. Avocat, membre du Secours rouge international, secrétaire du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, résistant, adjoint de Eugène Fried, délégué du Komintern auprès du Parti communiste français, dirigeant de Justice libre, branche judiciaire du Front de l’Indépendance, sénateur communiste de l’arrondissement de Charleroi de 1946 à 1949, secrétaire de l’Association internationale des juristes démocrates, exclu du Parti communiste belge en 1965.

Jean Fonteyne est né le 3 mai 1899 dans la banlieue de Gand. Son père, Arthur Fonteyne, francophone de Flandre, est haut fonctionnaire, inspecteur des douanes, avant d’être promu directeur au ministère des Affaires étrangères. Sa mère, néerlandophone, est enseignante. Ses parents sont de convictions libérales et anticléricales. Son enfance est bercée par de nombreux déménagements : Menin (pr. Flandre occidentale, arr. Courtrai-Kortrijk), Ostende (pr. Flandre occidentale, arr. Ostende), Anvers (Antwerpen, pr. et arr. Anvers) selon les affectations de son père. En 1914, la famille migre à Bruxelles. Jean Fonteyne fréquente alors l’Athénée d’Ixelles, lycée refuge des enfants de la bourgeoisie éclairée de Bruxelles. Il s’y lie d’amitié avec René Boël, fils de la baronne Marthe de Kerkhove de Dentergehm, épouse du grand patron sidérurgiste Pol Boël, elle-même libérale progressiste, féministe d’origine gantoise, laquelle accueillera Jean comme son propre fils et contribuera à son ouverture intellectuelle. À l’Athénée d’Ixelles, Jean Fonteyne a un an d’avance, est premier de classe tant dans les matières littéraires que scientifiques.

Le 29 juillet 1914, Jean Fonteyne, âgé de quinze ans, participe au meeting historique du Cirque royal de Bruxelles, où convergent des milliers de socialistes et de libéraux. Le Bureau de l’Internationale socialiste vient de se réunir à Bruxelles, lors d’une réunion de la dernière chance, pour éviter le déclenchement de la guerre. Un accord est scellé notamment avec le leader social-démocrate allemand Hugo Haase, pour contrer le conflit. Accord que Haase renie peu après, quand de retour au pays, il vote, avec son parti, les crédits de guerre.
Au Cirque royal, Jean Jaurès enflamme l’assistance par son discours pacifiste. Le jeune Fonteyne est séduit. Ce sera la dernière apparition publique de Jaurès. Deux jours plus tard, le dirigeant socialiste français est assassiné au Café « Le Croissant » à Paris.

Jean Fonteyne, dès le début de la guerre 1914-1918, diffuse la Libre Belgique clandestine. Cela lui vaut d’être arrêté, par l’occupant allemand, en octobre 1916. Il accomplit une peine de six mois de prison, notamment dans une cellule de Saint-Gilles (Bruxelles). Il a terminé ses études secondaires et meuble son temps par quelques petits boulots alimentaires. Patriote, il cherche, dès ses dix-huit ans, à s’engager dans l’armée belge. Au bout de quelques tentatives infructueuses, il finit par franchir la frontière hollandaise au printemps 1918 et retrouve son père exilé à La Haye. De là, après une escale en Angleterre, il rejoint début juillet le camp d’entraînement d’Auvours (commune de Champagné), dans la Sarthe française. C’est son premier contact avec le monde ouvrier. À Auvours, il refuse les formations militaires comme officier, qui le préserveraient à l’arrière, tenant, contre l’avis de la famille, à partager le sort de la troupe. Il y découvre une dure réalité, marquée par de fortes inégalités entre les gradés et les soldats. Dans des conditions de grande insalubrité, il contracte la grippe espagnole, dont il se rétablit. Il participe aux combats pour la libération de la Belgique.

En 1919, tout en étant maintenu sous les drapeaux, Jean Fonteyne peut s’inscrire à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Il y obtient son diplôme de docteur en droit… en un an et demi, avec grande distinction, dans les deux langues, néerlandais et français.
Auparavant, à l’ULB, Fonteyne fonde et préside le Mouvement pour la culture morale (MCM), cercle estudiantin de débats, entendant œuvrer à la construction d’une nouvelle société, refusant à jamais la barbarie de la guerre. Au MCM, il y côtoie nombre de personnalités, telles Pierre Vermeylen, qui sera l’un des premiers avocats belges communistes, que Paul-Henri Spaak*, ou Henri Rolin*, militants socialistes. En 1921, Fonteyne se solidarise avec les tramwaymen en grève, qui refusent des baisses de salaire, dans un contexte social très tendu, marqué par la sortie des socialistes du gouvernement, au moment où des étudiants de l’ULB remplacent des grévistes pour casser la grève. À cette époque, Jean Fonteyne est un humaniste, sensible à la misère sociale, éloigné des structures socialistes et du petit Parti communiste en naissance.

Au Mouvement pour la culture morale, Jean Fonteyne fait la connaissance d’Andrée de Lannay, l’amour de sa vie, épousée en 1922, qui lui donnera quatre filles, Anne, Claire, Michelle et Françoise.

Sur recommandation de la Baronne Boël, à laquelle il demeure fort lié, Jean Fonteyne débute son stage d’avocat au cabinet du libéral Paul-Émile Janson, avant de le terminer chez l’avocat Pierre Graux, autre ténor du barreau bruxellois. En 1927, il crée et dirige la Revue générale des assurances et des responsabilités.

Jean Fonteyne entre en franc-maçonnerie, au Droit humain. Au sein de cette loge progressiste mixte et aux ramifications internationalistes, il assiste à des planches sur le marxisme, la Révolution d’octobre, l’égalité entre les genres, la revendication de l’avortement libre et choisi pour les femmes. Il se lie à des personnalités de différents bords qui joueront un rôle dans les étapes militantes ultérieures. La crise économique de 1929 et ses effets sociaux désastreux l’incitent à s’intéresser à l’alternative que constitue à ses yeux la jeune Union soviétique alors en plein développement. Jean Fonteyne, en compagnie d’autres jeunes avocats, adhère au Secours rouge international (SRI), organisation du Komintern, à l’invitation de Pierre Vermeylen qui préside alors la branche belge de cette organisation œuvrant à la défense des révolutionnaires réprimés. Au sein du SRI, Jean Fonteyne défend des immigrés et des militants pourchassés par la police.

Début des années 1930 : Jean Fonteyne se passionne pour le cinéma. Il acquiert une caméra et se met à tourner en amateur. Avec son confrère Albert Van Ommeslaghe*, il filme un rassemblement communiste à Charleroi (pr. Hainaut, arr. Charleroi), en juillet 1933, en hommage à Louis Tayenne*, ouvrier tué lors de la grande grève des mineurs de 1932. La manifestation Tayenne sera considérée comme le premier documentaire social en Belgique. Jean Fonteyne est l’une des chevilles ouvrières de Misère au Borinage, réalisé par Henri Storck et Joris Ivens à l’automne 1933, à la suite de la grève générale des mineurs en 1932. Il lève des fonds pour financer le film. Comme avocat, il protège l’équipe de tournage. Et il compose, avec sa propre caméra, un film dans le film intitulé Autour du Borinage. Avec d’autres intellectuels et artistes engagés, il crée en 1934 l’ARC, l’Action révolutionnaire culturelle dont le manifeste est rédigé par le poète engagé Paul Nougé.

En 1934, Jean Fonteyne s’inscrit au Parti communiste de Belgique (PCB). L’accession d’Hitler au pouvoir en 1933, la montée du péril fasciste, le procès victorieux de Georges Dimitrov à Berlin, accusé à tort d’avoir commandité l’incendie du Reichstag, sont autant de facteurs qui poussent Fonteyne à franchir le pas. En 1935, le Komintern change radicalement de stratégie, prônant à présent la constitution de larges fronts démocratiques dans lesquels Jean Fonteyne va s’inscrire avec enthousiasme. Il devient secrétaire du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes (CVIA), qui comptera jusqu’à un millier de membres, et s’impliquera fortement dans la solidarité avec les Républicains espagnols. Il joint le geste à la parole en accueillant au sein de sa famille, le petit Pedro, enfant victime de la guerre civile. Il fait la connaissance d’Helio Gomez, peintre et caricaturiste espagnol, réfugié un moment en Belgique, dont il édite et diffuse Viva Octobre, le recueil de dessins réalisés par l’artiste révolutionnaire pour dénoncer la répression de la révolte ouvrière des Asturies (1934).
L’ARC se veut le pendant de l’AEAR française, l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires. En février 1935, Jean Fonteyne accueille André Gide en Belgique, lui faisant visiter la région minière du Borinage, devenue emblématique pour l’Internationale communiste.

Entretemps, Jean Fonteyne inscrit ses enfants à l’École Decroly, qui pratique la pédagogie alternative promue par son fondateur, le Docteur Decroly, dont Fonteyne a été très proche. À Decroly, il devient le secrétaire de l’association des parents, tout en assumant le rôle d’avocat au service de l’établissement, où travaille par ailleurs comme enseignante sa sœur aînée Lucie.

En 1935, Jean Fonteyne est recruté en tant que conseiller juridique de la première ambassade de l’URSS en Belgique. Il est dès ce moment « homme de confiance » du Komintern, chargé de plusieurs missions délicates. C’est ainsi qu’il est amené à épauler juridiquement les responsables de France-Navigation, poursuivis par la police française. France-Navigation, compagnie maritime, avait été montée de toutes pièces par le Parti communiste français et le Komintern, afin d’acheminer clandestinement par la mer les armes soviétiques aux Républicains espagnols. Jean Fonteyne cache à Bruxelles la majorité des actions de France Navigation, les mettant à l’abri de la police française puis des nazis.

En 1939, lorsque, à la suite du Pacte germano-soviétique, le puissant Parti communiste français (PCF) est interdit, Fonteyne cache en son domicile du boulevard Charlemagne Maurice Thorez, avant le départ de ce dernier à Moscou. Plus largement, il épaule l’état-major communiste français replié à Bruxelles. Il travaille directement pour Arthur Ramette et Émile Dutilleul, dirigeants du PCF en Belgique. De la sorte, il sera l’un des défenseurs juridiques des quarante-quatre députés communistes français emprisonnés en France, dont le procès se déroule au printemps 1940, et qui seront condamnés à de lourdes peines.

Dès ce moment, Jean Fontyne effectue de nombreuses navettes - elles dureront jusqu’en juin 1941 -, entre Bruxelles et Paris, sous sa couverture d’avocat, d’abord comme agent chargé de liaison entre la direction du PCF en France et en Belgique. Après l’invasion de la Belgique par les troupes d’Hitler, Fonteyne est directement embauché, à l’été 1940, comme lieutenant d’Eugène Fried, le délégué (clandestin) du Komintern auprès du PCF. Peu avant la fuite des dirigeants communistes français, Fried, qui a cornaqué dans l’ombre le PCF et a été le mentor de Maurice Thorez, a gagné un peu plus tôt la Belgique, « neutre » à ce moment. Fin 1939, Fried cumule deux fonctions : la supervision du PCF et l’animation du Komintern pour l’Europe occidentale. Lorsque, dès le 10 mai 1940, les troupes allemandes envahissent la Belgique, les dirigeants français en exil regagnent un à un leur pays. Fried, lui, reste à Bruxelles d’où il demeure en liaison avec le Komintern.

En octobre puis juillet 1940, Jean Fonteyne mène deux missions risquées dans le sud de la France, alors sous contrôle de Pétain.
Lors de la première mission, muni de papiers de la Croix-Rouge, appuyé par son ancien patron avocat Paul-Émile Janson, devenu ministre et délocalisé à Vichy, et épaulé par le jeune avocat communiste Émile Depelsenaire, Fonteyne libère, au bluff, des dizaines de militants communistes belges, arrêtés le 10 mai et puis déportés dans des camps de concentration du Sud de la France, en zone dite « libre ». En chemin, mandaté déjà par Fried, il retrouve et réconforte le dirigeant communiste indonésien également emprisonné, sous le nom de Samuël Gibson (Musso, en réalité).
La deuxième mission, cette fois directement combinée par Eugène Fried, est plus dangereuse encore. Jean Fonteyne fait d’abord escale à Vichy (département de l’Allier, France), où il est mandaté par l’ambassade soviétique. Cette dernière dresse une liste d’une centaine de citoyens soviétiques, dont certains, comme Gibson ou l’Italien Luigi Longo, sont présentés indûment comme tels, sous des noms faussement russifiés. Fonteyne parvient à rencontrer le dirigeant communiste français Florimond Bonte au Puy-en-Velay (département de la Haute Loire), où il est emprisonné. Il lui remet une lettre personnelle de Maurice Thorez.

Le gouvernement français de Vichy, méfiant, lui a affecté, durant ce périple, un agent de la Sûreté, dont la tâche est de surveiller les faits et gestes du bruxellois. Fonteyne réussit néanmoins à semer à plusieurs reprises son ange gardien. Il rencontre Léon Moussinac, cofondateur de l’AEAR (Association des écrivains et artistes révolutionnaires) incarcéré dans le camp d’internement de Gurs (Pyrénées-Atlantiques), militant dont Fonteyne hâtera la libération.
La partie principale de cette seconde mission consiste à participer, au nom de Fried, à une rencontre ultra secrète à Toulouse (département de la Haute-Garonne), réunissant quelques dirigeants communistes allemands, échappés des camps. Parmi ces derniers : Otto Niebergall. Il s’agit d’organiser entre eux des filières d’évasion d’antifascistes espagnols et allemands, fortement menacés d’être livrés aux nazis. Fonteyne, de mèche avec Fried, propose à ses camarades que les liaisons des antifascistes allemands entre la zone « libre » et la zone « occupée » transitent par la Belgique.

Dès juin 1941 et l’invasion militaire de l’URSS par les troupes nazies, Jean Fonteyne entre en clandestinité, échappant de peu aux rafles de la Gestapo. Il met sur pied et dirige la section judiciaire, « Justice Libre », du Front de l’indépendance, le principal mouvement de résistance belge. Parallèlement, il assure la sécurité financière de Fried, gérant au mieux le trésor de guerre du PCF et du Komintern resté en Belgique.

Au printemps 1943, la Gestapo resserre son étau autour des résistants. Jean Fonteyne est arrêté le 6 juillet 1943 et expédié au fort de Breendonk (commune de Willebroek, pr. Anvers, arr. Malines-Mechelen) où, torturé, il ne cède rien. Faim, coups, travail forcé : il tombe gravement malade. Quand, en mai 1944, les détenus politiques de Breendonk sont transférés en wagons à bestiaux en Allemagne, il arrive mourant à Buchenwald (Thuringe). À son arrivée, il est sauvé par la solidarité internationale. Caché à l’infirmerie, et protégé par des antifascistes allemands emprisonnés de longue date, il recouvre miraculeusement la santé. Durant le reste de la détention, il est affecté comme faux infirmier et comme brancardier par les détenus allemands, à qui les SS ont été contraints de déléguer l’administration du « revier ». C’est à Buchenwald que Jean Fonteyne apprend en 1944, par un courrier de son épouse, la mort de Eugène Fried : « le patron est mort », écrit de manière sibylline, Andrée Fonteyne. Lorsqu’en juin 1943, Staline a dissous le Komintern, Fried déclare : « je suis au chômage technique ». Dès l’arrestation de Fonteyne, Fried se retrouve isolé, privé de ses ressources financières. La Gestapo, via l’arrestation d’un télégraphiste communiste en Hollande, remonte la piste qui mène en Belgique. Elle assassine Fried, lorsque ce dernier franchit la porte d’un refuge, le 19 août 1943, rue Tenbosch à Bruxelles. Fried avait peu avant demandé en vain une aide urgente à Jacques Duclos et à Georges Dimitrov, ancien secrétaire général de l’Internationale communiste. Sans ressources, il n’avait plus guère de chances de survie.

À la libération du camp de Buchenwald, en avril 1945, par les détenus eux-mêmes, Jean Fonteyne est le premier Belge à regagner la Belgique, convoyé par le correspondant de guerre Paul Lévy. Sa tâche en tant qu’avocat, est d’accélérer le retour des quelques 700 survivants belges. Sans prendre le moindre repos, il écrit d’une traite une série d’articles relatant l’enfer de Buchenwald, publiés par Le Drapeau Rouge et La Libre Belgique. Ce sera le premier témoignage en Belgique sur ce camp.

Aux élections législatives de février 1946, Jean Fonteyne est élu sénateur, sur les listes du Parti communiste, dans l’arrondissement de Charleroi. Le PCB, auréolé de son rôle pivot dans la résistance, devient le troisième parti de Belgique. Fonteyne est élu au Comité central du Parti. Au sein de la Haute assemblée, Fonteyne est nommé rapporteur de la commission Justice. Le président de la commission est le socialiste Henri Rolin*, ancien ami du Mouvement pour la culture morale. Il s’illustre, notamment, par ses initiatives, dans sa lutte contre les gros bonnets de la collaboration. Il est avocat des ex-prisonniers au procès des bourreaux de Breendonck, puis participe du côté de la partie civile au procès de Von Falkenhausen, ancien gouverneur militaire allemand en Belgique. Il remplit les fonctions de secrétaire général de l’Association internationale des juristes démocrates.

La guerre froide éclate. Julien Lahaut, président du Parti communiste, est assassiné en août 1950. Jean Fonteyne est avocat de la veuve du dirigeant. Il mène en solo l’enquête sur les traces des tueurs de Lahaut, recrutés dans les milieux ultra-droitiers léopoldistes. Le PCB vire au sectarisme. Jean Fonteyne, esprit indépendant, n’est plus en odeur de sainteté dans les instances communistes. Il n’est plus reconduit à son poste de membre du comité central du parti. D’élection en élection, le parti s’effondre.

En 1954, se déroule le Congrès de Vilvorde (Vilvoorde, aujourd’hui pr. Brabant flamand, arr. Hal-Vilvorde), du Parti communiste de Belgique. La direction très dogmatique d’Edgar Lalmand y est renversée. Une ligne plus démocratique est adoptée. Plusieurs militants communistes ex-détenus politiques, après avoir été progressivement ostracisés par l’appareil, retrouvent des postes de responsabilité au sein du parti. Jean Fonteyne est élu comme l’un des piliers de la Commission de contrôle politique du PC.

Début des années 1960, un schisme intervient au sein du PCB, déchiré entre ses ailes pro-Pékin et pro-Moscou. Bien que fidèle à l’Union soviétique, Jean Fonteyne ne supporte pas la chasse aux sorcières que mène son parti à l’égard des dissidents maoïstes, dont beaucoup sont d’anciens compagnons de Breendonk et Buchenwald, comme Jacques Grippa*. Il refuse les actes de contrition demandés par l’appareil et, pour cette raison, est exclu du parti au début d 1965.

Le dernier grand combat de Jean Fonteyne sera la défense, avec Roger Lallemand et Pierre Legros, du docteur Willy Peers, jeté en prison pour son soutien au droit à l’avortement des femmes. Il continuera à plein temps son activité d’avocat jusqu’à son décès, en 1974, victime d’une crise cardiaque.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article172180, notice FONTEYNE Jean. [Dictionnaire belge] par Jean Lemaître, version mise en ligne le 8 avril 2015, dernière modification le 23 février 2021.

Par Jean Lemaître

ŒUVRE : Le plan d’études. Opinion d’un père d’élèves, Bruxelles, 1938 − Le procès des quarante-quatre, Anvers, 1940 − Droit et justice en URSS, (Bruxelles, 1943), clandestin puis réédition : Bruxelles, 1946, à Paris, 1946 − Buchenwald , choses vécues, Bruxelles, 1945 (rééd. en 1975) − Commentaire approfondi de la loi sur les baux à loyer, Bruxelles, 1947 − Le pays de Dimitrov, Bruxelles, 1951 − Collaborations à : La Revue générale des assurances et des responsabilités (1927-1974) ; Rénovation (revue de doctrine du PC).

SOURCE : LEMAÎTRE J., C’est un joli nom camarade. Jean Fonteyne, avocat de l’Internationale communiste, Éditions ADEN, Bruxelles, 2012. Une version longue de cet ouvrage, destiné aux chercheurs, et les documents, originaux et copies, notamment une interview de Jean Fonteyne par José Gotovitch (1970), ayant permis la rédaction de l’ouvrage, sont disponibles au CArCoB à Bruxelles.

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